Agression raciste à #Besançon : l’auteur est un militant identitaire

OUI, Le racisme est un délit ! Et son passage à l’acte, une abomination dont la fachosphère porte l’entière responsabilité, en raison de la propagation systémique de son discours de haine raciste et xénophobe, islamophobe et antisémite.

En ce moment, toutes les personnalités du Rassemblement national et de leurs satellites ne se privent jamais de la moindre occasion d’instrumentaliser le moindre fait divers, plié et tordu éhontément au seul profit de leur immonde idéologie. Qu’importe la vérité du moment que le mal est fait. Et si l’on peut totalement décrédibiliser et fouler aux pieds l’ennemi qu’est pour eux le/la musulman/e, ou celui/celle qui y ressemble de près ou de loin, réputé d’emblée potentiellement terroriste, alors, la bataille est gagnée. On ne s’embarrasse ni d’éthique, ni de morale, et encore moins de nuances, comme leurs sempiternelles polémiques racistes si volontiers islamophobes sont là pour le démontrer factuellement. Et lorsque ces querelles, parfois inventées de toute pièce qui ne reposent sur rien de tangible, mues par leur seule soif de salir l’Autre, sont amplifiées comme c’est le cas par leurs meutes de trolls attitrés sur les réseaux dits sociaux, ignominieusement vecteurs du racisme purulent qui règne dans ce pays (sous couvert de lutte contre le terrorisme et l’islamisme, mais qui dissimule on le sait bien autre chose…), alors le ras de marée médiatique vient instantanément tout submerger, bousculer et anéantir. Y compris le simple respect des faits, de la vérité, par conséquent du sens critique, et derrière, ce qu’il conviendrait de ne jamais oublier, de la dignité humaine. C’est là l’essence même du phénomène Trumpisme, de ces Qanons, du complotisme et de la propagation de fausses informations destinées à nuire, de ces fakenews que je dénonce si fortement.

Aussi, si je voulais les battre sur leur « propre » (c’est vite dit) terrain, je me ferais un plaisir de monter en épingle ce qui suit, que je refuse cependant obstinément, mû par mes seules convictions, de considérer comme un simple fait divers, compte tenu du positionnement de l’auteur des faits dont il s’agit. Car c’est un militant endurci de l’idéologie raciste qui motive les identitaires, doux euphémisme pour nazis, comme l’histoire de ces militants de Génération Identitaire Lyon démasqués par le Gale l’a si clairement et factuellement démontré, bien loin de l’imagerie populaire qu’ils tentent si habilement de véhiculer de gentils activistes de Greenpeace en doudoune bleue.

Car l’idéologie de ces gens là a des conséquences. Ce ne sont pas que de simples mots alignés sur un écran ou dans les journaux, énoncés sans forcer sur les plateaux de télé… Ce genre de discours fait des victimes, et la fachosphère doit être mise devant ses responsabilités. A moins de considérer, comme ça les arrangerait, n’est-ce pas, que l’auteur de cette violente agression serait ce qu’ils refusent à d’autres : un irresponsable, un déséquilibré, qui nécessiterait des soins…


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« Je sortais d’un rendez-vous professionnel. Je suis allé payer à l’horodateur, quand j’aperçois quelqu’un d’un grand gabarit, qui se dirige vers moi et qui me dit « t’es de la police, t’es de la police ».

Je lui dis, non. Non, je ne suis pas de la police, laisse-moi passer. Là je recule… Je recule car je sentais qu’il était dans un état second. Il me crache dessus et là, j’enlève mon manteau et je lui dis : Regarde, je suis en costume, je sors du travail, laisse-moi rentrer chez moi. Après il me dit, « ah… un arabe en costard » et il commence à courir, ses yeux sont exorbités. J’ai senti que cette personne voulait me tuer. Après, il s’est dirigé vers moi et il a commencé à m’assener des coups ; des coups au visage. J’en ai esquivé quelques-uns. J’ai essayé d’en donner quelques-uns, pour me défendre, comme je pouvais… Mais il faisait deux ou trois fois mon gabarit. Je savais que je n’avais aucune chance, mais il fallait que je me défende au mieux. Après, on est tombé au sol, et là, il m’a frappé violemment. J’ai aujourd’hui 2 côtes cassées ; j’ai un hématome à l’œil et parce qu’il m’a étranglé, j’ai des douleurs aux cervicales.

J’ai eu la chance que la police soit intervenue rapidement… C’est même ce qui l’a fait fuir. Quand il a pris la fuite, je n’ai même pas eu le temps d’appeler la police qu’il était déjà interpellé.

Il y avait quand-même beaucoup de policiers autour de lui pour pouvoir le maîtriser. Ensuite ils l’ont embarqué. Les pompiers sont venus me chercher et j’ai fini à l’hôpital »

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Philippe Tribout, l’auteur de ces faits, que l’on peut voir ici sous le Numéro 5 (merci fafwatch) il y a quelques années dans son milieu naturel (le Bunker, sur les hauteurs de Bregille (quartier de Besançon), un repaire de nazis), est un militant néo-nazi, décrit en ces termes :

Philippe T. a vingt-six ans. Bisontin pur jus, il demeure dans une maisonnée près de la City avec sa mère, après la séparation parentale. Contrairement à leur labeur entièrement tourné vers la restauration ; à l’adolescence, il s’oriente vers le bricolage et la mécanique. Il est aussi attiré par la politique. Il fait ainsi ses premières armes au sein du groupuscule identitaire « Front comtois », où il est alors repéré à l’édition 2012 du C9M à Paris. Mais le mouvement se délite et plusieurs factions émergent, en particulier celle des « Werwolf Sequania » dans la capitale comtoise. Cette formation paramilitaire s’illustrera par de multiples agressions en 2012-2013, ayant par ailleurs pour quartier général « le Bunker. » Il s’agit d’une cave réaménagée en bar privé à Bregille par un des historiques du milieu, où sa présence à des soirées est documentée de 2014 à 2015.

Il sollicite et obtient une licence de tir, comme le confirment des habitués du stand de Chaudanne où il venait périodiquement avec son fusil à pompe. On le retrouve ensuite en uniforme, vantant lui-même son enrôlement auprès de la formation néonazie « Azov » sur le front du Donbass en 2017. Il s’exhibe alors kalachnikov à la main, faisant le salut hitlérien, ou de retour dans la région par des entraînements au corps-à-corps sur un terrain de la Chapelle des Bois.

Entre-temps, il est condamné pour violences conjugales et interdit de résidence – mais pas de séjour – pour le département du Doubs, durant neuf mois. Philippe T. apparaît ensuite avec les gilets jaunes, sur les ronds-points de l’agglomération, banderole en main ou comme à Paris le fameux 1e décembre 2018 durant lequel son copain « le Sanglier » fut soupçonné de dégradations à l’Arc de Triomphe.

Il est mis en cause comme participant aux descentes de 2019 et 2020 dans les bars du vieux-centre, là encore nommément cité et plusieurs fois photographié regroupé avec ses amis de conviction et de lutte. Il vivote de prestations sociales, en animant un garage au noir, ou par de petits boulots comme livreur chez UPS. Il se montre sommairement auprès des ultras du Kop Boulogne, lors d’un match de foot entre Mannheim et Kaiserslautern en Allemagne. Fin 2019-début 2020 il s’exile en Savoie avec Maxime P., un de ses fidèles camarades de tabassage non loin du domicile paternel de ce dernier. Ils fondent alors leur propre entreprise, retapant et revendant des véhicules surtout de marque BMW. Mais le binôme ne manque pas non plus de nouer des liens avec les radicaux suisses, apparaissant dans plusieurs cessions d’entraînement au combat avec le « Swastiklan. »

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(ndlr : sur ledit Sanglier, Sébastien Favier, voir ici).

Alors, quand un individu comme celui-ci, avec un tel pédigrée, est l’auteur d’une agression raciste aussi gratuite et tellement violente , ce n’est plus un simple fait divers. Et ceux dont le discours entraîne de plus en plus publiquement et intensivement ce genre d’actes devraient vraiment s’interroger sur les conséquences dramatiques de leurs propos.

Et bien sûr, tout mon soutien en cette épreuve, Khalid Cid.

Ps. Ce soir, j’apprends que Philippe Tribout a été condamné à deux ans de prison …