le terrorisme d’extrême-droite se nourrit de celui de Daesh

Je suis plutôt satisfait de constater qu’un phénomène aussi préoccupant, que j’observe depuis maintenant plusieurs années, suite aux attentats djihadistes radicaux, et qui intervient comme choc en retour, à savoir le terrorisme à motivation raciale, ethnique et religieuse – autrement dit d’extrême droite – est enfin pris au sérieux par les milieux autorisés. Et en l’espèce, pas par n’importe qui : un ancien directeur général de la sécurité intérieure, Laurent Nuñez. Lequel a été nommé cet été  » coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme. »

Or, dans un entretien au Parisien, il nous confie ceci :

Depuis 2017, la DGSI et la gendarmerie ont d’ailleurs déjoué cinq attaques terroristes liées à celle-ci. Dans au moins deux des cinq dossiers, les auteurs avaient créé du TATP ( explosif puissant assez simple à fabriquer, NDLR ). Nous échangeons beaucoup d’informations analytiques et opérationnelles avec nos partenaires étrangers qui connaissent le même danger. Aux Etats-Unis, la menace terroriste islamiste sunnite est passée de numéro un à numéro deux, derrière la menace terroriste suprémaciste, qui tue davantage. L’administration Biden va d’ailleurs créer un poste de coordinateur spécial sur cette menace spécifique.

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Savoir que les terroristes d’extrême-droite, dans notre pays aussi, adoptent les mêmes modes opératoires (frapper des cibles symboliques dans l’objectif de faire un maximum de morts innocentes, caractéristique des mouvements qui veulent inspirer la terreur dans la population) avec les mêmes explosifs que leurs homologues de Daesh, voilà qui devrait pourtant en faire réfléchir plus d’un, et détourner même un patriote au front bas de ce genre d’idéologie tout aussi condamnable que celle que ces gens prétendent combattre…

Il est indéniable que le meurtre horrible de Samuel Paty a constitué dernièrement une sorte de détonateur. Nunez nous le confirme dans cet article, évoquant ‘un regain de la mouvance survivaliste ou suprémaciste, c’est-à-dire des gens qui s’organisent en dehors des courants traditionnels. Dans la clandestinité et par un système de codes, ils s’entraînent pour être en capacité de se défendre le jour où nous serions attaqués par les islamistes, ou à réagir à un attentat islamiste en ciblant des objectifs musulmans« . Il ne faut pas lire autrement ce que j’évoquais déjà ici, qui semble pourtant n’avoir pas créé de grand remous dans la classe politique, malgré la dangerosité de ce genre de prosélytisme survivaliste. Lequel est rendu encore plus attrayant par un bain culturel et médiatique qui distille dans le grand public la haine des musulmans, de manière insupportablement banalisée.

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