A #Republique, le gouvernement démontre par l’absurde la réalité des #violencespolicieres (et la nécessité du refus de la #PPLsecuriteglobale)

Hier soir, à Paris, les faits. Plusieurs associations, accompagnées d’avocats, ont décidé d’installer des centaines de tentes (ici, on nous dit 500) sur la place de la République pour abriter, le temps d’une action choc mais néanmoins pacifique, des exilés laissés à la rue après la fermeture du camp de Saint-Denis… Leur motivation était évidente : démontrer l’absurdité patente de cette situation qui se répète un peu trop à notre grand désespoir, depuis tant et trop d’années, avec ces camps de migrants et de réfugiés systématiquement démantelés plus ou moins brutalement sans solution de relogement… Car à Paris, l’histoire bégaie…

Laisser des gens livrés à eux mêmes par ce froid et sans solutions d’hébergement est en effet humainement inacceptable, et je ne serai pas le dernier à le défendre… Alors, moi, je dis bravo à toutes ces associations et à leurs bénévoles qui ont œuvré dans ce sens si solidaire, à rebours de l’esprit d’une époque si détestable par sa volonté d’exclusion, pour crever l’abcès d’une hypocrisie totale de la municipalité parisienne et des pouvoirs publics en général sur le sujet, que toutes celles et ceux qui y sont sensibilisés peuvent également confirmer…

Mouais… 😉 (source)

Or, sans tenir compte de la volonté d’alerte de cette action qui se voulait surtout symbolique envers des pouvoirs publics défaillants sur le sujet, comme la suite l’a si clairement démontré (plusieurs adjoints parisiens se sont empressés ensuite, sous la pression médiatique de cette affaire, de trouver des solutions d’hébergement, comme quoi…), les forces de l’ordre ont violemment évacué le campement dans l’heure.

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Je tiens à dire, et à écrire, qu’à l’heure où j’écris ce billet, l’hypocrisie est totale, et atteint des niveaux d’absurdité généralisée, avec cette situation. Mon petit doigt m’a dit qu’à l’étranger, le Macronistan est qualifié bien plus justement d Absurdistan. On y est, en effet, en plein dedans…. et pas qu’en raison, exclusivement, de la crise sanitaire liée à la pandémie…

Aura-t-il donc fallu que des journalistes non indépendants (les autres, eux, étaient là, en première ligne... et le paient cher. J’en suis témoin. Respect), soient si frontalement confrontés – à l’occasion d’une loi qui les concerne directement – à ce que d’autres endurent depuis des années à l’abri des regards indiscrets, à Calais ou dans la vallée de la Roya, pour que toute la place publique, autour des événements d’hier soir pousse, enfin, un cri (apparemment) unanime d’indignation, en effet tout à fait justifié ?

… Ce même cri d’indignation qui nous anime depuis tant et trop d’années, et qui n’a si visiblement rien changé, pour en arriver hélas à cet événement là, un parmi tant et trop d’autres que nous n’avons jamais cessé de dénoncer, encore et encore… jusqu’à ce niveau d’accélération de violences policières qui, avec un Darmanin par qui les affaires scandaleuses et immondes s’accumulent, aura atteint un niveau inégalé. Assurément le Pasqua de notre époque, en moins malin. Ne manque même pas les voltigeurs… Bientôt le SAC ? (on l’a déjà eu avec l’étrange impunité dont jouit un Benalla, le moins bien placé en effet pour commenter le sujet, me semble-t-il…).

On comprend bien, si besoin en était, pourquoi Darmanin tenait tant à voir supprimer les images qui documentent ce genre d’exactions… si caricaturalement illustrées par ce qui s’est passé hier soir à République…

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Le concert d’indignations qui a suivi ces actes injustifiables de violence gratuite, pour une grande part d’une indécence rare en regard de leur sidérante hypocrisie, pourrait se révéler plus crédible s’il ne s’y dissimulait à la fois des propos provenant d’insupportables pompiers pyromanes, comme cet hypocrite et sournois personnage qu’est Darmanin ( dont on peut douter de la sincérité quand il dit être choqué) et de sacrés tartuffes, comme ces socialisses qui ont couvé Macron en leur sein, et ne sont pas exempts de tous reproches depuis les innombrables violences policières de la loi travail.

Les violences policières, même si elles ont en effet pris une particulière acuité avec lui, ne datent pas d’hier, et ce n’est pourtant pas ce me semble sous Macron qu’on a commencé à utiliser la technique désastreuse des nasses, il est utile de s’en rappeler. J’en ai fais personnellement les frais dans une rue de Nancy où les flics, incroyablement épaulés par le service d’ordre de la CGT locale (je ne le digérerai jamais, je crois : quelle insupportable complicité !) nous avaient bloqués dans une rue si exiguë, dans laquelle s’entassaient tant de gens qu’il aurait suffit d’une simple étincelle pour créer un accident grave. Manquait plus qu’une lacrymo dans le tas. Et encore, on n’est pas à Paris… où c’est pire.

Bref, tout ça pour dire que les violences policières et le racisme subis par les migrants et les réfugiés sont malheureusement monnaie courante, et que ceux qui les soutiennent bénévolement en font régulièrement les frais. Ce n’est pas faute d’avoir dénoncé ce phénomène depuis de trop nombreuses années déjà. Elles sont très bien documentées, y compris par des médias mainstream, et de nombreuses associations en apportent la démonstration régulièrement. En vain jusqu’ici. Défenseur des droits, ONU, CEDH, rien n’y fait… L’état poursuit son insupportable logique sécuritaire et xénophobe, dopée par la pandémie et les attentats…. Jusqu’à quand supporterons nous l’inacceptable ?

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A propos de ces violences policières à République hier, on nous annonce une enquête de l’IGPN... Autrement dit, d’expérience, cette affaire sera vite étouffée, puisqu’il n’y aura pas d’enquête judiciaire à proprement parler. Ici, on connait la musique…. On ne peut pas être à la fois juge et partie. On en finit même par se demander qui a demandé aux policiers d’intervenir (où était le ministre d’ Intérieur, à ce moment là ?) et de quelle manière, pour qu’ils se sentent ainsi en totale impunité, malgré les caméras…

J’ai bien ma petite idée….

L’institution national(iste) ne cesse de s’absoudre en s’auto-disculpant de ces propres fautes, et donc de ses responsabilités, en permanence, ce n’est pas nouveau. Puisqu’il faudra toujours qu’elle garde le dernier mot de l’histoire pour ne pas perdre la face.

Il faut que ça change.

C’est aussi pour tout cela que je suis anarchiste. Tout pouvoir porte en lui l’image de son absolue corruption, en permanence. Suffit de creuser… un peu.

Merci pour votre attention.

Next.

Post-scriptum : ah oui, j’ai failli oublier : si des policiers ivres de leur toute puissance et de l’impunité totale que leur confère leur uniforme 1 tabassent des migrants et des journalistes gratuitement, c’est la faute à l’ultra-gauche… L’explication est lumineuse, vraiment. Derrière chaque injustice de ce monde macronisme, le spectre de Tarnac. On en sourirait si ce n’était aussi pathétique.

1 … et le blanc sein qui leur est si généreusement accordé par ce gouvernement aux abois devant la pression sociale