Toujours Ni Macron Ni Le Pen, en défense des droits humains

Bien des sujets brûlants d’actualité auraient pu être traités pendant la vacance de ce blog, si je n’en avais été empêché par la situation personnelle décrite ici. Les attentats terroristes, qu’ils se revendiquent de l’islamisme radical ou de leur répondant identitaire, se suivent à un rythme effrayant, qui font craindre le pire à tous.

La situation politique est préoccupante, laissant la place à tous les excès, et permettant de plus en plus de supposer la possibilité de l’installation d’un régime autoritaire, que plus grand chose ne semble pouvoir contrer. Le gouvernement, qui devrait jouer un rôle de pacificateur dans cette situation troublée, se range tout au contraire du côté de nos ennemis, en adoptant le même discours que l’extrême-droite, avec les mêmes éléments de langage, les mêmes réflexes identitaires, et les mêmes ennemis, plutôt du côté des antiracistes et des défenseurs des droits humains que des fascistes que nous combattons ici. Ainsi, les propos du premier ministre Castex, qui m’ont tout particulièrement interpellé, tant ils recèlent un aussi incroyable qu’insupportable soutien des méfaits de la colonisation :

« Je veux dénoncer toutes les compromissions qu’il y a eues pendant trop d’années, les justifications à cet islamisme radical : nous devrions nous autoflageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore, a déploré M. Castex. La première façon de gagner une guerre, c’est que la communauté nationale soit soudée, soit unie, soit fière. Fière de nos racines, de notre identité, de notre République, de notre liberté. Il faut gagner le combat idéologique. » (source)

Ce combat idéologique, c’est celui d’un nationalisme exacerbé, d’un rabougrissement identitaire, rendus encore plus aigus par les actes terroristes, ce qui ne fait que donner raison à Daesh dans sa stratégie de tension. C’est exactement ce que ces fous d’Allah attendent, pour accueillir les musulmans dans leurs bras : qu’ils se voient rejetés par les pays dans lesquels ils vivent, pourtant pacifiquement pour la plus grande partie d’entre eux. Le fait de dire cela fait-il de moi un « islamo-gauchiste » ? Je souris, tant cette appellation sans fondements et si vide de sens, qui ne veut plus rien dire tant elle dissimule l’absence de pensée, renvoie en écho à celle de judéo-bolchévique, ce qui discrédite automatiquement celui qui la profère en son total dénuement d’arguments mieux sentis.

Quant au soutien de l’identité nationale et des bienfaits de la colonisation, il me semble sans trop craindre de me tromper qu’à coup sûr, ce Monsieur Castex risque fort quant à lui de retomber dans les oubliettes d’une histoire qu’il n’aurait jamais du quitter : celles des petits réacs de province bien davantage dans leur éliment naturel en compagnie de chasseurs ou de fidèles à la sortie de la messe qu’avec des militants des droits humains, dont je suis si fier d’être l’un des relais, bien qu’anonyme.

Et quand nous sommes à ce point si régulièrement décriés et méprisés, cela n’est jamais bon signe pour la santé d’une démocratie.