le PAF sous emprise raciste #pestebrune

… je m’apprêtais à écrire un billet projetant de recenser, dans le paysage médiatique hexagonal, les petits porteurs de haine, ceux de la parole nationaliste, raciste et xénophobe, hostiles à l’immigration et aux musulmans dans notre pays. Un fléau. Assimiler si grossièrement l’ensemble des musulmans de ce pays aux terroristes djihadistes radicaux de Daesh, une facilité qui relève de la bêtise la plus crasse, quand le terrorisme d’extrême-droite est tout aussi dangereux, et meurtrier. La peste brune est à mon sens de retour, et il convient d’en délimiter le périmètre exact, pour mesurer son pouvoir de nuisance. Militant antifasciste, je pourrais en effet me faire des idées, et prendre mes fantasmes – la cible de mes observations quotidiennes plutôt – pour la réalité.

Cela fait partie des éléments de langage de la propagande d’extrême-droite, que de présenter le paysage médiatique français comme étant sous emprise du politiquement correct, et de la gauche bien pensante, soi-disant. Pourtant, bien à rebours de ce qu’ils voudraient faire croire aux gogos, le moins que l’on puisse dire, ou plutôt écrire, c’est que l’extrême-droite a su, au fil du temps, assurer un maillage factuel et personnalisé assez ahurissant dans bon nombre de chaînes, avec des chroniqueurs visiblement acquis à leurs thèses infamantes. La parole raciste s’est un peu trop lâchée sur les plateaux de télé, ces derniers temps… Et des chroniqueurs d’extrême-gauche qui feraient front, en apportant une alternative à ces propos nauséabonds, on en voit guère, en effet. C’est pas faute d’avoir cherché…

Et donc, puisque ce camp là prétend qu’on ne peut plus rien dire, et qu’ils seraient en proie au politiquement correct et à la censure de la gauche, j’aurais aimé démontrer par l’absurde à quel point cela ne tient pas la route une seconde.

Mais j’étais à mille lieues de m’imaginer l’étendue du désastre. Alors que je lançais un appel sur twitter pour appeler à combler ma mémoire défaillante, en demandant publiquement de me citer des noms de chroniqueurs acquis aux thèses de l’extrême-droite, quelle ne fut pas ma surprise de m’entendre dire qu’en fait, il serait bien plus facile de citer ceux qui le ne sont pas… Et des gens qui savent fort bien de quoi, ou plutôt de qui ils parlent :

Moi, seul dans mon coin, je pensais à Zemmour bien sûr… Mais il y a aussi :

Charlotte d’Ornellas, Pascal Praud et André Bercoff, Elisabeth Lévy, sur CNews

Arnaud Stephan, militant de la droite nationaliste, satellite du FN et ex-dircom’ de Marion Maréchal Le Pen, Eugènie Bastié, cette réac anti-féministe, et Finkielkraut le tristement bien connu, sur LCI

Geoffroy Lejeune bruyamment annoncé sur C8, malgré le (grâce au ?) scandale raciste Obono.

Eric Brunet sur BFMTV, cette autre turbine à lisier

Jean-Pierre Pernaut sur TF1

(liste non exhaustive).

Et encore, je me suis limité aux noms les plus connus qui me viennent à l’esprit et à la seule télé, je ne parle même pas de la radio… avec des turbines à merde comme les Grandes Gueules sur RTL ou Sud radio, dont on sait bien ici quoi en penser

Alors, oui, tu as raison, Sébastien, ce n’était même pas de l’ironie : les briseurs de tabou d’hier sont terriblement omniprésents…

Comme quoi, l’ampleur du mal est bien plus étendue que même moi je me l’imaginais, et Zemmour seulement l’arbre qui cache la forêt des porteurs de haine dans notre pays. Voilà qui me convainc encore davantage si besoin en était de ne plus regarder la télévision. Que de la merde.