la mort de Cédric Chouviat illustre l’état de pourrissement de la police française #violencespolicières

Que pourrait-on ajouter de pertinent face à cette construction collective de l’impunité policière ? Le titre ne suffit-il pas à illustrer à la fois la pertinence du sujet des violences policières et le total manque d’éthique de cette institution, qui ne cesse de s’aggraver au fur et à mesure des exemples égrenés ici ?

Rien ne saurait justifier la mort d’un homme, à fortiori pour un simple contrôle de papiers, à moins que l’on ne soit – autant le dire plus clairement – pour le retour de la peine de mort en cas de défaut de présentation de carte d’identité, comme ce cadre du RN particulièrement idiot, pour faire dans l’humour (très) noir.

Mais tant que la police servira, à ce point là d’évidence, de vulgaire milice militarisée au seul service d’un pouvoir aussi affaibli, qui ne tient que par ses forces de l’ordre (et les flics le savent, qui en tirent leur force et leur impunité) face à la contestation sociale majoritaire, on ne pourra espérer d’évolution positive sur le sujet.

Et quand de surcroît on nous accable d’un ministre de l’Intérieur aussi reprochable, dont l’éthique personnelle est si éminemment discutable, on voit bien quel chemin se dessine. Et ce n’est pas celui d’une belle évolution en la matière.

L’acab est permanent, et total. On nous disait autrefois « pas de généralisation, ils ne sont pas tous pareils ». Mais quand toute la pyramide de haut en bas de l’échelle ment, pour cacher délibérément les circonstances réelles – et profondément insupportables et inadmissibles – de la mort d’un homme, littéralement asphyxié par une clé d’étranglement (dont cette institution défend de surcroit atrocement l’usage), on ne peut pas dire ni écrire autre chose.

2 réflexions sur “la mort de Cédric Chouviat illustre l’état de pourrissement de la police française #violencespolicières

  1. Bonjour,  publié hier sur ma page Facebook (voir pièce jointe de capture d’écran, partielle), pour information :

    Jeudi 23 juillet 2020 

     

    LE REPORTAGE DU JOUR 

    (un peu trop long ?)

     

    La vieille extrême droite a-t-elle du plomb dans l’aile ? À moins qu’elle se lève tard quand on sait pourtant, de Nicolas Sarkozy, que l’avenir est à «la France qui se lève tôt»…

     

    Aujourd’hui, à 10 h 30, pas une gerbe sur la tombe de Philippe Pétain, dans le cimetière de Port-Joinville, à l’Île d’Yeu. Pourtant, tous les ans, en ce jour anniversaire de sa mort (1951) en captivité (condamné à mort pour haute trahison avec l’ennemi nazi en 1945) et frappé d’indignité nationale, des nostalgiques du régime de Vichy viennent honorer la mémoire de leur maréchal. Voilà une quinzaine d’années, ils étaient quelque trois cents pèlerins à faire le voyage depuis le continent pour saluer leur grand homme au 23 juillet. Ce nombre semble en diminution ; les pétainistes seraient-ils en voie d’extinction ?

     

    Le 23 juillet 2019 au matin, on pouvait voir deux grosses gerbes déposées sur la dalle gravée (dont j’avais posté des photos sur ce Facebook), la première de l’ADMP (Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain, actuellement présidée par Hubert Massol – 83 ans –, ancien bras droit du lepéniste Jean-Louis Tixier-Vignancour et conseiller municipal MNR d’Asnières qui dirigea le commando de pieds nickelés ayant enlevé le cercueil de Philippe Pétain en février 1973), la seconde de Jeune Nation, mouvement nationaliste fondé à la fin de 1949 par Albert Heuclin, Jean Marot, Jacques Wagner et les frères Sidos (respectivement jugés pour faits de collaboration et appartenance au mouvement franciste), dissous en 1958, mais toujours actif sur un site Internet, sous l’impulsion des jeunes militants d’extrême droite Alexandre Gabriac (Civitas, 29 ans), familier du salut nazi, et le négationniste Yvan Benedetti (L’Œuvre française, 54 ans). 

     

    J’ai toutefois entendu, ce matin du 23 juillet 2020, face à la tombe, quelques mots de la conversation entre un sexagénaire bon poids, vêtu en estivant, et un supposé employé municipal :

    — Alors, quoi aujourd’hui ? Je suis allé au local de l’association des amis du maréchal Pétain, c’est fermé, il n’y a personne…

    — Ce que je peux vous dire, parce que je travaille aussi à l’église, c’est que la messe est annulée.

    Quel local, quelle association ? J’ignore s’il en existe sur l’Île d’Yeu et aucune des associations ogiennes enregistrées dans les Pages jaunes ne mentionne le nom de Pétain dans son intitulé. Ce visiteur, peut-être un pétainiste, évoquait-il l’ADMP et l’un de ses locaux de Paris, Vichy ou Cauchy-à-la-Tour ? Ou le très défraîchi «Musée historial de l’Ile d ‘Yeu», appellation euphémique pour un musée privé mais ouvert au public, installé rue de la République au cœur de Port-Joinville, et dont les collections exposées sont exclusivement consacrées à la vie de Philippe Pétain ?

    Ce musée me semble, depuis plusieurs années, en déshérence, peut-être fermé ; j’avoue n’avoir guère eu envie d’en passer la porte et j’ai cherché en vain un numéro de téléphone pour me renseigner. L’île n’a jamais fait la promotion de son maréchal, lequel ne représente qu’un accident de son histoire. Les Ogiens l’ont toujours trouvé, lui, sa tombe et, sans doute, ce musée, très «encombrants». L’un d’entre eux confie : «Si un touriste me demande où est la tombe, je lui donne toujours une mauvaise direction, tellement ça m’énerve.» Une tombe qu’on fleurit ou sur laquelle on urine ou défèque selon ses opinions. Quant au maire actuel, il déclare : «Pour nous, le maréchal Pétain est un non-événement, dans le sens où ce n’est pas notre histoire. La tombe ne suscite qu’une seule chose : l’indifférence.» 

     

    Mais, mais, mais. Par « chance » (car je ne suis quand même pas  assez pervers pour faire le guet toute la journée devant la sainte tombe), passant devant le cimetière à 15 h 55, j’ai assisté, avec un jeune ami ivoirien et alors que je portais mon tee-shirt de Banksy « Migration is not a crime », à la sortie d’un groupe de seize personnes. 

    En tête, portant un drapeau non identifié, un homme d’une soixantaine d’années, coiffé d’un béret militaire, la veste placardée de quelques breloques ; derrière lui, des femmes et des hommes dont plusieurs d’une vingtaine d’année (oui !) ; l’un d’eux arborant une croix celtique (voire gammée, je n’ai pas pu la distinguer avec certitude) tatouée sur le bras gauche ; au centre, un drapeau tricolore. Suivit, leur emboîtant le pas, une famille nombreuse vestimentairement archétypée traditionnaliste (un papa, une maman, cinq enfants) emmenée par un prêtre en soutane. 

    Craignant, à tort ou à raison, leur réaction, je n’ai pris le risque de photographier ni les uns ni les autres, tous descendant à pied vers le port ou l’église, je ne le saurai pas puisque je ne les ai pas suivis. 

    Mais je suis retourné sur la tombe de Philippe Pétain où avait été déposée une gerbe de Jeune Nation portant l’inscription en lettres dorées sur ruban tricolore « Au Maréchal Pétain Chef de l’État Français ». Pas de gerbe de l’ADMP cette année, tout au moins à cette heure, mais, au pied de la croix tombale, un petit bidon… d’eau bénite de Lourdes.

      Le 23 juillet 2016, tandis qu’une trentaine de personnes assitaient à la messe donnée «pour le repos de l’âme du Maréchal Pétain», une quarantaine de citoyens avaient tenu à manifester en silence leur désapprobation sur le parvis de l’église, ayant épinglé sur la poitrine une étoile jaune.  En cordial partage Bernard

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