@MarleneSchiappa bientôt membre honoraire de #Némésis ?

  • Sur le groupe néo-fasciste qu’est Némésis, qui tente de récupérer le thème du féminisme pour l’instrumentaliser en faveur de ses thèses identitaires immondes, lire leur dossier ici.
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je ne me permettrais pas, étant homme, de juger du féminisme de Marlène Schiappa, que beaucoup de camarades féministes radicales, et pas que, jugent cependant, elles, fort mal, et pour cause. Il faut dire que sa difficulté lors de ses précédentes fonctions à supporter la moindre contradiction, en dépit d’un féminisme restant à démontrer, selon elles, dans les actions de son gouvernement, ont été fort mal perçus par de nombreuses associations féministes. Et le fait qu’elle ait rejoint, après sa précédente fonction de Secrétaire d’Etat chargé(e) de l’Égalité entre les femmes et les hommes, le sexiste, machiste et homophobe constant qu’est Darmanin ne facilitera certainement pas les rapports avec celles qui restent fidèles à leurs convictions comme à la défense des droits des femmes. ( J’ai moi même retenu, avant qu’elle ne soit au gouvernement, le souvenir de ses indélicatesses, pour ne pas dire pire, frisant le fat shaming le plus grossier).

Mais voilà qu’elle va encore plus loin pour se rendre encore plus patibulaire qu’elle ne l’est déjà, doublant son escroquerie au féminisme d’un virage extrêmement droitier confinant à la xénophobie, et à la haine des musulmans. Voilà en effet que j’apprends par l’intermédiaire d’une tribune dans le JDD (merci à celle qui m’a judicieusement alerté, qui se reconnaitra) qu’elle se vautre dans le républicanisme de bazar des identitaires du Printemps Républicain en tentant, tout comme ces si peu humanistes là, de confisquer la laïcité pour en faire une arme de guerre contre toujours les mêmes, qui n’avaient décidément pas besoin de cela. Voici les termes de cette tribune, qui me familiarise donc avec ce terme nouveau pour moi, « fémonationalisme », qui m’a aussitôt fait penser aux néo-fascistes de Némesis… :

« Marlène Schiappa, ancienne Secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, est devenue ministre déléguée chargée de la citoyenneté. Et pas avec n’importe quel discours. Elle a accordé, ce samedi 11 juillet, un entretien au JDD, défendant une ligne profondément fémonationaliste, traitant côte à côte les questions de citoyenneté, de protection des femmes, de laïcité, d’islam radical, de politique migratoire et de « plan de lutte contre le communautarisme et les séparatismes ».

Questionnée sur la laïcité, Mme Schiappa répond aussitôt en évoquant les parcours de naturalisation, comme si les étrangers constituaient aujourd’hui la plus grande menace contre la laïcité en France. Comme si les réseaux qui s’organisent aujourd’hui contre le droit à l’avortement, les programmes antisexistes à l’école, le mariage pour tous et la PMA pour toutes, étaient les étrangers et non les identitaires et autres chantres des racines chrétiennes de la France. Elle cite ensuite les « opérations de reconquête (sic) républicaine de terrain, comme lorsque Gérald Darmanin et moi allons, de nuit, Porte de la Chapelle à Paris, aux côtés des forces de l’ordre » (un quartier parisien connu pour avoir une population particulièrement racisée) « parce que la République est chez elle partout » ajoute-t-elle, faisant un clin d’œil abject aux « On n’est plus chez nous » et autres « territoires perdus de la République ».

Nous, féministes, n’avons jamais revendiqué une quelconque double peine pour les étrangers

Mme Schiappa se vante également d’avoir obtenu la double peine pour les étrangers qui ont commis des violences sexistes et sexuelles, afin qu’ils soient expulsés du territoire français, au lieu qu’ils puissent tout simplement purger leur peine. L’expression « violences sexistes et sexuelles » comprendrait donc les crimes, les délits et les actes sanctionnés par une contravention, comme le harcèlement de rue? Cette expression, « violences sexistes et sexuelles », que nous utilisons pour souligner le continuum de ces violences, leur caractère banal et quotidien, devient donc un instrument au service d’une politique xénophobe visant les étrangers et leur distribuant des expulsions du territoire en notre nom.

Nous, féministes, n’avons jamais revendiqué une quelconque double peine pour les étrangers. Les coupables doivent être jugés et condamnés, payer leur dette à la société comme tout justiciable, et la société doit se mobiliser pour comprendre les racines des violences qui sont commises en son sein. La Ministre de la citoyenneté, censée défendre l’État de droit, les principes républicains, la « présomption d’innocence » comme elle la réclame dans le même entretien pour M. Darmanin, ne peut réclamer « en même temps » un traitement différencié selon la nationalité.

Nous, féministes, dénonçons un gouvernement qui cherche des boucs émissaires et des diversions xénophobes

La double peine est une revendication historique de l’extrême-droite, faisant des étrangers des impénitents, des personnes sur lesquelles le sens de la peine judiciaire n’a pas d’impact, car le crime et la délinquance seraient inscrits dans leurs gènes ou dans leur identité culturelle. Il n’y aurait, pour eux, aucun espoir de rédemption ou de réinsertion, aucune deuxième chance possible. Ne parlons même pas de l’odieuse métaphore de Mme Schiappa : « Si la maison de votre voisin s’effondre, vous l’accueillez. Mais s’il se met à tabasser votre sœur, vous le virez! » rappelant la vieille propagande des identitaires racistes de l’étranger s’immisçant dans leur domicile pour y agresser leurs compagnes.

L‘une des démonstrations implacables du mouvement #Metoo, est le caractère massif des violences sexuelles et sexistes. 90% des viols sont commis par une personne connue de la victime. 50% par un conjoint ou un membre de leur famille. Comme l’a dit Adèle Haenel, ces hommes, ce sont nos pères, nos frères, nos collègues, nos amis. Ce ne sont pas des monstres, et ce ne sont pas structurellement des hommes d’origine étrangère, loin de là. Ces violences prospèrent grâce à l’impunité massive des agresseurs et à un système judiciaire inefficient qui ne comprend rien au continuum des violences sexistes, comme l’illustrent si bien maintes tirades de notre nouveau garde des sceaux, M. Eric Dupont-Moretti.

Nous, féministes, dénonçons un gouvernement qui cherche des boucs émissaires et des diversions xénophobes. Nous ne nous inscrirons jamais dans les stratégies d’instrumentalisation de nos luttes, que ce soit au service de politiques impérialistes pour aller soit-disant libérer les femmes dans les pays de « l’axe du mal », ou des politiques répressives et racistes à l’encontre des étrangers. Nous refusons que Mme Schiappa aille sur ce terrain en notre nom. »

Liste des signataires

Rebecca Amsellem, fondatrice de la Newsletter Les glorieuses
• Pauline Baron, journaliste et militante féministe
• Fatima Benomar, co-fondatrice de l’association Les effronté-es
• Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye ta Shnek
• Claire Charlès, secrétaire générale de l’association Les effronté-es
• Elen Debost, écofeministe, conseillère départementale 72
• Laurence De Cock, historienne, enseignante
• Caroline De Haas, membre de #NousToutes
• Lucile Dupuy, militante féministe
• Geneviève Garrigos, conseillère de Paris
• Laura Jovignot, fondatrice du collectif #PasTaPotiche
• Annie Lahmer, conseillère régionale écofeministe
• Mathilde Larrère, historienne, militante féministe
• Emmanuelle Mallet, militante au NPA
• Caroline Mecary, avocate aux barreaux de Paris
• Océan, comédien et réalisateur
• Florence Pic, co-fondatrice du collectif LGBTQI Irrécupérables
• Raphaëlle Primer, conseillère de Paris 20e, groupe Communiste et citoyen
• Giovanna Rincon, directrice de l’association Acceptess-T, co-porte-parole de la Fédération Trans et Intersexes
• Rosalie Salaün, responsable de la commission Féminisme d’EELV
• Laure Salmona, co-fondatrice et trésorière de l’association Féministes contre le cyberharcèlement
• Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie
• Charlotte Soulary, co-fondatrice du collectif Chair collaboratrice
• Drass Tecles, militante au NPA, activiste LGBT+
• Mathilde Tessier, porte-parole d’EELV 06
• Dominique Tripet, conseillère municipale PCF d’Orléans
• Sabrina Waz, militante contre toutes les formes de domination

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NB. Tous les passages en gras ont été soulignés par moi. Ils servent simplement à montrer la ligne de cohérence qui est la mienne, entrant en convergence avec la vocation de ce blog : la lutte contre les idées d’extrême-droite, et réactionnaires, telles qu’exprimées par ces femmes, que je rejoins dans leurs analyses. On ne pourra en effet que convenir que ces passages ne peuvent que faire sens en moi, foi d’antifa. En nous ? A vous de me le faire savoir, par vos réactions en commentaires ici. Moi, mon opinion est déjà faite. Le macronisme, disait je ne sais plus quel politologue, est à mi-chemin entre Sarkozy et l’extrême-droite. Chacune de leurs actions ne fait que le démontrer chaque jour un peu plus, n’en déplaise à sa seigneurie. Et je ne suis pas le premier à prétendre, en le claironnant haut et fort qui plus est, que ce gouvernement, par son positionnement actuel, est en train de se préparer aux prochaines échéances électorales nationales, en donnant des gages à la partie la plus hostile aux étrangers de ce pays. Je ne suis pas certain que cela relève de ce grand modernisme que tente si désespérément de convoquer le macronisme, alors qu’il l’incarne si peu dans les actes, et leurs idées.

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