#covid19 #fakenews : le Service d’Information du Gouvernement est vraiment nul à chier (et ça se voit) #désinformation

Pour un gouvernement qui prétend lutter contre les fakenews, voilà une histoire plus que truculente dont je ne peux résister à la tentation de vous voir partager la nature, particulièrement instructive. Elle l’est, assurément, à plus d’un titre. L’anecdote qui suit révèle en effet à ciel ouvert l’incompétence du Service d’Information du Gouvernement, qui a déjà donné bien des signes de faiblesse (doux euphémisme), à l’impact particulièrement désastreux pour l’ensemble de la population française. Le sujet m’apparait sensible, surtout dans cette période de crise sanitaire, où elle devrait donc s’avérer d’autant plus fiable. Sans quoi ses erreurs, son manque de transparence, ses tâtonnements et tergiversations, le manque de cohérence de sa ligne de conduite, dans la durée, contribuent à nourrir le complotisme lui-même, ce qui est un comble vous avouerez quand on prétend, comme c’est le sujet ici, lutter contre les fakenews…

L’histoire qui suit démontre aussi factuellement l’autoritarisme et le manque de respect total de ce gouvernement pour les journalistes en général, et le droit à l’information en particulier. On les méprise en haut lieu, on tente de maîtriser arbitrairement et drastiquement leur communication, et on va jusqu’ à les agresser physiquement quand leurs sujets dérangent, notamment en période de forte tension sociale comme on en a connu pendant les épisodes des Gilets Jaunes… tout en se payant le luxe de nier la réalité de ces violences policières, même lorsqu’elles concernent directement les journalistes. Mais on ne s’interdit pourtant pas de s’approprier leurs travaux, sans leur consentement.Voilà qui n’est pas joli, joli… Quel cynisme absolu. Enfin, ce qui suit nous illustre factuellement l’étrange rapport à la vérité de ce gouvernement. Et voilà qui, compte tenu du sujet évoqué, peut apparaître particulièrement problématique… Mais laissez-moi à présent vous guider au plus près de ce dont il s’agit, après vous avoir gratifié de ce bien trop long préambule :

Le gouvernement avait décidé de mettre en place un espace numérique dédié au démontage d’ infaux sur le coronavirus, sur cette page là. En soi, l’intention est louable, si l’on en juge par la masse de bêtises hallucinante que l’on peut observer sur le net, tout particulièrement depuis le confinement, et notamment sur les réseaux sociaux, comme on ne le sait que trop bien ici. Le sujet est en effet particulièrement propice à la propagation du racisme et des thèses complotistes, et l’extrême-droite l’a bien vite instrumentalisé au profit de ses thèses détestables

Sauf que. Ya comme un défaut, dans la méthode du gouvernement, pas très catholique en effet…. 😉 . Pour ce faire, il a purement et simplement utilisé les travaux des journalistes de 5 sites de fact-checking (Vrai ou fake de franceinfo, Checknews de Libération, les Décodeurs du Monde, Fake Off de 20 Minutes, et AFP Factuel ) sans même s’assurer de recueillir leur consentement au préalable. Pire encore : non content de piller leurs travaux sans leur demander leur avis, le service d’information et de communication du gouvernement y publiait ceci :

. « Cet espace dédié vous donne accès aux articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation », annonce « Désinfox coronavirus ». Il est également précisé : « Sont référencés sur cette page les articles des médias français, depuis le 15 avril, disposant d’une rubrique fact-checking depuis au moins 2 ans ; d’une équipe fact-checking spécialisée ; et d’un accès gratuit au contenu. »

Bronca dans les salles de rédaction, dont rend compte ainsi un jeune journaliste pour ASI, dans un article particulièrement bien détaillé :

 » Sans vouloir être nommé, compte tenu de l’ampleur de la polémique, un autre journaliste perçoit dans cette initiative « un amateurisme absolument incroyable »

… Comme tout le reste d’ailleurs avec ce gouvernement, comme tout un chacun a pu le constater avec encore plus d’acuité pendant cette crise actuelle.

Le SNJ a donc joué pleinement son rôle et interpellé les services de l’état à ce sujet, en ces termes, par ce communiqué :

source et suite…

Le SNJ a même annoncé avoir saisi le Conseil d’Etat en référé pour obtenir le retrait de cette rubrique, dans laquelle il voyait « une atteinte à la liberté de la presse ». Le résultat ne s’est pas fait attendre…

source

Je suis hilare. Quelle déculottée…

(enfin, je l’étais. Car après avoir été empêché par des événements personnels et professionnels d’aller jusqu’à la conclusion de ce long mais si nécessaire billet qui décrit factuellement l’amateurisme hallucinant de ce gouvernement au travers du seul prisme de sa com – qu’est-ce que ce doit être pour le reste… – voilà ce que je découvre à présent, horrifié :

NON, pas vraiment, Ellen :

Ce coup là, sur lequel était déjà basé il est utile de s’en ressouvenir le trop fameux ministère de l’identité nationale de sinistre mémoire, et qui constitue également le cœur de lutte du Printemps républicain qui l’a amené aux errements identitaires, racistes, et islamophobes que l’on connait bien ici, on n’en n’avait franchement pas besoin. Surtout qu’en la matière, un autre s’y emploie beaucoup plus efficacement, avec la notoriété et la couverture médiatique hallucinante que l’on sait…

Alors, surtout, le SIG, ne changez rien. Vous êtes sur la bonne voie. Tout le monde peut le constater, en ce moment…