Réponse au courrier d’un lecteur #immigration

Une fois n’est pas coutume, je vais tenter de répondre ici en direct et posément, sans m’énerver, à l’un de mes lecteurs, suite à ce commentaire qu’il m’a adressé sur mon autre blog, en coulisse, ici.

Voilà la chose :

Tout d’abord, le coup de l’apolitique qui tente de se faire un avis raisonné avant de se faire une opinion (1) , on me l’a déjà faite, à l’endroit comme à l’envers. Le stratagème est éventé, surtout venant d’un individu sournois, comme on va le voir plus loin, qui tente de nous convertir subrepticement à son positionnement, pas si ambigu qu’il n’y parait à priori puisqu’au final, il s’agit ni plus ni moins – d’où ma volonté de répondre publiquement et frontalement – que d’acquérir mon consentement au racisme et aux discriminations. Fallait oser, face à quelqu’un qui se déclare antifasciste… Le culot de ces gens là !

Déjà, le ton, qui se veut artificiellement familier, ne me convenait pas. Ce tutoiement qui tente d’entraîner une (pourtant fausse) proximité personnelle par l’usage d’un tutoiement douteux m’insupporte au plus haut point. Dans ce texte, à mes yeux (les miens seuls ? je vous prends volontairement à témoins), on voit bien vite venir la manipulation, et la ficelle est un peu grosse… Mais arrêtons là le procès d’intention, et cantonnons nous aux mots de son auteur, après avoir tenté d’évacuer en préliminaire mon humeur, que j’ai forcément mauvaise, face à ce genre de propos :

 » Je n’ai, pour l’instant, aucun avis politique fondé; c’est pour cela que je m’attarde sur des médias web affirmés (comme le tien ou boulevard Voltaire) pour comprendre les fondements de gauche et de droite… »

Déjà, là, je tique. Moi, un média web affirmé ? Sachant que « Tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute... », vous voulez mon fromage, Henri, c’est ça ? Et bien vous ne l’aurez pas. je ne m’exagère pas quant à moi mon importance, ni celle de ce bien modeste blog en vérité. En outre, me voir confronté à quelqun qui ne répugne visiblement nullement à la lecture de Boulevard Voltaire, et me retrouver en vis à vis des ordures racistes et complotistes dont il s’agit, dans la même phrase, voilà qui m’est particulièrement désagréable et inconfortable. Insupportable même. On ne déjeune pas avec le diable, même avec une longue cuiller. Je doute en outre qu’en me lisant, moi ou Boulevard Voltaire, vous puissiez parvenir à votre but : « comprendre les fondements de la gauche et de la droite. » Le moins qu’on puisse écrire ici, c’est que je suis d’une certaine gauche pour le moins atypique et marginale. Là aussi, je ne m’exagère pas non plus l’importance numérique de ma famille politique… A l’épreuve des faits, pour les plus militants, nous tenons dans une grande salle, en France, à Nantes, justement, j’en ai fait l’expérience. Passons.

« …car il va de soit que vous représentez les racines ou des mouvements fondateurs de chacune des hémisphères de l’Assemblée. »

Non, Henri, je vous arrête tout de suite. Vous faites franchement fausse route. Si je ne sais pas pour qui votent mes ennemis de Boulevard Voltaire (encore que j’aie bien ma petite idée…), je sais fort bien pour qui, moi, je ne vote pas, et ma couleur politique n’est absolument pas représentée dans ce qui n’est plus aujourd’hui qu’une antichambre du macronisme, et ne sert qu’à entériner des choix faits ailleurs, le doigt sur la couture du pantalon (des députés). Vous devez donc confondre… mais avec qui donc ? Ce serait intéressant de le savoir, pour mesurer l’ampleur du désastre qu’est votre petit confort personnel qui cherche à mettre des étiquettes commodes en fonction des seules représentations à votre disposition, à laquelle je ne peux qu’échapper, par nature… A moins que vous n’ayez présent à l’esprit (ce dont je doute, je vous l’avoue) l’ Assemblée Nationale originelle qui, à ses débuts, comptait encore quelques rares gens de ma sorte, Les enragés, que j’évoque plus précisément ici, dont le combat d’alors m’apparait si valeureux ? Car c’est bien celui dans lequel je me situe : pour les plus humbles, assurément.

néanmoins je vois difficilement quelle différence tu fais avec ces gens-là : tes méthodes de communication sont les mêmes, la censure sur ton site fait partie du jeu, l’opinion n’y est que très peu variée, et la manière avec laquelle tu désignes le parti adverse manque cruellement de courtoisie et de bienséance

Si mes méthodes de communication sont les mêmes, alors, comme je dois singulièrement manquer de culture, et de vocabulaire, comme d’arguments… Je ne me vois pas ainsi. Mais peut-être ne suis-je pas objectif ? Il faudrait préciser…

La censure ? Je n’ai jamais interdit à quiconque de commenter mes articles. j’ai d’ailleurs autrefois consulté mes propres lecteurs pour avoir leur avis sur le fait de les fermer ou non, puisque j’en avais si peu, ce qui me navre, en réalité. Mais ils/elles ont préféré que je les laisse ouverts. Je me suis donc incliné. (Dommage, d’ailleurs, ça m’aurait fait moins de boulot, de ne pas avoir à les modérer 😉 .

Je ne publie simplement pas ici les commentaires qui contreviennent à la charte d’utilisation de ce blog, (affichée en clair ci-contre, à droite, sous forme d’avertissement, que nul.le. n’est sensé.e ignorer), ce qui correspond en gros à ce qui est tout simplement permis par la législation française. Je n’aimerais pas en effet me retrouver un jour en justice pour avoir hébergé les propos délictueux d’un.e autre… alors qu’ils sont généralement d’un registre que je combats, précisément, ici. Ce serait un comble, non ?!

Ironie du sort, on remarquera d’ailleurs opportunément que même un site comme FDesouche, peu soucieux de respect de l’être humain, en est réduit à exactement à la même chose, après toutes ces années à laisser le pire de l’âme humaine s’y étaler dans toute son horreur absolue. C’est dire assez à quel point je serais censeur…. (Je souris, Henri… de votre duplicité. je suis bien certain en effet que ce dernier argument ne sera pas retenu. Votre mauvaise foi transparait tant, dans votre commentaire…).

De plus, plutôt que de longs discours, face à cette accusation que ne cesse de brandir mes adversaires, et pour cause, puisqu’ils défendent le droit quant à eux de dire, d’écrire et même de faire n’importe quoi, et surtout le pire, (jusqu’à l’apologie du terrorisme !), voici un fait :

Voilà en image la totalité des commentaires sur mon blog depuis sa création. Alors, quelle est la proportion exacte de ma supposée censure, hum, Henri ? J’ai calculé : 0,15 %, très exactement. ça fait peu pour le si massif censeur que vous décrivez… Bref. je souris…

l’opinion n’y est que très peu variée... Vraiment ? Normal : c’est la mienne, et je vous remercie de noter que j’ai de la constance, ça me rassure plutôt. 😊

la manière avec laquelle tu désignes le parti adverse manque cruellement de courtoisie et de bienséance.

Argument retenu, votre honneur. je vais donc m’efforcer dorénavant de rester poli avec les gens qui m’emmerdent, m’insultent, me qualifient de tous les noms d’oiseaux habituellement commis en pareil contexte (au choix : islamo-gauchiasse, collabo des muzz, pute à pédés, etc etc etc (liste non exhaustive), qui me menacent de sévices corporels, de mort, encore et encore, ciblent ma famille et mes enfants, me souhaitent le même sort que Clément Méric, et tiennent absolument à me jeter à la figure leur logorrhée verbale malfaisante, et leur idéologie plus que discutable : fortement toxique et suffocante mentalement comme intellectuellement. Vous avez raison, Henri, la prochaine fois, faites moi penser à leur faire des bisous. Comme je manque singulièrement de la plus élémentaire bienséance, en les qualifiant si souvent – quelle brute immonde je fais – de bas du front ou de plafond, de nazidentitaires, ou de vermines racistes. je suis beaucoup trop violent, en effet. Surtout, rester pudique, quoi qu’il arrive, et ne pas nommer les tenants d’une idéologie fasciste pour ce qu’ils sont : des fascistes.

D’ailleurs je remarque que tu préfères d’abord dénoncer les agissements de tes opposants politiques plutôt que de nous parler concrètement des valeurs qui animent

Là encore, quand on veut noyer son chien, ce qui est visiblement la seule intention notable et réitérée dans ce commentaire, on l’accuse de la rage …

(mais vous voyez, je suis très très patient, contrairement à ce qui m’est adressé comme remarques exclusivement négatives par ce Monsieur, puisque je prends la peine de lui répondre calmement, posément, point par point, pour les réfuter en totalité, argument(s) et sources à l’appui… alors que je devrais purement et simplement l’envoyer chier, cet hypocrite, vu la teneur si pauvre en valeur intellectuelle ajoutée de son discours manipulatoire… )

… sauf que je passe mon temps non pas à les affirmer haut et fort, de manière ostensiblement appuyée, ces valeurs, en poseur que je ne suis pas (sans quoi j’aurais fait carrière dans un parti politique de gouvernement), mais en les illustrant dans les faits, concrètement, par ma vie et mon œuvre, tout comme dans mes écrits sur ce blog, en me servant simplement de la réalité et des faits que je commente au quotidien, plutôt que de beaux discours qui ne prouvent rien. En outre, je prends soin de re-questionner en revisitant régulièrement mes dites valeurs, les objectifs que je poursuis, la nature de mon combat (et donc des valeurs politiques qui le fondent), et dans quelle gauche je me situe. Mais cela, bien sûr, vous préférez ne pas le voir, ce qui correspond à l’attaque habituelle de mes détracteurs, notamment d’extrême droite : « vous ne faites qu’être contre, vous n’avez pas d’arguments, de réflexion profonde ». Bien sur, bien sûr… ça aussi, Henri, on connait bien, ici… D’ailleurs, il va falloir m’expliquer comment je peux avoir « une bonne analyse » et correspondre à tout ce qui m’est imputé… Contradictoire, assurément. Sujet suivant.

En effet s’opposer au racisme, à la xénophobie etc… ne suffit pas à convaincre en quoi ceux-ci doivent être défendues.

Quoi donc ? Quoi t’est-ce ? je crains de ne pas comprendre… Défendre « le racisme et la xénophobie » ? Sûrement pas ! Ou défendre « les valeurs qui animent ton combat » ? ça, je veux bien… et je le fais tous les jours, mais j’ai déjà répondu.

Par exemple la haine raciale peut-être dénoncée comme un acte lâche contre une population démunie mais aussi peut-être compréhensible, lorsqu’en rapprochant deux chiffres de la mairie de Nantes on voit le résultat d’une violence urbaine qui croît exponentiellement à partir des vagues d’immigration massives

Nous y voilà… On va donc arrêter là, Henri. Sur ce terrain là, je ne vous suivrai jamais. Car c’est celui de l’irrationalité, de la croyance stupide en des discours d’essence complotiste, de dogmes non questionnés, précisément. Des idées fausses et amalgamantes (immigration = violences… Mais alors, quid des violences d’extrême-droite ? ) qui traînent dans l’air du temps, selon lesquelles nous aurions à faire face en outre à des « vagues d’immigration massives ». On a beau, face à cela, aligner les faits, les données disponibles, les statistiques qui les démentent formellement, y compris au plus fort de la soi-disant « crise migratoire » (et comme nous y avons bien peu pris notre part, dans ce pays…), que nous avons de toute façon dépassée, rien n’y fait. Seul ce genre de croyances relevant d’une obsession fondamentale, la peur de l’étranger, demeure. Et cela se conclut en général, lorsque nous apportons pourtant des éléments et un discours rationnels et factuels, assez facilement et rapidement par : « vous niez la réalité »… Ben non, justement : je vais la rechercher, avec mon sens critique toujours en éveil, je ne prends rien pour acquis, et je vois ce que je vois... Moins de 10 % de la population nantaise, (8. 5 % pour être plus précis, pour les derniers chiffres connus), ce n’est pas franchement une « vague d’immigration massive », faut arrêter les conneries, là… au risque d’être malséant ;).

A partir du moment où les bases du débat relèvent de présupposés qui sont faux, et véhiculent en outre un mensonge malveillant, correspondant à l’idée complotiste grotesque du « grand remplacement« , à laquelle j’ai déjà posément et factuellement répondu à plusieurs reprises ici, ledit débat n’est plus possible : partager votre point de vue serait à mes yeux une insupportable compromission avec l’ennemi. Ce sera donc, en effet, j’en ai ma part ici, tout comme la vôtre, propagande contre propagande….

D’ailleurs, tout nous sépare : quand bien même la population étrangère serait supérieure en nombre aux « autochtones », de la fière tribu des Onéchénous, (comme ils sont ridicules…. même la réalité scientifique et démographique les contredit), je n’y verrais pas d’inconvénient, du moment que mes libertés fondamentales sont respectées, point barre.

je suis donc désolé, Henri, mais je ne connais pas d’autre moyen, d’autre démarche, d’autre outil, d’autre formule magique pour contrer le racisme et la xénophobie, comme toutes les autres formes de discriminations que de leur opposer, face à la part de l’imaginaire, du (re)sentiment, de l’émotion : le réel, les faits, rien que les faits, les actes, les chiffres, les sources exactes de mes informations, plutôt qu’un discours ronronnant qui, quel que soit sa teneur intellectuelle, et quand bien même serait-il de haute volée, serait à mon sens bien moins efficace que la confrontation à la réalité. Et si après tout cela, ce travail d’ancrage dans le réel, l’effort s’avérait vain, alors, ce ne serait donc plus de mon ressort, mais de celui d’un thérapeute. Je ne peux rien en effet contre les obsessions personnelles, et ne suis pas qualifié pour les contrer, ni pour aider à les dépasser…

aléa jacta est

je vous quitte donc sans regret pour rejoindre d’autres horizons plus agréables. Et je ne vous remercie pas : vous me faites bosser pour rien… Grâce à vous, je n’ai rien appris, si ce n’est la patience et le travail gratuit. Mais ça, quand on a des enfants, on connait déjà…

Archivé. Sujet suivant.

Oups : nota bene : tes conseils paternalistes, Henri, sur qui je devrais ou non fréquenter, tu te les mets où tu veux. J’ai passé l’âge d’obéir aux injonctions, surtout quand elle proviennent de quelqun qui ne ne sait manifestement ni qui je suis, ni qui je fréquente, ni quelles sont mes lectures, ou les conseils avisés dont je m’entoure. De quel droit ? En outre, tes clichés ridicules ne révèlent qu’une seule chose : ce sont TES préjugés. Des ingénieurs, il y en a de toutes sortes, par exemple. Et probablement d’extrême-droite, aussi. Devrais-je donc les fréquenter seulement parce qu’ils sont ingénieurs ? Cette pensée est grotesque, car généralisante. Quia aburdum.

Next.

(1) … si la suite ne démentait pas cette position, qui aurait pu au demeurant se révéler un peu plus respectable sans cette sournoiserie là. Bien que je ne croie aucunement à la fable pour gogos de l’apolitisme, que je peux démonter chez quiconque en deux temps trois mouvements. Tant de Monsieur Jourdain, en la matière…