Internet et ses réseaux (a)sociaux, une arme de construction/destruction massive #stophatemoney

Mon ami Bembelly (l’est-il encore, depuis que nous nous sommes perdus de vue, éloignés par les aléas de l’existence et les divergences de positionnements politiques, et de centres d’intérêts ?) a partagé sur twitter l’information qui suit, qui me parle, fait profondément sens en moi. Je vais essayer de vous faire comprendre succinctement, mais sans trop de caricature et de raccourcis faciles toutefois,  pourquoi :

Voilà en effet une occasion qui m’est donnée d’éclaircir et d’expliciter la place de plus en plus prépondérante, dans la vie de mes concitoyens,  d’Internet dans leur perception du monde, ou du moins celui dans lequel ils pensent vivre. Cela me semble être un élément essentiel pourtant laissé de côté par bon nombre de mes contemporains, dont en premier chef ceux qui prétendent détenir (assez illusoirement) les commandes de notre avenir plus ou moins radieux : les politiques.

Un écart de perception important me semble constitué,  par ce biais cognitif là précisément, entre un phénomène en particulier et sa réalité.  Et cela est encore plus vrai pour celui que j’étudie ici prioritairement, le racisme et les discriminations, plus que tout autre probablement.  Si les gens se lâchent – pour l’instant – beaucoup moins IRL que derrière leur écran, les pensées, émotions et propos qu’ils déversent sur la toile ne sont pas vraiment toujours d’un humanisme triomphant (1), et dictés par de hautes valeurs morales, intellectuelles, et même émotionnelles positives, c’est le moins qu’on puisse écrire. Je pense même que certains médias, comme les réseaux sociaux, et plus particulièrement twitter, sont formatés et conçus pour obtenir le maximum de clashs, de confrontations, et de propos virulents, spectaculaires, tout comme dans les médias plus mainstream, à la télé par exemple, où le règne de l’émotion et du buzz plus que du contenu intellectuel et ou informatif est flagrant. Seuls  ces passages à forte valeur polémique ajoutée permettent d’animer une ambiance sans eux trop mollassonne, de générer du trafic, de l’audimat, de la bande passante, et donc du pognon.  Sur internet comme sur les plateaux de télé, l’industrie des petits producteurs de haine se porte (très) bien. Je ne peux expliquer autrement la quasi absence de modération de ce réseau  à l’oiseau bleu que j’affectionne et auquel je m’adonne aussi assidûment, qui laisse passer certaines publications d’une violence insupportable, quels que soient les sujets abordés. On y voit bien que sont à l’œuvre des meutes d’internautes organisés pour pourrir certaines des discussions qui ne leur plaisent pas, dont la teneur ne vas pas dans leur sens, celui de LEUR intérêt politique, économique, stratégique… ou simplement grégaire. Oui, des meutes…

Connaissant bien ce phénomène, celui de ces haters qui ne répugnent jamais au cyber-harcèlement, dont j’ai compulsé ici un certain nombre de comportements de masse proprement détestables, j’en ai expérimenté moi-même pas plus tard qu’hier la réalité virtuelle (oui, je sais, mais l’ oxymore n’est qu’apparent pour qui n’a pas creusé la chose…). A peine y ai-je exposé ce sujet, si propice à provoquer toutes les dérives et les provocations conspirationnistes les plus inimaginables (2), que des trolls au front particulièrement bas pointaient leur sale museau pour venir répandre leurs excréments idéologiques grotesques, d’essence révisionniste ou négationniste, visant à banaliser, minorer ou exporter sur un autre plan les propos antisémites incriminés.  Ces gens sont tellement ivres de la toute puissance que leur confère leur pré-supposée impunité conférée par l’abri illusoire de leur écran et de leur (très) (et de plus en plus) relatif anonymat….

Alors, ils se lâchent, et souvent dans le pire plutôt que dans le mieux, qui serait un dépassement de soi, une exigence de qualité des propos relayés, de réflexion, de bienveillance, de sens critique étayé par des arguments sérieux, des sources fiables.  Il y faudrait, pour celles et ceux qui ne répugnent pas au commentaire haineux  quel qu’il soit (raciste, sexiste, LGBTQphobe, pauvrophobe, ou visant à railler violemment le physique des gens) trop d’efforts, de recherche, de précision, et parfois, visiblement, de vocabulaire immédiatement disponible…

Aussi, pour en revenir enfin à l’information partagée par Bembelly, le sentiment de racisme ressenti par les croyants de cette religion en particulier plutôt qu’une autre n’est pas dû exclusivement à ce qu’ils peuvent percevoir dans leur vie au quotidien, à l’extérieur de chez eux, mais aussi, ce qui est beaucoup plus insidieux, pervers et terriblement toxique, jusqu’aux tréfonds de leur domicile, quand ils regardent la TV, et même quand ils/elles sont aux toilettes,  en train de regarder les actus ou leur réseau social favori sur leur smartphone… Nous y voilà : Internet. Celui-ci n’est il pas à l’image de ce que politiciens et médiacratie en font, alors qu’ils l’accusent souvent de bien des maux dans une totale duplicité qui ne  renforce pas  franchement leur crédibilité ? Et que donnent-ils à voir, précisément ? Nous y voilà encore : les fruits vénéneux de l’industrie des petits producteurs de haine, et leurs énièmes polémiques incessantes sur le port du voile, le hijab, la nourriture halal, les prières de rue, la violence dans les cités dues bien sûr, c’est de notoriété publique, aux seuls jeunes musulmans vendeurs de shit et violeurs de femmes blanches, de véritables barbares qui viennent nous submerger avec leurs coutumes incompatibles avec notre identité européenne.  Je caricature si peu, hélas. Ajoutez à cela la peur compréhensible du terrorisme djihadiste radical, et ses trop nombreuses morts insupportables, ainsi que les risques induits par la propagation banalisée des propos haineux en ligne, dont les effets déclencheurs sur des personnes à la santé psychique et mentale altérée peuvent être désastreux (j’en sais quelque chose, compte-tenu de mon expérience professionnelle antérieure…), et cela sans que les gouvernements ne se donnent les moyens malgré les risques évidents de passage à l’acte de faire fermer les sites qui les diffusent,  si orduriers, sans qu’ils ne soient stoppés net comme le sont pourtant les sites islamistes radicaux appelant à la même haine et la même violence,  et la recette de cet amalgame devient explosive à coup sûr.

C’est pourquoi, en raison de tous ces éléments, de toutes ces dimensions du problème du racisme dans notre pays, que je me suis toujours attelé à le documenter, en informant, réfléchissant avec vous  et agissant, avec ou sans vous,  selon mes petits moyens personnels limités, dont ce modeste blog, sur ce point précis de mon combat personnel : la haine en ligne. Car ce ne sont pas que des mots, sur des sites, qui font mal. Ces mots ont pour prolongements possibles des actes, comme on l’a vu avec les multiples affaires de terrorisme d’extrême-droite que j’ai archivés ici, en France et ailleurs. Internet y a une place centrale dans la construction personnelle allant jusqu’à la radicalisation de ses auteurs et dans l’évolution exponentielle de leur haine raciste,  au point de passer à l’acte et de décider d’aller massacrer des musulmans dans une mosquée ou des juifs dans une synagogue, exactement comme l’ont fait des djihadistes radicaux au Bataclan et au stade de France… 

Christchurch n’ est telle pas l’exacte réplique de cette série de secousses sismiques dont l’épicentre idéologique semble bien être situé dans notre pays, avec des Zemmour et des Renaud Camus ?  Une onde de violence terroriste qui risque fort de tous nous submerger si nous ne mettons pas un terme à cette énième guerre de religions internationalisée . On ne peut pas exclure en effet que ce type de haine là, celui que je ne cesse de dénoncer ici, aux mêmes causes (radicalisation sur internet) entraîne les mêmes effets, surtout sur des personnes aux structures psychologiques et personnelles rendues plus vulnérables et perméables à ces messages et propos haineux : des attentats terroristes d’extrême-droite. Donc racistes.

L’attentat de la mosquée de Bayonne n’en est que l’une des prémisses visibles.   Si l’on n’agit pas sur les racines du mal, dont le déluge de merde raciste qui irrigue les canaux d’internet, le pire est à venir.  Et avec tous ces gens, politiques et internautes identitaires, ces Damien Rieu, ces Julien Rochédy et autres Le Lay ou « prince de l’amour » (rire jaune) que je vois souffler sur les braises, de véritables pyromanes à mon sens (qui prétendent pourtant hypocritement lutter contre les terroristes… de l’autre bord), sans que quiconque ou si peu ne s’en émeuvent, y compris lorsqu’ils paradent publiquement dans nos rues, j’avoue n’être pas très rassuré. Qui dans ce pays prend conscience, vraiment, de ce que je suis en train de décrire et de dénoncer ici ? J’en vois bien peu. Ils se comptent probablement sur les doigts de mes seules mains. Et je n’en ai que deux…

Post-scriptum ; je ne suis visiblement pas le seul quidam à être préoccupé par la situation actuelle…

 

 

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(1) je m’inclus personnellement dans cette accusation. Je n’échappe en effet que très, trop partiellement à cette règle, et de manière très insatisfaisante malgré, pourtant, mon endurcissement et ma pratique aguerrie en la matière, hélas. En cas de confrontation immédiate  et souvent très abrupte, très et trop directe, sans préalables socialisants, bien malin qui peut prétendre ne pas être emporté par l’émotion, et l’envie de cogner quand il se sent agressé…

(2) La « haine du juif », cette matrice de tous les complots de la terre…  et qui en porte tous les stigmates répugnants, en vue de détruire si ce n’est physiquement, du moins moralement et mentalement l’adversaire politique qui dérangerait un peu trop ses plans de conquête idéologique, à visée hégémonique, colonialiste, comme on a pu le voir à travers l’épisode visant Benjamin Stora dans Valeurs… tellement inactuelles, passéistes, rétrogrades, immondes.