les mandarins du racisme systémique… L’ « exemple » @FBBlackler

Cette personne est une anthropologue française, chargée de recherche au CNRS en poste au GSRL/EPHE. Ses travaux concernent les marchés des viandes dites « rituelles » (halal et casher) et plus largement le consumérisme religieux. (source)

L’auteure de cette blague raciste immonde se révèle donc être en réalité une chercheuse en sciences sociales. La démonstration que cela ne prémunit pas forcément contre le racisme qui, il est utile de le rappeler en matière de rationalité et de rigueur intellectuelle propre à toute démarche scientifique (dont elle devrait s’inspirer elle aussi, et ailleurs que dans son champ d’études), consiste en l’essentialisation de traits caractéristiques prêtés indistinctement à une catégorie de population en raison de son origine ethnique, (ou ici, en l’espèce, religieuse, qui a remplacé avec le temps le racisme envers les africains du nord et les arabes en général) en vue de lui porter préjudice. N’est-ce pas précisément le cas de son tweet dégueulasse ?

Une républicaine, sans doute… du genre de celui que je viens d’épingler dans mon billet précédent ici, sans doute… Ou plutôt, comme elle est d’un autre calibre en termes de compétences cognitives que celles de ce médiocre élu du même camp politique vallsiste, du genre de tous ces intellectuels morts au champ du déshonneur français en matière de respect de l’être humain et de l’humanisme qui devrait tous nous réunir, mais que je ne cesse pourtant de brocarder ici en raison de leur positionnement raciste ou un peu trop conciliants avec l’extrême-droite, comme les Onfray, les Enthoven, et autres Bouvet and co. Ces sommités qui ont été visiblement un peu trop impactées, jusqu’à perdre toute rectitude morale et intellectuelle, par les attentats, comme je le relevais ici, en le développant davantage… Au point de relayer les pires poncifs du racisme anti-musulman, et de voir en chacun d’eux un terroriste potentiel, et prêtant à cette religion tous les défauts, exemptant les autres de leurs mêmes atteintes à la laïcité, comme on le voit un peu trop souvent pour le catholicisme sur nos différents terrains de luttes, que ce soit à propos de sexualité, d’avortement, de droits des femmes, ou de droit à l’euthanasie. Un deux poids, deux mesures permanent, insupportable pour l’athée comme pour l’antiraciste et antifasciste que je suis. On ne voit guère les mêmes « républicains » attachés à la laïcité (qu’il parait) s’indigner en égale proportion pour la vente d’un hijab à Decathlon que pour le port d’une croix à la télévision publique, comme c’est le cas d’une certaine élue de droite… quand ce n’est pas carrément des prières de rue. Là, les indignés de service ne trouvent rien à y redire…

Le cas de cette scientifique là est bien plus grave que je ne le pensais de prime abord, sans la connaitre, croyant à une blague raciste qui lui aurait éventuellement échappé, un accident… Que nenni : son obsession personnelle va bien plus loin, et se veut conscientisée, par l’objet même de ses études universitaires peut-être, qui lui donnerait un avis supérieur sur la question dont il s’agit ici. Démonstration :

Pour appuyer ce qui se veut discours politique (un champ sur lequel rappelons le utilement (1) sa discipline d’origine n’a plus de prise, et où elle n’a pas plus de crédibilité que moi, simple quidam), elle s’appuie donc sur un article de Marianne, dont on connait bien ici les Unes racistes et obsessionnelles tapageuses, destinées à racoler le client d’emblée acquis à ce genre de thèses et, sinon de haine, du moins d’inimitiés patentes envers une certaine catégorie de population qui, c’est un hasard, porte plus qu’une autre voile et djellaba. ça commence bien. Et qui attaque-t-on ? Les décoloniaux. Qui seraient donc tous des terroristes islamistes potentiels, ou en tous cas si l’on veut moins verser dans l’absolutisme, des soutiens plus ou moins conscients des terroristes djihadistes radicaux. Un peu trop fort de café pour mon goût. Mention peut mieux faire.

Je vais aggraver mon cas. En plus d’être athée, donc peu suspect de complaisance envers quelque religion que ce soit, l’islam pas plus ni moins que toute autre, je suis moi-même descendant de colonisateurs, puisque d’origine « pied noir ». Cela veut dire que mes ancêtres (espagnols en l’occurrence, émigrés en France) sont allés travailler en Algérie à la solde de patrons français pour soumettre tout un territoire à leurs intérêts, au détriment de ceux que les exploiteurs blancs qualifiaient alors d’indigénat. La réalité de cette exploitation est une évidence, là comme ailleurs. On n’y allait pas pour y faire de la philanthropie et du développement durable, à ce que je sache. Faut pas pousser mémé dans les orties de la rhétorique droitière/libérale/capitaliste, toutes prédatrices. Ceux qui choisissent de nier ou de contester les bases des thèses qui tendent à remettre en cause les bases de la richesse produite par ce pays, la France, et que ce camp politique étriqué là ose qualifier d’indigéniste (un racisme, jusque dans appellation, malgré l’origine de son sens), sans rendre à ceux qui l’ont produite leurs propres fruits, et pire, en les méprisant et les accablant de leur mépris, et de leur suspicion généralisée, en les parquant dans des grands ensembles inhumains, ce seraient donc eux, les bêtes à abattre, dans le conflit social qui est en train de se jouer actuellement, depuis quelques années ? Je te pensais plus intelligente, Madame l’anthropologue…. Pourtant, cela ne s’est guère démontré, dans les faits comme dans tes propos et tes prises de position qui caractérisent assez à mon sens le camp que tu as choisi. Il se trouve que ce n’est pas le mien.

Encore une victime collatérale des attentats djihadistes radicaux qui a été impactée par leurs effets indéniables : ceux qui nous démontrent qu’une part non négligeable des intellectuels de ce pays, et surtout parmi les plus médiatisés, ont perdu tout sens de la nuance, de la mesure, et de la rationalité scientifique qui devrait pourtant les caractériser en regard de leur discipline d’origine. Piégés par le côté émotionnel des attentats, au détriment du développement de leur sens critique, ils rendent toute une population responsable de tous les maux de notre société, dont le modèle libéral carnassier est pourtant à l’agonie (et ce n’est pas la faute des musulmans, à ce que je sache). S’il était réellement requis, leur raison leur démontrerait en effet très factuellement que les djihadistes ont tout intérêt à développer une amorce de guerre civile dans les pays occidentaux pour que les musulmans, victimes de racisme généralisé, en partent et viennent se réfugier en masse dans leur pays fondamentaliste et rigoriste imaginaire, qui s’opposerait selon eux à l’occident décadent, aux mœurs dissolues.

Pour une anthropologue, considérer que tous les musulmans de ce pays qui ont tenu à protester dimanche contre la haine, le mépris et les discriminations qui les accable réellement, dans un élan de racisme national inégalé (qui a ouvert les vannes de cette turbine à lisier insupportable ?), sont des salafistes et ceux qui les soutiennent comme moi ou d’autres, des « collabos » du djihadisme radical, voilà qui franchement fait tache et ne saurait résister bien longtemps à une analyse rationnelle. C’est une évidence indiscutable à mes yeux comme à mon intellect que les musulmans qu’on accable en ce moment de tous les maux sont des boucs émissaires aussi indéniables qu’un peu trop faciles justement en raison des attentats. Et j’attends de nos intellectuel(le)s qu’ils élèvent le débat, plutôt que de l’abaisser à ce niveau de médiocrité puérile, comme cette Madame Bergeaud-Blackler que j’ai l’heur de ne pas connaitre vient de le faire. Affligeant, vraiment.

Ce pays et sa population mérite des intellectuels d’un peu plus haute volée et plus inspirants. Car ce genre de réacs là, et notamment ceux du Printemps Républicain, on n’en a franchement pas besoin. Des supplétifs de la fachosphère, qui exulte en les regardant, juste. Voilà. J’ai dit. Et écrit… next.

(1) je le rappelle en effet et souligne au marqueur fluo, en vertu de la toute puissance en laquelle certains universitaires ont la fâcheuse habitude de se placer. je sais de quoi je parle… #mandarinat