Quand l’impact des attentats djihadistes radicaux ôte tout discernement… #Islamophobie

je suis en train de prendre conscience depuis quelque temps d’un oubli préjudiciable à la clarté de mon travail ici. Voilà en l’espèce des prolégomènes qu’il me semble nécessaire d’exposer à présent, tant ils fondent en trame de fond l’orientation de mes écrits sur ce blog.

J’ai vraiment le fort sentiment, qui mériterait d’être validé par des études scientifiques solides sur le sujet (une question de santé publique à mon sens) qu’un grand nombre de personnalités publiques, politiques, médiatiques, intellectuelles (dont d’éminents philosophes, une matière dont j’ai une conception un peu plus noble que leurs actuels agissements douteux…), et même artistiques (au sens large et non puriste du terme), dont plusieurs têtes de gondoles ont été brocardées ici pour leurs propos d’essence raciste, xénophobes et islamophobes, ont été fortement impactées par les nombreux attentats terroristes des djihadistes radicaux.

Je précise ici, surtout pour moi-même, qu’il est impropre de dénommer ces opérations terroristes islamiques (ou même islamistes, n’en déplaisent aux « experts ») sans contribuer à installer durablement un amalgame aussi honteux qu’inadmissible si l’on se préoccupe un tantinet de ce qui est préjudiciable ou non à la coexistence pacifique des uns et des autres dans ce pays, comme dans d’autres.

Je trouve d’ailleurs fort regrettable, et pour tout dire particulièrement préoccupant, qu’on assiste en ce moment à une véritable ambiance de guerre civile sur le sujet, compte-tenu du si peu de retenue, de réflexion, et de mise à distance d’avec le sujet des uns.e.s et des autres… Un véritable climat d’hystérie collective semble s’être emparé de ce pays, et je ne suis pas le seul à le dire, et l’écrire.

Les principales autorités religieuses de l’Islam à travers le monde n’ont elles pourtant pas condamné sans la moindre ambiguïté les mouvements extrémistes qui pratiquaient ces odieux crimes contre l’humanité ? Et les victimes de ces terroristes djihadistes radicaux ne sont-elles pas en majorité des musulmans ?

Cette longue entrée en matière me semble éminemment nécessaire dans un contexte actuel où l’on va, dans ce pays où j’ai la tristesse d’habiter, jusqu’à trouver des circonstances atténuantes à ceux qui leur répondent en miroir. Ce terrorisme d’extrême-droite, que j’ai choisi sciemment et depuis des années de documenter ici jour après jour n’a-t-il pas pour origine non seulement la volonté de certains de combattre ce fléau international qu’est ce terrorisme qui utilise la religion comme déclencheur, mais aussi ce qui le fonde, le nourrit, et le renforce : ceux qui arment idéologiquement le bras de ces terroristes là, l’insupportable et inadmissible travail de sape antidémocratique mené depuis trop longtemps par des acteurs peu scrupuleux de ce que je nomme chez moi l’industrie des petits producteurs de haine , et ses multiples relais et sites miroirs sur internet, et les réseaux (a) sociaux, véritable machine à fabriquer des haters susceptibles de passage à l’acte ?

Le fait est que l’auteur de l’attentat de Bayonne (et je crains fort que ce ne soit ni le premier ni le dernier…), Claude Sinké (que l’on a pu voir aux côtés de la patronne du RN soit dit en passant) s’est basé pour assoir ses motivations à brûler une mosquée sur des « informations » erronées, des fakenews, (cette  » entreprise de désinformation volontaire dans l’intention de nuire« ), des idées complotistes massivement véhiculées par la fachosphère il est utile de le rappeler. Laquelle se défausse à bon compte de ses « propres »responsabilités, évacuant d’un revers de manche ce qu’ils préfèrent voir comme l’œuvre d’un « déséquilibré, alors qu’ils n’avaient pas de mots assez durs quand cette dénomination étaient employée pour leurs ennemis… La fachosphère est pourtant une source particulièrement problématique, discutable et sujette à caution, non seulement morale mais également rationnelle et sociale (d’où mon entêtement à les dénoncer ici) à laquelle s’abreuvent pourtant, un peu trop exclusivement à mon sens hélas, certaines têtes brûlées, par méfiance envers les médias officiels (qui ont d’ailleurs leurs propres responsabilités en la matière. A force de se faire un peu trop visiblement les instruments serviles de la propagande du gouvernement qui va jusqu’à nier la réalité… Alors que par ailleurs, on fait mine de s’interroger sur l’état de notre système d’information libre et non faussé… (humour noir).

Pourtant, malgré tout cela, voilà le genre de réponse qui suit face à ce phénomène tout aussi préoccupant que le terrorisme de Daesh, visible à présent dans notre paysage médiatique.. Les attentats djihadistes ont fait vriller bien des cerveaux… Et certains semblent n’avoir plus ni boussole ni retenue. La souffrance et la peur seules l’expliqueraient-elles ? Je peux respecter cette douleur, celle du rédacteur en chef de Charlie Hebdo en l’occurrence. Mais je ne peux pas me taire, et elle ne saurait tout justifier…

Mettons en parallèle deux illustrations convergentes qui confirment mon propos :

Le fait de propulser un tel élément de langage de l’extrême-droite, digne seulement d’un vulgaire troll de bas étage de la fachosphère, comme j’en croise de nombreux sur twitter et ailleurs qui pourraient reprendre ce propos mot pour mot, dénué qui plus est de toute trace d’humour visible, palpable et mesurable pour le commun des mortels, et notamment pour les plus vulnérables d’entre nous, est-ce contribuer à la paix civile ? Ou jeter de l’huile sur un feu qui n’en a pas franchement besoin, vu le contexte actuel, en reprenant je le répète les mots des fachos de ce pays ? S’il y a là de l’humour ou de l’ironie, je ne les perçois pas clairement. Serai-je moi aussi mal comprenant ? Suspect de connivence avec les assassins de Charlie Hebdo ?

Autre pièce à verser au dossier de ce que je veux commenter ici, indéniablement la trace des attentats de ceux qui prétendent agir au nom d’une religion…

« collabos » ? Pourquoi pas islamo-gauchistes ou féminazies tant qu’on y est ? Les signes de pénétration d’une certaine idéologie bien contemporaine qui utilise le passé pour le plaquer sans discernement sur le présent commencent à se répéter sérieusement, et un peu trop souvent, dans certains milieux… Le rédacteur en chef de Charlie veut peut-être parler de cet appel ? Initié par Madjid Messaoudene (élu de Saint-Denis), le CCIF, Le NPA, le Comité Adama, l’Union communiste libertaire (UCL, fusion récente d’Alternative Libertaire dont je fus membre et de la CGA), L’Unef et Taha Bouhafs (journaliste indépendant).

Il est nécessaire de noter que d’autres ne l’ont pas attendu, cet appel médiatisé signé par plus d’une cinquantaine de personnalités , pour manifester publiquement leur opposition au racisme ambiant envers une certaine communauté. Partout en France, suite à l’attentat de Bayonne, des manifestations ont eu lieu, comme ici à Belfort. D’autres sont déjà programmées en Province conjointement. J’en suis le premier ravi, malgré certaines réserves que je préfère mettre de côté temporairement quand à la présence de certains, aux positionnements par ailleurs discutables… Mais globalement, voilà enfin une opposition visible médiatiquement, face à la toute puissance de l’extrême-droite, adoubée par le chef de l’état en personne qui s’est compromis en renforçant la crédibilité d’un torchon raciste… Cette confusion en vertu d’une stratégie électorale personnelle alambiquée est on ne peut plus critiquable et risque fort de produire des fruits bien empoisonnés, en 2022…

Pour en revenir aux propos de Riss, vu ce qu’il a vécu si directement, qui serai-je pour le juger ? Mais je ne peux que m’opposer à cet amalgame si courant, que seules la souffrance, la peur, et/ou l’ignorance peuvent justifier. Notre devoir collectif n’est-il pas de contribuer à un monde meilleur ? je ne suis pas certain que contribuer à la haine de l’autre, fut-il musulman, pour l’athée que je suis, en suspectant chacun(e) d’être un(e) terroriste, soit la meilleure des solutions…

S’il n’y a pas de camp du bien, le camp du Mal, lui un peu plus certain quand on voit ce que l’on voit, doit se frotter les mains, devant pareil spectacle affligeant, tel que celui auquel on peut assister aujourd’hui dans notre pays si terriblement troublé…

Un peu plus d’amour et de bisous, ça ferait du bien, non, plutôt que ces guerres et querelles incessantes qui se multiplient dangereusement, aux conséquences néfastes et tragiques que l’on sait…

(merci à la ligue du zbeul pour votre influence certaine sur ma santé mentale… La lutte contre la bête immonde, ça nécessite parfois des traitements préventifs… 😉 ).