Tout comme Le Pen, les « valeurs » inactuelles d’Emmanuel Macron en font notre ennemi #racisme #antifascisme

Macron a donc choisi d’accorder une interview exclusive à un torchon (1) d’extrême-droite, à l’éthique plus que discutable, et condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine raciale et religieuse.

Rien que ce choix là n’est pas neutre, car c’est précisément l’un de ces vecteurs de haine islamophobe qui contribuent si fortement à ce que notre pays soit devenu l’épicentre du terrorisme identitaire. Les mots tuent, et notre industrie nationale, si terriblement prospère en matière de petits producteurs de haine raciste, ne cesse jour après jour d‘armer le bras des assassins. On ne peut donc lui confier sa voix sur des sujets aussi sensibles actuellement que l’immigration ou la laïcité sans quelque duplicité d’emblée, sachant combien le support choisi est si terriblement biaisé. Serait-il venu à l’esprit d’un de Gaulle de s’exprimer dans Minute ?

Valeurs (in)actuelles est à mon sens (le mien seul ?) l’un des pivots les plus fervents et visibles de l’écosystème raciste français. Quel que soit son propos, et quand bien même il serait sensé s’opposer au contenu habituel de ce nid bien ordurier (contrairement aux propos de Macron lui-même qui le qualifie de « très bon journal« ), on ne peut donc pas collaborer à ce qu’il ait davantage de notoriété et de visibilité médiatique sans se compromettre gravement aux yeux de l’antiraciste et l’antifasciste que je suis.

Mais de cela, vu son positionnement passé sur des sujets comme le racisme, la xénophobie et son pendant qu’est le choix de la préférence nationale (on notera sur ce point qu’il n’aura pas eu besoin que le Fn/Rn soit au pouvoir pour l’instituer…), l’immigration, la laïcité (dont la défense est à géométrie si variable chez lui, selon que l’on soit musulman ou catholique... et même athée), Macron n’en a cure. Tout ce qui l’intéresse, c’est de gagner la bataille électorale, quel qu’en soit le prix. Et en choisissant Valeurs actuelles, il ne reconnait donc qu’un seul adversaire digne de lui, en prévision de la prochaine échéance : l’extrême-droite, avec laquelle il rivalise, en s’adressant directement à son électorat, à travers ce journal à l’exacte convergence des droites dures, de LR au RN en passant par ses satellites

Mais comment l’en blâmer à présent, puisque d’autres, comme Corbière, soi disant de gauche, à la sauce si terriblement confusionniste des « insoumis » (dont certaines de ses troupes, localement, prétendent lutter contre les fachos… ) a bien choisi lui aussi de s’y commettre….

Voilà bien là, à mon sens, l’un des principaux dangers : faire de cet organe de mauvaise presse là un journal de référence, le crédibiliser davantage, quand tout devrait contribuer à le destituer du piédestal sur lequel le propulse ce si mauvais chef d’état là, qui contribue encore et encore à renforcer le camp de la guerre civile. Car les mots ont un sens. Et ceux de Macron sont d’autant plus lourds qu’ils sont empruntés au vocabulaire de nos ennemis :

  • association «droits-de-l’hommistes main sur le cœur» d’aides aux réfugiés
  • «tiers-mondisme non-aligné aux relents marxistes»

Plus loin, la position, extrêmement droitière pour quelqu’un qui tente de se positionner en grand humaniste au dessus de la mêlée politique (ni droite ni gauche, vraiment ?), est assumée :

Reprenant également l’idée répandue par l’extrême droite que les immigrés viendraient en France pour profiter du système social français, il affirme : «Notre système est plus généreux. Ça ne va pas. Je vais dire qu’on n’est plus solidaires de cette manière.» Et Macron de critiquer les bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME) venus en France avec un visa touristique et de défendre la mise en place d’un «délai de carence» pour les demandeurs d’asile qui bénéficient de la «prestation universelle maladie», «beaucoup plus généreuse que l’AME».

(source)

Voilà donc là des propos, des positions et une compromission intolérables qui le placent délibérément dans le camp de nos ennemis idéologiques. A combattre absolument. De quoi justifier encore plus si besoin en était notre slogan d’alors, au moment des présidentielles… duquel certaines âmes bien nées trouvaient à y redire en poussant le toupet de surcroit jusqu’à nous donner des leçons d’antifascisme… en présentant Macron comme le camp du bien. Comme nous avions alors terriblement raison…

Post-scriptum : j’apprends que certains de ses collaborateurs, dont Joseph Zimet, auraient menacé de démissionner. Il y a franchement de quoi… (1) Il est d’ailleurs regrettable que le choix du papier – glacé – ne permette même pas de se torcher avec…