la mue de l’ex #BastionSocial en Vent d’Est et Audace, une reconstitution de ligue dissoute qui ne dit pas son nom

Dans la série « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme« …

Je ne connaissais pas ce compte là avant qu’il ne nous gratifie d’un petit thread sur twitter ma foi fort instructif et bienvenu, qui vient confirmer ce que nous redoutions déjà : à savoir, que la dissolution du Bastion dit « social » (qui n’est lui-même qu’une résurgence du Gud de triste mémoire, dépositaire et immonde continuateur de ses violences légendaires, de ces tabassages racistes tristement habituels...) n’allait pas effacer comme par enchantement les militants de cette engeance là sous le coup de la baguette magique du si peu enchanteur Castaner.

La publication de Sébastien sur twitter nous rappelle, pour mémoire, que le Bastion Social (qui n’avait vraiment de social que le nom, ) avait pour origine le squat à visée soi-disant humanitaire (belle escroquerie morale en vérité, au vu de ce qui a été découvert lorsqu’ils en sont partis) d’un bâtiment de la ville de Lyon, dont ils avaient été délogés 3 semaines plus tard par les forces de l’ordre, comme j’en avais rendu compte ici à l’époque, en 2017.

Par la suite, ils avaient tenté de mailler tout le territoire français avec leurs verrues fascistes en une incroyable prolifération à Lyon (dans un autre local), Angers, Marseille (où là encore, le Bastion faisait du « social » à coups de savates...), Aix en Provence, Chambéry, Clermont-Ferrand, Strasbourg, où leur prétendue  » action sociale » s’est révélée constituer là encore une véritable escroquerie) et la tentative avortée d’Entzeim.

implantation et appellation locale des principaux « bastion social ».

Mais en effet, comme le stipule Sébastien sur twitter, cet article de médiapart à l’appui, il semblerait que la dissolution du Bastion Social ait plus à voir avec leur infiltration des Gilets Jaunes, ce qui rendait ce mouvement encore plus dangereux, qu’en raison de leurs exactions habituelles, violences et racisme à gogo, partout où ils étaient implantés… avec une étonnante indulgence des pouvoirs publics. Leur chef, Steven Bissuel, a pourtant été condamné pour antisémitisme

Tout ce lourd pedigree, de même que les multiples condamnations judiciaires de la plupart de leurs membres, généralement pour des affaires de droit commun, en plus de leurs habituelles violences et propos publics racistes, n’avait pourtant pas dissuadé des cadres du FN/RN de les soutenir publiquement, comme cela peut être démontré ici.

Aussi, vous n’imaginez pas ma joie de découvrir grâce aux informations de Sébastien qu’on peut assister en direct, sans grande attention visiblement des pouvoirs publics, de la presse ou des « autorités compétentes », à ce qui pourrait bien constituer un délit de reconstitution de ligue dissoute, sanctions judiciaires à la clé. Alors, bingo, si j’peux aider à quelque chose, faisant mon devoir civique… (;) moi le dangereux collabo islamo-gauchisse délateur… Vous me connaissez !

On apprend donc que les mêmes tentent de relooker leur ligue dissoute sous de nouveaux habits de lumière… qui n’abusent guère. (Pour le collectif dénommé Audace, grâce à La Horde, on savait déjà…

Sébastien nous apprend que les pages Instagram qu’utilisent les deux organisations ci-dessus sont en fait exactement les mêmes que celles des anciennes sections locales du Bastion Social.

 » Moins de 24h après sa première et unique publication, le groupe Vent d’Est comptabilise ainsi 805 abonnés sur Instagram ».

source

On pourrait suspecter un gonflage de compte à l’hélium, comme cela est habituel sur les réseaux sociaux, où il est possible de s’acheter des abonnés, quand on connait les méthodes pour cela. Mais non, il s’agit de véritables comptes, puisque notre twittos a vérifié : Les références d’extrême-droite sont nombreuses: croix celtiques, fleurs de lys, 88 (pour « Heil Hitler ») etc.

Toujours sur la base de l’observation de son compte Instagram, Sébastien découvre que le compte utilisé par Vent d’Est n’est pas nouveau et qu’il existait auparavant sous le nom d’utilisateur « pksy_33 », comptabilisant alors 799 abonnés de la même veine sans la moindre publication.

Puisqu’il s’agit donc bel et bien du même compte, on peut supposer que suite à la dissolution du BS (cf. Bastion Social), toutes les publications du groupe ont été supprimées et le nom d’utilisateur modifié. Mis en sommeil sous le pseudo « pksy_33 », le compte n’a pas pour autant été supprimé.Sa réactivation sous le nom de Vent d’Est laisse peu de doutes quant à l’identité des militant de ce groupe.

En utilisant la même technique, Sébastien s’est rendu compte que le groupuscule fasciste dénommé Audace avait employé exactement le même subterfuge, rendu possible par le fait qu’Instagram permet de changer le nom d’un compte instantanément…

Le fait que la même personne (et si ce n’est lui, c’est donc son frère…. ,) puisse se prêter à la réactivation de comptes sur des réseaux sociaux du Bastion Social même – et donc de moyens de communication d’une structure officiellement dissoute – pose en effet ce me semble la question de la reconstitution de ligue dissoute. Mais la présence sur les réseaux sociaux suffira-t-elle pour déjà qualifier ledit délit ? Allo, un.e juriste dans la pièce ?

En attendant, voilà qui démontre que la vigilance sur les réseaux sociaux est tout à fait complémentaire de l’action de terrain, en parallèle. Car si cela commence sur le net, il y a fort à parier que l’action desdits bas du front racistes et violents ne s’y cantonne pas bien longtemps.

A suivre donc. En attendant, merci à toi, Sébastien, pour ton excellent travail. Et…. oui ! No pasaran !