Business de la haine : avec Zemmour, show must go one ! #LCI #CNews

Trombinoscope des invités à la petite sauterie raciste de Marion Maréchal Le Pen et l’Incorrect (source)

Au début, je ne voulais pas entretenir davantage la mousse médiatique autour de ce raout de fachos (1), qui s’en est donné à cœur joie, ce dimanche, totalement en roue libre, aux côtés de la petite nièce Le Pen, à si forte valeur toxique ajoutée, sur le plan sociétal… Le simple fait qu’il puisse exister, et constituer un événement médiatique d’une telle importance, qui a pu se répandre à ce point dans toutes les rédactions, est déjà un problème majeur en soi, et à mes yeux une honte absolue. On voudrait en faire une base pour un appel à une nouvelle Nuit de cristal, envers les musulmans cette fois, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Cette convention hypocritement appelée « des droites », alors qu’elle est un concentré de tout ce que l’extrême-droite compte dans notre pays de personnalités moisies de premier plan, comme le démontre la galerie de portraits en tête de ce billet, constitue à mon sens l’une des illustrations majeures et concrètes de cette banalisation du mal qui a constitué en son temps le substrat de consentement au nazisme qui a précédé l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Je veux parler de cette zone grise que si peu ont détaillée aussi bien que Klemperer, notamment au travers de la colonisation de la langue allemande par la nov langue nazie. Comme il serait utile d’ailleurs de procéder à la même observation, la même compilation rigoureuse, à propos de l’envahissement de notre langue par le vocabulaire identitaire… Il conviendrait de commencer par le Grece et son travail méthodique de destruction du sens de certains mots, en passant par l’emploi par la fachosphère de (même pas) doux euphémismes pour enrober certains mots qui risqueraient de passer sous le couperet de la loi, jusqu’au discours complotiste (qui va si bien avec le fascisme) sur le « grand remplacement« , qui a déjà gagné tant de masses vulnérables… avec les monstrueux résultats que l’on sait.

Mais puisque cela gêne si peu de monde, hormis la poignée d’antifas dont je me flatte d’être (alors qu’ils sont si régulièrement vilipendés par tant et tant, qui ne savent pour la plupart pas de quoi ni de qui ils parlent…) et ne contrarie pas du tout, bien au contraire, les intérêts économiques et médiatiques dominants, de plus en plus étroitement entremêlés, qui permettent de produire un Zemmour, qu’est-ce qu’un quidam comme moi peut vraiment faire contre ? Je peux bien consigner jour après jour les faits et gestes de la faune raciste, sexiste, homophobe et xénophobe qui s’accumulent sur les pages de ce blog, cela n’y changera rien. Et c’est bien là le problème : les faits et les propos qui caractérisent factuellement la haine raciste, dans ce pays, sont connus, ou peuvent l’être de tous, à l’heure d’Internet. Alors, pourquoi rien ne change ? Pourquoi chaque jour semble pire que la veille, sur ce terrain de lutte là ? Tout simplement parce que, je pense, beaucoup ignorent la nature du mal, et dans quelles zones grises il se développe, à l’abri des regards indiscrets… Il n’est pas seulement politique, idéologique, comme je le pensais de prime abord, lorsque je me suis engagé dans l’antifascisme, et que je pensais naïvement qu’affuter encore et encore mes arguments était un outil efficace contre le racisme, que je pensais n’être que le produit de l’ignorance. A l’époque, je m’appelais Gauche de Combat, et ce combat était éminemment politique. Mais aujourd’hui, ma réflexion a grandit, s’est étoffée, intensifiée. Et comme dit l’autre 😉  » c’est tout un écosystème« , la fachosphère et ce qui permet actuellement, structurellement, de produire, de diffuser et d’ entretenir des idées racistes et xénophobes, islamophobes… dont Zemmour est l’un des prête-noms.

J’en veux pour preuve, à l’appui de ma petite théorie personnelle d’une industrie de petits producteurs de haine, cette histoire de diffusion de l’intégralité du discours de Zemmour par LCI, malgré son caractère éminemment condamnable. Une simple « erreur de format », vraiment ? Comme il faut se cacher là derrière son petit doigt…

Si l’on perçoit cela comme une simple erreur de jugement, comme il est de l’intérêt personnel de nous le faire croire par certains, et/ou que l’on reste sur le registre purement moral, éthique, je pense qu’on est complètement à côté de la plaque. Car c’est faire fi des intérêts économiques qui sont en jeu, autour de Zemmour. Ce « Rentier de la polémique », comme l’a qualifié à juste titre la SDJ du Figaro, est un pilier d’une industrie florissante, et ses acteurs ont bien compris tout le profit qu’ils pouvaient en tirer, raison de son succès, et du fait que malgré son ignominie, il puisse perdurer en dépit des condamnations successives, dont le montant ridicule des amendes infligées ne risque pas de le stopper, au vu de l’étendue de sa fortune personnelle à laquelle, étrangement personne ne semble s’intéresser, et pourtant..

Posez vous la question, comme je me la pose depuis longtemps, à présent : comment Zemmour est-il possible ? Pourquoi, à peine condamné, peut-on envisager de lui confier une émission sur CNews ? Pour l’audimat. Et l’audimat, c’est de l’argent. Appâté par l’idée que sa venue puisse enflammer le téléspectateur, sans aucune considération autre que purement financière, faisant abstraction de toute considération éthique, les responsables de la chaîne se frottent déjà les mains, comme avant eux Ruquier et France 2, Le Figaro, Paris première, etc. Tous ceux qui ont contribué au succès de ce clone de Drumont (dont le parallèle établi par Noiriel est si éclairant), sont à mes yeux coupables de complicité avec l’ennemi. Et LCI n’échappe pas à la règle. Comme la société des journalistes du Figaro, qui se réveille mais un peu (trop) tard, alors qu’ils accueillent toujours aussi volontiers un Rioufol qui partage les mêmes idées racistes, la chaîne entend bien faire son beurre avec cet agitateur des bas instincts de la France rance, qui mériterait mieux que cette haine recuite qui ne demande, grâce à leurs bons soins, qu’une étincelle pour s’enflammer, comme au temps des pogroms, que ces gens là regrettent peut-être, en remplaçant simplement les juifs par les arabes… et pourquoi pas les deux, tant qu’on y est ?.

Nous étions nombreux à redouter cette époque. Aujourd’hui, elle est là, devant notre porte sur notre palier, et jusque dans notre salon. Alors, on fait quoi ? On continue de psalmodier que le racisme est un délit en suçotant notre sirop de menthe tout en nous contentant de mesurer l’ampleur du désastre ou bien ?

L’heure est venue de choisir son camp. Et je n’aurai plus guère de patience, vu l’urgence de ce combat, envers les habituels relativistes qui justifient les zones grises. J’ai dit.

Post-scriptum : grosse fatigue… En voilà un qui visiblement l’a choisi, son camp…La chute dans l’abîme devient vertigineuse, pour ce pseudo philosophe

Et ce n’est pas fini… Un festival, vous dis-je. Ah, il est beau, votre beau barrage « républicain »… Explosé façon puzzle :

En attendant, le parquet de Paris a ouvert une enquête sur les propos du polémiste raciste pour injures publiques et provocation à la discrimination. Cela ne sera que l’antépénultième fois…

(1) Ils étaient 750 selon la police de la pensée, mais 2000 selon les organisateurs, peu contredits par les médias mainstream…