N’y a-t-il donc plus aucune digue qui vaille contre la #fachosphere ? (la mer… de monte, suite mais pas fin)

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Les tenants absolutistes de la liberté d’expression, pour qui toute opinion peut être exprimée sans qu’il ne soit aussi nécessaire que pour un antifa de la contrarier, voir de s’y opposer frontalement, ne verront probablement pas où est le problème… et nous traiteront d’imbéciles, comme à leur aimable ordinaire. Peut me chaud. Ils se couvrent régulièrement de ridicule, en faisant le contraire de ce qu’ils prônent, et en s’illustrant plus souvent qu’à leur tour par ce qu’ils nous reprochent, exactement, comme le démontre assez l’illustration de ce billet. (non, je ne l’ai jamais insulté, juste ironisé sur sa qualité de philosophe, ce qu’il ne m’a pas encore clairement démontré, comme on va le constater ci-après).

Pourtant, loin de l’accusation d’ostracisme et de sectarisme habituelle à laquelle nous sommes régulièrement confrontés, il arrive un moment où le fait de laisser se confondre toutes les paroles dans un même espace finit par laisser penser que toutes se valent, en les mettant ainsi au même niveau les unes que les autres. Surtout quand l’appareil médiatique utilisé tend à renforcer significativement cette perception, ainsi que de nombreuses émissions dites politiques ou, pire de variété dans lesquelles s’immiscent une tranche politique, à des heures de grande écoute qui plus est, nous en ont fait la démonstration. Et puis, pour tout dire, lorsqu’un démocrate, un humaniste, un défenseur des droits humains débat avec un fasciste, un raciste ou un homophobe, même lorsqu’il s’y oppose avec des arguments valables, sensés, appuyés, judicieux, de qualité, (ça c’est dans le meilleur des cas…), il fait l’honneur à ce genre d’individu de s’exposer publiquement avec lui et de lui parler. Et cela, c’est banaliser et crédibiliser la parole de l’adversaire, en lui accordant une valeur, puisqu’il lui répond, et en lui permettant en outre de trouver opportunément un canal d’expression qu’il n’aurait pas forcément eu, ou qui n’aurait pas eu le même retentissement, le même impact pour le grand public, sans sa caution « morale.. ». D’où notre mot d’ordre antifasciste habituel : « on ne discute pas avec le fascisme, on le combat« . Ce n’est pas seulement une éventuelle démonstration de notre prétendue fermeture d’esprit, comme se plaisent à le répandre des gens dont cette thèse facile mais qui ne résiste pas longtemps à l’analyse critique favorise les médiocres petits intérêts politiques, stratégiques, financiers, personnels… C’est également et bien plutôt le fruit d’une longue expérience, dont découle ce principe de réalité. On pourrait en outre compléter le tableau argumentaire sur le sujet en soulignant le fait qu’ intrinsèquement, quand deux interlocuteurs débattent, lorsque l’un des deux pense que l’autre lui est inférieur non pas en raison de la faiblesse de ses arguments, mais par sa simple appartenance réelle ou supposée à telle ou telle ethnie ou religion, ou de sa préférence sexuelle, les bases de l’égalité du débat sont forcément de facto faussées, sans que l’interlocuteur en question, déjà placé dans un statut d’infériorité, ne puisse s’en défendre. Pour qu’un débat soit digne d’attention, ne nécessite-t-il pas un minimum d’égalité ? C’est mon avis et je le partage…

Pourtant, malgré ce qui me semble représenter une succession d’évidences, un phénomène de nature particulièrement confusionniste, dangereux pour notre démocratie, ou plutôt pour ce qu’il en reste, est en train de dévaster en ce moment le champ politique. Les « insoumis » y ont une grande part, en minimisant par exemple l’impact de l’invitation sur leur média de personnalités problématiques, confusionnistes, complotistes, voire carrément racistes et antisémites. Ils ont également entretenu fortement ce danger anti-démocratique en permettant à certains de leurs cadres de plastronner sur des médias ouvertement racistes et des sites d’extrême-droite sans honte, voire en s’en vantant, ce que tout antifasciste convaincu ne saurait leur pardonner. On ne dîne pas avec le diable, même avec une longue cuiller. Et encore moins pour se voir payé en poignée de lentilles, comme cela fut leur seul résultat électoral notable, en se commettant par exemple avec des personnalités compromettantes du mouvement des gilets jaunes, dont il est de notoriété publique qu’ils ont tenu des propos complotistes, racistes, et favorables à l’extrême-droite, ce qui nous est proprement insupportable comme compromission avec l’ennemi.

Mais même quand il ne s’agit pas de ce côté là de l’échiquier politique, cette confusion, cette compromission avec l’ennemi raciste, fasciste, est inadmissible. Car je peux concevoir malgré mon appartenance politique avérée que tout le monde ne soit pas de gauche, voire même qu’il puisse exister une droite dite « sociale ». En tous cas, davantage qu’aujourd’hui, elle a autrefois existé et a tenu une place comme un droit de parole qu’elle n’a plus guère à présent, où c’est la plus grande gueule, la plus vulgaire et la plus outrancière, la plus démagogique qui gagne, au détriment du mieux disant social, comme le sarkozysme, cette droite dure et xénophobe, affairiste, nous l’a si amplement démontré. Et si tant est que cela soit possible, le clan Wauquiez et son OPA sur la droite a fait encore pire, alors qu’on pensait pourtant, souvenez vous, que cela ne pouvait pas l’être…

Et voilà à présent, pour couronner le tout, et mettre sur ce phénomène fortement toxique que j’entends dénoncer avec la plus grande fermeté comme avec la plus nécessaire virulence aujourd’hui (vu que tout le monde semble s’en fiche, anesthésié par un déluge de n’importe nawak sur le plan politique) que des personnalités médiatiques qui se piquent de philosophie mais n’en montre guère si ce n’est sur le plan des sophismes twittoresques, se plaisent à participer à des conférences que notre éthique réprouve, avec de patentés fascistes, et même pour tout dire un concentré du gratin brun de ce pays… :

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Mais le soi-disant intellectuel, coiffé en effet aux côtés d’autres du label d’infâmie, n’en est pas à une compromission près, lui qui ne répugne pas à prêter également la dispute à un relais de l’extrême-droite pour qui la démonstration de la Shoah n’est pas assez probante à son goût…. Ils osent tout. Et c’est bien là le problème. Leur connerie manifeste est en train de nous enfoncer dans la fange brune jusqu’au coude… Et aucun lendemain ne semble arrêter la compromission précédente. Faut que ça cesse : la marée monte. Besoin d’une digue un peu plus haute. Nous en sommes à l’étiage de la lutte contre le fascisme, en ce moment…