On ne discute pas avec le fascisme : on le combat !

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Assez régulièrement, je vois ici et là, plus ou moi doctement exposé, cet argument facile selon lequel il conviendrait de respecter la liberté d’expression, celle de tous, et même quand les propos nous choquent et nous dérangent. Ce serait le prix à payer pour une réelle démocratie. En vertu de cette grande tolérance qui n’est pas la mienne (et j’argumente ici pourquoi), il conviendrait de discuter avec tout le monde, y compris les plus extrêmes, les fascistes, les racistes, les homophobes, les sexistes et virilistes, etc. Et en vertu d’une ritournelle bien connue actuellement sur les réseaux (a)sociaux, qui tord la rhétorique jusqu’à l’absurde, ceux qui ne se prêtent pas à ce jeu de dupes là, ce seraient eux, les fachos ! Mais bien sûr…

Pourtant, mon expérience me dit tout le contraire. Le simple fait de laisser la moindre once de terrain disponible à la parole, surtout en public (le fameux débat  » faut-il inviter tel ou tel personnage problématique » sur un plateau de télé, et débattre avec lui, quand on est contre) permet à nos ennemis de s’engouffrer dans la brèche, créant un appel d’air ( se visibilisant, et donc se crédibilisant ainsi médiatiquement de surcroit) en vertu de l’histoire du pigeon sur l’échiquier :

Alors, si vous voulez gagner du temps, croyez moi sur parole (j’ai essayé autrefois, plus jeune, de dialoguer avec des sympathisants du FN, dont, je me souviens, un colonel de l’armée de terre, sur un marché dominical…), faites comme moi :

Vous me trouvez grossier ? Trop primaire et frontal à votre goût ? Un peu trop brut de décoffrage ? Regardez ce qui arrive quand on discute avec nos ennemis, dans un contexte et sur un lieu qui ne devraient pourtant pas prêter à pareille chute… idéologique :

Voilà qui devrait clore le débat, l’exemple m’apparaissant suffisamment édifiant comme cela. On ne discute pas avec l’ennemi : on le combat. Et l’on ne va pas jusqu’à tolérer l’intolérance, avec le risque plus que probable qu’elle nous spolie, nous prive de nos droits les plus élémentaires, puis nous détruise. Nos ennemis ne sont en effet pas très démocrates, eux. Et notre vie n’est que bien peu de chose, à leurs yeux, comme l’histoire l’a déjà suffisamment démontré.

Le directeur de l’ancien camp de Sachsenhausen se dit aussi préoccupé car l’AfD « brise des tabous verbaux ». « On ne peut pas oublier que les mots créent de la réalité et que l’emploi d’un certain langage étend le champ des possibles. Nous avons appris cela de la période nazie », souligne-t-il.