les #violencespolicieres n’existent pas. La preuve par l’affaire #Legay

Grâce à l’affaire Legay (cette militante d’Attac grièvement blessée à Nice par une charge policière  lors d’une manifestation de Gilets jaunes le 23 mars 2019), on comprend mieux comment l’on peut, en haut lieu, considérer que la notion même de violences policières n’existe pas. Cette histoire est en effet une succession de connivences et d’entre-soi policier et judiciaire qui démontrent à quel point, selon que l’on est puissant ou misérable, on nous fera voir les choses en noir ou blanc.

Apprendre que la cour de cassation a par exemple décidé de dépayser l’affaire nous met d’emblée la puce à l’oreille. On ne déplace pas un dossier judiciaire, surtout aussi symbolique, sans raison significative et fondée en droit. Or, on apprend incidemment que le procureur de Nice a personnellement assisté à la charge de police depuis le centre de télé-surveillance de la ville… mais l’a soigneusement caché ! D’autres, dans le privé, sont virés pour insuffisance professionnelle ou faute grave pour bien moins que ça. Mais en Macronie, on peut manger du homard jusqu’à plus soif et se gaver de Château d’ Yquem en résidant dans un logement social, c’est à présent amplement démontré.

On se souviendra longtemps du début de cette affaire : le procureur de la République en question, Jean-Michel Prêtre, avait tout d’abord, dès l’affaire connue et ébruitée dans les médias, menti éhontément en  expliquant doctement que la septuagénaire n’avait  même pas été touchée par les forces de l’ordre, rejetant honteusement la faute sur elle-même ou d’ autres gilets jaunes. Devant la pression médiatique et la force des témoignages, il avait été ensuite contraint de déclarer  dans une conférence de presse suivante que les blessures de Geneviève Legay résultaient bien de l’action d’un policier, honteux et confus, qui jura mais un peu tard qu’on ne l’y prendrait plus… Acab quoi. D’autant plus que ledit procureur n’avait pas hésité à confier l’enquête… à une cheffe de service qui avait elle-même participé à l’opération de maintien de l’ordre dans le périmètre où Mme Legay a été bousculée et qu’elle était la compagne du commissaire chargé du commandement de cette opération… On comprend que la Cour de cassation n’ait guère eu d’autre choix que de changer de lieu…

 Au cours de cette si instructive affaire, on a également appris que les gendarmes avaient refusé d’obéir aux ordres de la Police, qu’ils avaient jugés « disproportionnés ». Leur rapport faisait état « d’une foule calme » et de manifestants ne présentant aucun signe d’hostilité envers les forces de l’ordre. Mais la Macronie a passé outre… On connait la suite.

L’affaire est grave. Aux violences policières, on peut ajouter le Mensonge d’état. Qui décidément devient une bien triste habitude de ce gouvernement totale dont le moins que l’on puisse écrire est qu’il ne s’encombre guère de vérité, comme de morale…