l’incroyable histoire d’Hessy Levinsons Taft (le parfait petit bébé aryen)

« Je peux en rire maintenant… » mais si les nazis avaient su qui j’étais, je ne serais pas en vie.  » (Hessy Levinsons Taft)

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je ne connaissais pas cette anecdote, que j’ai découverte au hasard de mes pérégrinations sur fesses de bouc grâce à ce camarade antifa de Corrèze Limousin. Pourtant, le moment où l’histoire a fait la Une des médias français remonte à 2014, ce qui ne date pas d’hier, et enfreint mes usages ici de commenter une actualité plus récente. Mais je pense qu’elle vaut franchement d’être remontée à la surface, tant elle est jouissive. Faire chier des nazis par une pareille provocation n’a pas de prix.

Le nom d’Hessy Taft ne vous dira probablement rien. Pourtant, elle a fait la Une de Paris Match il y a 5 ans, jour pour jour.

… En 1935, âgée de six mois, cette octogénaire de confession juive a servi bien malgré elle à la propagande nazie, qui était à la recherche du «parfait bébé aryen». Un cliché d’Hessy, pris par un photographe berlinois, s’est retrouvé en couverture du magazine familial «Sonne ins Hause» («Le soleil dans la maison»), périodique dépendant des autorités nazies.

Lorsque Pauline Levinsons, sa mère, a vu son bébé en couverture, l’effroi la saisie: si les nazis découvraient la confession de leur «parfait petit aryen», la famille Levinsons risquait gros. C’est en interrogeant le photographe que la mère a compris, a raconté Hessy Taft au journal allemand «Bild»: Hans Ballin avait soumis la photo d’Hessy au concours du plus beau bébé aryen, en ayant parfaitement conscience de sa religion. «Je voulais ridiculiser les nazis», lui a-t-il expliqué. L’image avait finalement été choisie par Goebbels en personne. Outre la couverture du magazine, Hessy Taft s’est retrouvée sur une série de cartes postales.

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Après cette histoire, la famille Taft était repartie en Lettonie avant de rejoindre Paris, puis Cuba et enfin les Etats-Unis. Hessy Taft y est devenue professeure en chimie et y vivait toujours au moment de la publication de cet article.

La raison pour laquelle les médias ont évoqué ce sujet en 2014 précisément provient du fait qu’Hessy Levinsons taft avait remis alors une copie de «Sonne ins Hause» au mémorial de Yad Vashem, en Israël:

«Je me sens un peu revancharde. C’est comme une satisfaction».

Elle est amplement partagée. Merci Madame. Vous êtes vraiment une grande dame, au sens le plus noble du terme. J’avoue avoir été très ému en écoutant votre  témoignage ici :

Dans cet autre document, Hessy Levinsons Taft décrit les tentatives de son père pour obtenir des visas afin que sa famille émigre de Nice, dans le sud de la France. Et je me dis alors au fond de moi, assez amer,  que si l’on avait appliqué à ce moment précis de l’histoire les mêmes modalités concrètes d’immigration auxquelles celles d’un Ciotti (et consorts) voudrait contraindre les migrants d’aujourd’hui, il est probable que la famille d’Hessy n’aurait pas connu le même destin…

Mais ceci est une autre histoire, dont je m’emploie à combattre la funeste orientation politique désastreuse, avec mes petits outils personnels favoris, dont ce modeste blog. Merci pour votre attention quotidienne, mes plus fidèles lecteurs/trices. Le combat continue…