Charles Prats, ennemi idéologique des antifas, un juge militant (d’extrême-droite) #LibéronsAntonin

La fachosphère ne cesse de brandir assez régulièrement le concept ridicule des juges rouges pour excuser ses innombrables méfaits… Voilà pourtant un exemple qui bat en brèche cette légende ridicule. Je suis tombé aujourd’hui sur ce titre d’un article de l’Obs qui a forcément attisé ma curiosité, vu le sujet dont il s ‘agit…

Aussi, j’ai rapidement googlisé le patronyme de ce charmant Monsieur un peu réac sur les bords (sur les bords seulement ?) afin de mieux appréhender mon sujet… Et je suis assez rapidement tombé sur quelques preuves de sa collaboration active à plusieurs sites d’extrême-droite, du genre de ceux que je brocarde ici régulièrement pour leurs contenus racistes et complotistes :

Ici, sur TVL, une web télé d’extrême-droite qui ne répugne même pas à dérouler le tapis rouge au nazi Ayoub :  :

 

… Ici sur Boulevard Voltaire, site raciste bien connu, qui constitue l’un des ferments de ce terreau de terrorisme d’extrême-droite qui a été l’épicentre idéologique du terroriste de Christchurch

… Là sur FDesouche, le fameux « navire amiral de la fachosphère », qui le cite assez régulièrement… (normal, ses interventions servent leur immonde cause) :

… Ce Juge brun à la partialité idéologique ici démontrée est également visible comme contributeur sur Atlantico, un autre site sur lequel nous avons des dossiers, étant donné son caractère extrêmement droitier.  Et probablement est-il également présent sur bien d’autres sites ou blogs tout aussi peu reluisants, au contenu idéologique tout aussi marqué, qui ne se distingue pas par son humanisme et son respect des droits humains. Et je ne parle même pas  de la propension de ce si petit juge à lancer des propos de nature complotiste, paternalistes et méprisants envers les militant.e.s de la cause environnementale, comme ci-dessous  :

il veut parler de Greta Thunberg

(si vous en connaissez d’autres, merci de m’en indiquer le lien en commentaires, merci, et je complèterai utilement ce billet).

Aussi, quand je vois ce que je vois, surtout en cherchant si peu, j’ai bien raison de penser ce que je pense : on peut en effet fortement douter de l’impartialité du juge qui a instruit l’affaire d’Antonin Bernanos, et qui a ordonné son maintien en détention. Surtout avec les mots employés par lui-même à notre endroit (« nervis d’extrême-gauche ») qui relèvent du jargon habituel des militants d’extrême-droite et des fachos sur les réseaux sociaux que je  combats  ici comme  ailleurs. Cela est d’autant plus injuste qu’Antonin avait eu le courage, lui, de s’ opposer physiquement à des membres des groupuscules fascistes violents que sont les Zouaves Paris, Milice Paris et Génération identitaire, qui peuvent quant à eux de nuire en toute impunité alors qu’ils ont, il est utile de le rappeler en l’occurrence,  agressé par surprise un groupe du NPA en janvier pendant une manif de gilets jaunes (voir la vidéo ici)., et cela sans la moindre sanction d’aucune sorte… Un renversement moral totalement hallucinant, où les agresseurs sont blanchis et les coupables sont ceux qui s’y opposent… Un fonctionnement anti-démocratique quelque peu pervers qui encourage le terrorisme d’extrême-droite et les habituelles agressions et tentatives d’intimidation de ces gens là.

NON, comme Clément Méric, nous ne baisserons pas les yeux !

Aussi, je me joins aux différentes manifestations de soutiens qui appellent à la Libération d’Antonin Bernanos, victime d’une répression qui s’apparente visiblement à un harcèlement judiciaire motivé par des considérations politiques, comme le confirme le collectif Libérons-Les dans son communiqué du 12 juin 2019 ici :

Antonin Bernanos, antifasciste parisien, en prison depuis près de deux mois en raison de son militantisme.,

Le 15 avril dernier, des militants antifascistes de la région parisienne ont été arrêtés suite à une confrontation de rue avec des membres des groupuscules d’extrême-droite Zouaves Paris, Milice Paris et Génération Identitaire. Cet affrontement fait suite à une série d’agressions de la part de ces bandes fascistes au sein du mouvement des gilets jaunes, comme celle très remarquée du cortège du NPA le 26 janvier à Paris. Dans cette affaire du 15 avril, les militants fascistes n’ont pas été inquiétés par la justice et l’un d’eux a même porté plainte. En revanche, plusieurs militants antifascistes ont été mis en examen et Antonin Bernanos a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, Charles Pratz, au centre pénitentiaire de Fresnes le 18 avril 2019. Hier, le 11 juin 2019, la chambre de l’instruction a décidé de rejeter l’appel de cette décision et a confirmé le maintien en détention d’Antonin.

À ce jour, le dossier judiciaire est vide et la juge d’instruction, Sabine Kheris, n’a toujours pas commencé ses investigations ; l’enquête policière n’avance donc pas, et pour cause, puisqu’ils n’ont pas d’éléments contre Antonin. Celui-ci conteste d’ailleurs les faits qui lui sont reprochés, ce qui ne laisse aux autorités que l’option de la manipulation : preuves erronées, nouvelles affaires à charge mensongères et négation totale du principe de présomption d’innocence – autant de procédés systématiquement mis en œuvre dans l’affaire dite du quai de Valmy ou celle de Tarnac. Sa détention est uniquement fondée sur son profil de militant et sa condamnation dans l’affaire du quai de Valmy.

Comme si cela ne suffisait pas, l’administration pénitentiaire a décidé de le placer en isolement depuis le 9 mai 2019, toujours en raison de ses activités politiques. En outre, les permis de visite de ses proches ont été perdus par la juge et n’ont pu obtenir de validation qu’après une décision en appel au bout de deux mois. Antonin n’a donc eu que la visite de son avocat depuis le début de sa détention. Évidemment, ses courriers comme ceux de ses proches sont bloqués chez la juge. De plus, Antonin est aujourd’hui dans l’impossibilité de poursuivre son master, lui qui avait déjà dû valider sa licence en détention à Fleury.

Cet acharnement judiciaire contre un militant ne sort pas de nulle part. Il s’ancre dans les formes de justice d’exception et de répression de masse forgées depuis des décennies dans les quartiers populaires et utilisées depuis quelques années contre les militants et les mouvements sociaux qui contestent les politiques gouvernementales. Le mouvement des Gilets Jaunes a sans aucun doute constitué un nouveau pas franchi dans ce tournant autoritaire, avec ses dizaines de mutilations, ses milliers de gardes à vues et ses 800 condamnations, dont 388 se sont traduites par de la prison ferme. Au sein de cette criminalisation croissante des mouvements sociaux, les antifascistes et les autonomes sont particulièrement ciblés depuis des mois : noms des supposés leaders diffusés dans la presse, arrestations préventives le jour des manifestations (qui aboutissent de fait à des « interdictions de manifester », mesure pourtant retoquée récemment par le Conseil constitutionnel), incarcération d’Antonin, dont Alain Bauer dira à la télévision, sans peur du ridicule, qu’elle explique le faible nombre de « blacks blocs » présents à Paris le 1er mai 2019.

À l’heure où le gouvernement tente d’imposer une fausse alternative entre « populisme » et « progressisme », l’acharnement judiciaire contre Antonin et ses camarades doit être pris pour ce qu’il est : la vengeance de l’État contre celles et ceux qui ont rendu impossible l’amalgame entre fascistes et Gilets Jaunes. Celles et ceux qui demeurent intraitables faces aux bandes d’extrême-droite sans pour autant céder d’un pouce face à l’autoritarisme délirant du bloc au pouvoir.