fichage de #GiletsJaunes : le macronisme est un fascisme, suite (mais pas fin).

Bien que je l’ai vue circuler ici et là, j’attendais la confirmation et les détails de cette information, particulièrement préoccupante pour nos libertés fondamentales :

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Je l’ai déjà écrit ici, on sait donc ce que je pense de ce mouvement, véritable empilement de colères et de désespoirs, qui comporte à mon sens un peu trop de taches brunes pour que j’y mêle ma vertu, n’en déplaise aux purs et durs de la lutte des classes, dont il n’est pas avéré que celles qui participent à ce grand nawak soient vraiment  de la mienne…  Tellement déclassée.

Pourtant, le droit de manifester, déjà sérieusement compromis par certaines pratiques policières inédites, devient de plus en plus restrictif, avec les lois de sécurité intérieure qui se sont empilées à un rythme infernal, les mesures dites anti-terroristes bien commodes pour faire taire tout opposant politique, et davantage encore depuis la loi dite « anti-casseurs« . Si de plus, quand vous allez manifester vous savez que vous risquez ce genre de pratiques sournoises, que pensez-vous qu’il arrivera ? Voilà : plus rien. Le nombre de manifestants dans les manifs traditionnelles est d’ailleurs là pour le démontrer.  j’ai connu de plus belles vitalités démocratiques, dans ce pays…  Le droit de manifester librement n’existe donc plus, preuve à l’appui. Pire : il existe une volonté en haut lieu de traquer les opposants, dont je suis. Cet énième événement ne fait que démontrer ce que nous sommes de plus en plus nombreux à craindre : la possibilité du fascisme. Ceci n’en est qu’un énième avatar. Le paysage sociétal est en train de singulièrement s’assombrir, et je ne vois guère de bouffées d’air pur, au propre comme au figuré… Ce pouvoir des plus riches, sentant la possibilité d’un soulèvement populaire encore plus massif que celui des gilets jaunes  est en train de défendre pied à pied, poing à poing ses petits intérêts, qui ne sont pas les nôtres, par tous les moyens. Aussi, le moment est venu de se faire plus offensif et encore plus imaginatif que nous ne le sommes déjà. Inventer d’autres formes de protestations plus médiatiques et radicales, loin de la possibilité d’être arrêté pour la seule couleur de son caleçon… Qu’on me pardonne de n’être point maso.

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Quant à la responsabilité de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), elle est pour moi totale, et particulièrement choquante. Jamais dans ce pays une institution médicale ne s’était faite à ce point l’auxiliaire de police zélé d’un pouvoir qui n’en espérait probablement pas tant… La faute déontologique grave est à mon sens caractérisée, le secret médical honteusement spolié, et je sais de quoi je parle, professionnellement parlant. Honte à ceux qui ont participé à cette vulgaire opération de police : ils salissent irrémédiablement leur profession. Si je savais qui c’était,  je ne leur confierais certainement pas ma santé.

Mais quel est donc ce pays dans lequel on devra dorénavant se méfier en entrant dans un hôpital ?

Post-scriptum : en voiture, alors que j’écoutais France Info, j’ai entendu l’avocat de l’une des victimes de ce système de fichage, Arié Alimi,  évoquer « une succession de mensonges » dans cette affaire. Tout d’abord celui de Martin Hirsch qui a réfuté l’existence d’un tel fichier, démenti aussitôt par sa propre administration, celle de l’hôpital,  qui a reconnu l’existence de ce fichier mais en précisant qu’il ne comportait pas de mentions nominatives. Avec la preuve apportée par le Canard du jour, on sait à présent quoi penser de cela… Mais ce n’est pas tout. Le ministère de l’Intérieur selon Arié Alimi a fait savoir que ce fichier n’était absolument pas accessible par les forces de l’ordre, ce qui est à nouveau un mensonge. Pourquoi mentirait-on autant dans cette histoire s’il n’y avait pas là quelque chose d’inavouable : ce fichier SI-VIC est visiblement détourné à d’autres fins que sa fonction initiale qui était de renseigner les familles des victimes en cas d’attentat terroriste… ce qui n’est visiblement pas le cas en l’espèce. A moins de considérer tous les gilets jaunes comme des terroristes ? Voilà voilà… En écrivant cet article, je craignais d’être un peu excessif. Mais je vois que je suis encore bien loin de la réalité. Il faut savoir en outre que ce fichier est appliqué dans tous les hôpitaux publics de France… Voilà qui donne une idée de l’étendue de la toile d’araignée, tissée par des pouvoirs bien peu regardants quant à nos libertés fondamentales.