Outils, stratégies et présence numérique de l’extrême-droite : vidéo de l’audition de @TristanMF…

j’ai fait la connaissance virtuelle de Tristan Mendès France à l’occasion de l’épisode de cette ignoble tentative de création d’une section Pierre Mendès France à Sciences po Paris par… (un comble !) le FN, en mai 2016.

Je suis de loin en loin ses travaux et ses découvertes. Son compte twitter m’y aide. je lui dois notamment cette alerte il y a un an sur la présence de personnalités d’extrême-droite aux côtés d’un innocent dessin animé sur You Tube…  Les enfants qui voulaient regarder Peppa Pig se retrouvaient potentiellement en contact avec JM Le Pen, de Lesquen, ou Steve Banon… On peut rêver mieux comme éducation, en effet.

C’est aussi lui qui nous a alertés sur la présence de cet immonde personnage qui a profité du mouvement des gilets jaunes pour diffuser son antisémitisme bien dégueulasse, et dont le compte facebook est empli de références puantes, Pascal Olivier Chiron. Ce qui n’a pas empêché certains de le propager sur les réseaux sociaux de manière si… virale (un virus, en effet).

Si je parle de Tristan à présent, c’est parce qu’il vient d’être auditionné par la commission d’enquête sur sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite, dont je suis également les travaux (voir ici). Il faut vraiment regarder cette vidéo pour vous familiariser avec ce continuum fasciste et raciste que nous connaissons déjà, mais dont il maîtrise davantage que nous autres probablement la dimension internationale, du moins sur internet.

Ce que décrit Tristan fait également partie de mon quotidien… bien que je n’aie pas son assise universitaire…  je me suis formé sur le tas (et le tard), dirons nous. Et je n’ai pas les mêmes moyens… ni le même temps, ni les mêmes outils, ni le même réseau. Hélas.

Pourtant, ça n’a l’air de rien, mais si vous saviez à quel point je suis heureux de pouvoir partager  des connaissances communes sur l’observation de la présence de l’extrême droite sur internet et sur ses stratégies d’occupation de l’espace numérique… Entendre parler de telle ou telle figure de la fachosphère, de  pepe the frog, de l’histoire du C Star et de defend Europe, des publicités programmatiques sur lesquelles  les sleeping giants mettent en gardent tant de sociétés qui financent (rarement en connaissance de cause) des sites d’extrême droite, du mouvement Alt Right aux USA (dont nos neuneus hexagonaux copient les méthodes, les outils et les fétiches), de la présence massive de l’extrême droite sur You Tube, à travers quelques personnalités phare,   des sites principaux de la fachosphère,  de Soral, de Démocratie Participative, etc etc etc… 

Et comme il m’est rassurant  de voir dit par un autre l’esquisse d’un contour de mes propres analyses et constatations… J’avance. Avec lui. Et vous. Ensemble, partageons cette connaissance de l’ennemi : pour mieux le combattre. Car quant à moi, lorsque j’ai entendu Tristan évoquer « la culture numérique des parlementaires », comment dire… je vais être poli : j’ai souris. Comme il y insiste si opportunément, nos décideurs passe à côté de cette forme de culture virtuelle pourtant si présente au plus près même des plus jeunes, ce qui n’est pas sans conséquence sur la formation de l’esprit des futures générations. Et ce que nous voyons n’est pas toujours beau à voir… Quand des fascistes créent des comptes sur Tik Tok, ce n’est pas pour leur parler de Winnie l’ourson. Et si on protégeait au moins nos enfants et ados, à défaut des adultes, de ces contenus idéologiques toxiques ?

Merci pour votre attention.