Sur @d_schneidermann d’ @arretsurimages : je suis comme une truie qui doute…

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Effaré, je découvre ceci :

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source : J’ai lu « L’Enculé » sur l’affaire DSK. L’ami Nabe, il faut bosser                      Par Daniel Schneidermann

Puis, encore, cela :

Question parmi cent autres que pose l’affaire Dieudonné : que se passe-t-il donc dans le cerveau, pas forcément malade, de ses spectateurs ? Mise à part l’escouade des antisémites pathologiques, des militants antisionistes, des obsédés de la concurrence mémorielle, que pensent donc tous les autres, tous ces braves gens qui s’en vont rire de bon cœur à ses facéties, tous ces insouciants de la quenelle ? Le plus simple est sans doute de s’immerger dans la dieudosphère, et de se plonger dans les copieuses archives en ligne de Dieudonné. Et comme pour toute expédition vers l’extrême, s’imprégner d’abord de son histoire, de son parcours, de ses codes. Se replonger dans le moment originel du dieudonnisme des marges, ce sketch dans lequel, en 2003, il campait un colon israélien extrémiste sur le plateau de Marc-Olivier Fogiel et qui lui valut de premières poursuites, qu’il gagna. Les rires du public, à l’époque. Le rire de Jamel Debbouze, présent sur le plateau. La standing ovation. La grimace gênée de Fogiel, réalisant que l’humoriste est allé trop loin, a franchi une limite, même s’il ne comprend pas très bien laquelle.A l’époque, interrogé à chaud sur cette première transgression, Dieudonné, bien loin de ses savantes provocations d’aujourd’hui, répond étrangement qu’il était quasi obligé de mettre en boîte un colon israélien, venant de consacrer un sketch entier à un terroriste islamiste. Question de dosage, de pluralisme, de comptage des temps de moquerie. Lequel sketch, beaucoup plus drôle soit dit en passant, campe avec une sorte de tendresse la naïveté du kamikaze, qui salive d’avance devant les mille vierges promises au paradis. Innocence originelle du dieudonnisme. Et pour le spectateur, plaisir insouciant de savourer un sketch dans lequel la haine ne se dresse pas entre l’humoriste et son personnage, mais est tout entière contenue dans le personnage, et comme enfermée en lui par la bienveillance du regard. Et s’il s’était fourvoyé depuis dix ans, dans un humour pas drôle contaminé par la politique ?Tiens, à propos de rire. Tomber ensuite sur un sketch en ligne, une conversation de Dieudonné avec Robert Faurisson, oui, le vrai Faurisson, le professeur négationniste des années 80, aujourd’hui octogénaire, et à qui Dieudonné a offert une seconde vie sur la Toile, en le promouvant comparse occasionnel de ses spectacles. On est beaucoup plus tard. S’il ne fait pas encore trembler la République, Dieudonné est déjà le maudit qu’il est aujourd’hui. Il a donné des coups, en a reçus. Dans la parodie, Faurisson joue Me Simon Krokfield, président de l’association des «beaux-frères et belles-sœurs de déportés de France», titulaire de «la médaille de la reconnaissance éternelle», caricature évidente de Serge Klarsfeld. Il est coiffé de la kippa. Et Dieudonné se coule dans la peau du journaliste bien-pensant tel qu’il le fantasme, à la Arte ou France Culture, confit de révérence devant «le tabou de la Shoah», saluant «l’œuvre indispensable de traque aux nazis» de son interlocuteur.Le dispositif est donc particulièrement pervers. Dieudonné vilipende l’infâme Dieudonné. Faurisson conchie l’horrible Faurisson. Dans cet imparable dispositif, les deux comparses s’en donnent à cœur joie. Et voilà qu’on rit. On rit de l’ignoble culot de ces deux desperados contre les bien-pensants. Et on se surprend là, riant avec Dieudonné, ayant rejoint la grande cohorte de tous ceux qui, tout de même, malgré tout, lui reconnaissent un certain talent. Evidemment, on s’effraie de rire. C’est bien moi, là, qui ris à un sketch de Dieudonné ? Mais cet effroi même surprend. Pourquoi avoir peur ? De quoi ai-je peur ? Qu’ai-je à craindre, de cet autre moi qui rit ? Qui rit certes de ce dont il ne devrait pas rire. Dont on lui a appris à ne pas rire. Si longuement appris. Non pas interdit, non jamais, pourquoi une interdiction eût-elle été nécessaire ? Mais appris, avec de belles images, Schindler, Holocauste. Avec des textes poignants, Anne Frank, Primo Levi. Et voici que, des décennies plus tard, on se découvre capable de rire de ça, de deux salauds culottés piétinant ce que l’on a de plus sacré, tellement sacré qu’on ose à peine le nommer. Voici que l’on découvre en soi une sorte de monstre d’innocence et d’insoumission.Réfléchir à ce conditionnement, à sa force, à sa fragilité. Se haïr d’ailleurs d’appeler cela conditionnement, d’oser ce mot. Se dire à cet instant qu’on a le choix, comme on ne l’a jamais eu. Le choix de ses convictions, de ses refus, de ses hontes. Et rien que pour cette raison, estimer cette affaire, aussi, bénéfique. Daniel Schneidermann

Par Daniel Schneidermann, dans Libé, ici

Que dois-je en conclure ? Qu’il y a ici une effarante libération de la parole raciste, notamment antisémite, jusqu’à l’immonde ? Et que – tiens, osons –  Schneidermann serait antisémite ? Moi qui ne le connait pas ou si peu ¹, je suis donc allé voir comme c’est le réflexe de nombre d’entre nous, au moins dans un premier temps, sa fiche wiki. On y apprend que sa mère était juive, renvoyant à cet intéressant document :

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source

Mais alors, si ce n’est pas de l’antisémitisme, qu’est-ce donc là, cette étrange indulgence avec la parole et les positionnements personnels et politiques réellement antisémites, eux ? Qu’est-ce donc, cette abracadabrante position, le cul entre trois chaises, à tenter de laisser croire qu’il faudrait se déconditionner de l’horreur factuelle de la Shoah, comme dans ce deuxième texte, ici ?

Voilà qui ne peut qu’interroger… Je n’ai pas de réponse, si ce n’est une hypothèse : celle des méfaits du chouardisme, ou plus sérieusement, des excès de la lecture à la lettre de ChomskyLiberté d’expression à tout prix. Même de celui de rire d’une victime d’un camp d’extermination, alors ? Rire, jusqu’à l’horreur du rire, même ?

Ce n’est évidemment pas la voie que j’ai choisi, mais force m’est de constater qu’elle interroge… Surtout quand on sait comme moi que Daniel Schneidermann vient justement de publier un livre (écouter notamment ceci pour se faire une petite idée) dans lequel il s’interroge sur ce qui a rendu possible le nazisme, au travers du biais bien spécifique  du monde journalistique d’alors.

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Aussi, seul face à mes interrogations, devant ces deux textes du début de ce billet, qui soulèvent ma totale incompréhension, si ce n’est de la répulsion (forcément, que ce soit à propos de Nabe ou de Dieudonné, dont on connait les œuvres et les positionnements dégueulasses…),  je vous prends à témoins publiquement, pour quémander votre opinion, qui me serait fort utile, pour me forger une idée, du genre de celles que j’assène plus frontalement ici d’ordinaire, tant elles sont déjà toutes faites…

Je compte sur vous pour me remettre sur la bonne voie, et les bons rails. Fils de cheminot, ça ne s’invente pas. Merci. Et si vous avez des conseils de lecture, pour me permettre de cerner plus précisément l’énigmatique Schneidermann à ce sujet, je vous en serais également vivement reconnaissant. ( Il me reste par exemple une  trace dans la mémoire, très confuse, à propos  d’une polémique concernant son émission dans le milieu antifa, dont je ne retrouve plus la trace. Si quelqu’un/e peut m’y aider… Encore merci.).

 ¹ … si ce n’est,  comme la plupart d’entre nous je suppose, seulement par le biais de ses émissions emblématiques d’ @si, qu’ont regardé avec attention tous ceux qui comme moi sont vivement intéressés par la critique des médias.

 

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