La gauche en 68 : « Jouissons sans entraves ». La droite en 2018 : « haïssons sans entraves ! » #racisme #fachosphere

Nous sommes donc passés du  » jouir sans entraves » de mai 68 au « haïr sans entraves » de l’extrême-droite de 2018, qui se réfugie derrière l’argument fallacieux de la liberté d’expression pour répandre ses fakenews et cracher sa haine de l’Autre.. . Le progrès sociétal ne m’apparait pas vraiment flagrant.

Depuis les premières manifestations de Chemnitz, l’Europe est en émoi et l’on s’interroge beaucoup en haut lieu, et notamment dans le milieu journalistique,  sur les mécanismes mis en œuvre qui contribuent à l’émulation de ces mouvements racistes.  Les enquêtes se suivent et se multiplient.  Comme on aurait aimé que ce soit un peu plus tôt, en amont, et qu’on prenne un plus au sérieux les signes d’alerte antifascistes.  Car l’on découvre mais un peu tard le rôle joué par les réseaux dits sociaux, qui le sont de moins en moins, tant la haine, les menaces, les propos racistes, xénophobes, sexistes, LGBTQphobes sont légion, et l’extrême-droite sur-représentée… ce n’est pourtant pas faute de l’avoir signalé, notamment ici, encore, et encore

On a beaucoup observé et dénoncé à juste titre la propagande des islamistes radicaux sur ces mêmes réseaux, mais des contre-feux ont aussitôt été installés par les autorités et des lois ont été mises en œuvre et suivies d’effets très concrets. Les sites incitant à la violence et faisant l’apologie du terrorisme ont été fermés par les autorités françaises. Quid de ceux de la fachosphère franchouillarde, qui ne reculent devant aucune outrance, menace, appel au harcèlement et/ou au viol de leurs opposant.e.s, comme pour seul exemples récent les suites de l’histoire Marsault, dont la dessinatrice Tanxxx a fait les frais ? Ou encore, l’année dernière, de ce site tristement connu pour sa violence raciste et sa grossièreté immonde qui appelait  aux violences physiques envers Yann Brossat, élu communiste de Paris en charge du logement… Jusqu’où faudra-t-il que cela aille pour que nos autorités agissent enfin ? Devra-t-on attendre qu’il y ait des morts ?  Ce discours fasciste a pourtant déjà mutilé, blessé et tué,  dans notre pays même… Ce qui a tué Clément Méric, ce n’était pas que des mots.

Ce deux poids deux mesures ne cessera jamais de m’étonner.  je l’ai déjà plusieurs fois amplement martelé, je n’ai pas l’impression que nos politiques ont véritablement saisi l’ampleur de ce phénomène souterrain… qui leur semble peut-être un peu trop virtuel ? Ou alors si c’est le cas, ils sont étrangement silencieux sur le sujet, et cela ressemble beaucoup à de la complicité relevant de la non-assistance à personne en danger. Car cela est amplement démontré, les propos racistes tuent, et les comportements violents observés sur le net ont une implication dans la réalité, où les passages à l’acte sont toujours à craindre, comme je ne le sais que trop bien pour avoir été régulièrement visé personnellement par des menaces de mort, sans parler du reste… Aussi est-il utile et nécessaire d’observer ce qui se passe en Allemagne pour mieux comprendre ce phénomène… et anticiper ce qui pourrait se passer également ici.

Capture.PNG

« Des gens qui ne se connaissaient que via des groupes de diffusion de fake news sur facebook se retrouvent à Chemnitz. De nombreuses cartes de visite et numéros de téléphone ont été échangés », rapporte le portail d’info et de veille sur l’extrême droite Belltower News.

Le site Belltower News s’est penché en août sur une série d’études réalisées sur le sujet [3]. L’une de ces enquêtes décortique « la fabrique des trolls d’extrême droite et l’écosystème de campagnes de haine coordonnées sur le net » et a été réalisée par l’Institute for Strategic Dialogue, un think tank basé à Londres. Ses chercheurs ont analysé 1,6 million de posts d’extrême droite sur les réseaux sociaux allemands – twitter et les pages publiques de facebook. Les auteurs de l’étude ont constaté que le nombre de publications racistes, xénophobes, antisémites, a triplé pendant l’année 2017. Ces publications ont pour origine des campagnes organisées par des réseaux en ligne d’extrême droite comme « Reconquista Germanica » et des cercles identitaires [4].

De la haine virtuelle sur Facebook à l’agression « dans la vie réelle »

Une autre étude, réalisée en 2017 par l’université britannique de Warwick, montre un lien entre l’activité locale sur les pages Facebook du parti d’extrême droite AfD et les agressions racistes envers des personnes réfugiées qui ont lieu sur la commune [6]. L’étude arrive à la conclusion que les communes avec davantage d’utilisateurs actifs sur la page Facebook de l’AfD compte aussi beaucoup plus d’agressions perpétrées contre les personnes réfugiées. Les auteurs de l’étude constatent aussi que lors des semaines où de très nombreux commentaires haineux sont postés sur la page facebook de l’AfD, un plus grand nombre d’agressions racistes à l’encontre des personnes réfugiées ont été enregistrées. Et quand il y a davantage de posts hostiles aux réfugiés, le nombre d’incendies, d’attaques et de dégradations contre les centres d’accueil des réfugiés augmente.

Dans cet autre article, on précise encore davantage le phénomène en démontrant  comment des  vidéos complotistes et conspirationnistes ont été mises en avant  sur YouTube dans  l’objectif de convaincre et manipuler des milliers d’internautes grâce à des vidéos virales sur les réseaux sociaux.

Capture.PNG

Voilà qui ne m’étonne aucunement, dans la mesure où c’est un phénomène que l’on peut également observer dans notre pays, où des sites d’infaux et des comptes d’extrême-droite sur twitter, facebook et You Tube passent leur temps à traquer le moindre fait divers lié aux musulmans et aux migrants, tout comme aux gauchistes, pour tenter de les décrédibiliser, y compris par les pires fake news, rumeurs et hoax qui soient. Tout est bon, même le plus sordide pour renforcer leurs théories complotistes et leurs idées racistes, moult exemples factuels à l’appui.Et quand cela emprunte à l’univers des gamers ou de l’apparente parodie, sur un registre qui se voudrait de l’humour, c’est à mon sens encore plus dangereux, et plus nécessaire de le combattre.

Au début de ma lutte acharnée envers ces militants extrémistes de droite, je pensais qu’ils colportaient ce genre de rumeurs et de désinformation juste par bêtise crasse, par ignorance. Mais à force de voir leurs nombreuses multiplications mensongères démenties si brutalement parfois par les faits, sans qu’ils n’éprouvent aucunement le besoin d’apporter par conséquent un démenti, j’ai à présent acquis l’intime conviction  qu’il s’agit d’une stratégie volontaire, du même ordre que celle d’un Adrien Desport, mais à plus grande échelle. Vous savez, cet ex cadre d’extrême-droite qui brûlait des voitures pour entretenir le sentiment d’insécurité afin de faire voter pour son parti ? Et bien voilà.  Je suis convaincu de l’existence d’une action  qui consiste de la part de gens mal intentionnés, mais (un peu) plus intelligents que les  trolls de bas étage qu’ils envoient au charbon dans les commentaires des sites d’information, des journaux, ou sur les réseaux (a)sociaux, de systématiquement contribuer à installer une vision erronée et déséquilibrée du monde, dans lequel les bons français de souche seraient les gentils, les vertueux, et les étrangers tout comme ceux qui les soutiennent, ou perçus comme tels, les méchants envahisseurs anti-français contre lesquels il s’agirait de lutter. Quelles que soient les méthodes, quelles que soient les dégâts, qu’importe. Il est vital de les salir, coûte que coûte. Contribuer à donner l’idée que les idées racistes sont justifiées par des actes qui les rendent simplement confirmées par la réalité (la leur, seule) est un projet politique d’une certaine fausse intelligentsia et de militants activistes fascistes qui n’a rien d’un complot, dans lequel je m’en voudrais de tomber. On ne saurait expliquer par exemple autrement l’acharnement qu’il y a pour certains de dérouler le tapis rouge à des porte-voix de la peste brune comme Zemmour, que l’on s’acharne si éhontément à laisser cracher impunément son vomi, à répandre partout sa merde raciste, en toute impunité…. Cherchez donc à qui profite le crime.

 

 

2 réflexions au sujet de « La gauche en 68 : « Jouissons sans entraves ». La droite en 2018 : « haïssons sans entraves ! » #racisme #fachosphere »

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s