Pour une + juste modération des réseaux (a) sociaux (en soutien à @ElliotLepers et @Claranote) #antirelous

images.jpgEncore des raisons de plus si besoin en était d’avoir honte de mon genre…Déjà, quand j’ai appris que le numéro « anti-relous » mis en place pour se protéger des dragueurs un peu trop insistants avait été (je cite)  « victime de son succès« , je me suis dis que cela situait déjà assez bien l’ampleur du phénomène. Quelle honte. Quel déshonneur. Quelle avalanche de merde sexiste qui soudain s’abat sur nous. Au moment même où « la honte devrait changer de camp », et l’onde de choc Weinstein et les actions qui en découlent nous donner l’espoir d’un monde meilleur pour tous, et aussi, et surtout les femmes….

Et puis voilà qu’Elliot Lepers et Clara Gonzales, créateurs du fameux numéro anti relous, ont fait l’objet d’une campagne de dénigrement et de cyber-harcèlement d’une ampleur et d’une violence inouïe, qui ne s’est pas contentée du net pour se livrer à des exactions répréhensibles à juste titre. Voici le commentaire qu’ils ont publié sur facebook pour plus d’informations :

Capture

Lancée vendredi 27 octobre dans après-midi, notre initiative de « numéro anti-relous » a été largement relayée dans la presse tout au long du weekend.

Lundi soir, nous avons été victimes d’une attaque coordonnée contre le service et d’une campagne de harcèlement contre nos personnes. Plusieurs dizaines de messages de haine, et notamment des menaces de mort, ont également été publiés sur Twitter et d’autres plateformes à notre encontre.

À partir de 16h, plus de 20 000 messages d’insultes ont été envoyés en masse au service, dans l’objectif affiché de nous causer un préjudice financier pour que le service soit interrompu. Nous avons été contraints de désactiver la ligne téléphonique à 20h pour contenir le pic de charge. Le préjudice financier est minime, les mesures de sécurité mises en places pour pallier ces comportements, hélas prévisibles, ayant fonctionné comme prévu.

À 23h, un homme s’est présenté au domicile de l’un d’entre nous et a sonné plusieurs fois avant de repartir. Plusieurs dizaines de commandes de nourriture ont également été passées à notre nom dans le but d’être livrées chez nous.

Tout au long de la soirée, nous avons pu rassembler des éléments de preuve accablants dans le but de confondre les auteurs. Nous mettons actuellement en oeuvre les démarches juridiques pour que les responsables soient poursuivis.

Nous tenterons de réactiver un service similaire dès que possible, et poursuivons notre collecte à cette fin sur le site 3615relous.fr. Nous saluons à cette fin l’élan massif de solidarité qui a accompagné ces attaques depuis hier soir.

À ce jour, ni Twitter, interpellé à propos de menaces de mort, ni Webedia, société éditrice du site jeuxvideo.com sur lequel les délinquants se sont coordonnés, n’ont réagi. Leur silence a trop duré, alors que nombre de militantes ont subi des attaques similaires ces dernières années, en France et dans le monde.

Au-delà de notre cas particulier, nous voulons que cet épisode, qui n’est qu’un symptôme de plus, contribue à mettre fin à l’impunité du cyber-harcèlement. Il ne s’agit de rien d’autre qu’une police politique de la pensée qui utilise l’intimidation, l’incitation à la haine, et la violence pour réduire les féministes au silence.

Nous tenons à leur dire qu’ils n’y parviendront pas et que cela ne fait que renforcer notre détermination à créer une société égalitaire et respectueuses des opinions de toutes et tous.

Surtout, nous voulons que le gouvernement réagisse à la hauteur de l’attente exprimée ces dernières semaines par la société toute entière concernant la lutte contre les violences faites aux femmes. L’État doit également se tenir aux côtés de celles et ceux qui luttent pour l’égalité, et soutenir les associations présentes sur le terrain.

Elliot Lepers et Clara Gonzales

… Mis en cause, et donc  contacté pour cela par france info, Cédric Page, directeur de la division « gaming » de WebmWebedia et du site incriminé, se défend en des termes visibles ici. J’ai honte pour lui. Voilà qui s’appelle s’en laver les mains à bon compte… Ce n’est pourtant pas la première fois que JeuxVidéo.com est mis en cause dans des affaires de cyber harcèlement. Mais Monsieur n’y est pour rien. C’est la faute aux autres. Ben tiens, facile…  trop. Toutefois, c’est un fait, d’autres plates-formes, comme facebook et twitter entre autres,  laissent également passer aisément des contenus de haters bien dégueulasses en cette matière, le sexisme, comme en  d’autres (racisme, xénophobie, haine des  migrants, homo et transphobie, grossophobie, etc.) sans que leurs équipes de modération n’y trouvent à redire, malgré de nombreux signalement dûment motivés. j’ai déjà également posé l’alerte sur le sujet, faits à l’appui. Je suis même allé jusqu’à envoyer un courrier aux autorités de tutelle susceptibles d’agir. En vain. Le sujet de la modération de réseaux de plus en plus asociaux est pourtant selon moi une question de salubrité publique, de santé mentale. La fin de l’impunité des propos haineux sur internet est entamée dans d’autres pays européens. Pourquoi pas en France ? Là est la question politique du jour. Car les ennemis de la démocratie se nourrissent de ce phénomène de haters, comme d’autres épisodes, aux USA, l’ont clairement démontré, à l’occasion de la campagne présidentielle, qui a vu élire le pire d’entre eux. Internet en est le support. Il est urgent d’agir. On peut. Il y a des outils, à la fois juridiques et techniques. Juste une question de volonté politique. J’ai dit. (et écrit).

Post-scriptum (au 01.22.2017) : Nadia Daam, sur Europe 1. parle ici des bas du front dejeux vidéo.com. et devinez ce qui lui arriva ? Voilà voilà…

 

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