Et si on expulsait les potentiels terroristes d’extrême-droite des forces de sécurité ?

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Plusieurs affaires de soldats soutenant des théories néo-nazies, issus de mouvements d’extrême-droite infiltrés dans l’armée allemande,  ont défrayé la chronique de la lutte contre le terrorisme, en Allemagne, cette année. L’une d’elles, parmi les plus médiatisées (on notera que ce fut le cas en Allemagne surtout, beaucoup moins en fRance…), a été celle de cet officier âgé de 28 ans,  affecté au bataillon de chasseurs 291 (Jägerbataillon) ¹, à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, suspecté de projeter un attentat.

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(on notera le « peut-être »…)

Quand on apprend par une autre source le parcours de ce jeune petit fasciste, apprenti terroriste, on va de surprises en surprises, et l’on ne peut se prévaloir d’une attitude frileuse qui consisterait à penser qu’après tout, il ne s’agirait que d’un problème allemand qui ne nous concerne aucunement. Démonstration (c’est la même personne, dénommée Franco A., pour Albrecht) :

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(on en parle aussi ici)

Depuis cette affaire, le gouvernement allemand a pris très au sérieux ce risque de terrorisme à l’intérieur de ses propres forces armées, en menant plusieurs enquêtes internes.

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Aussi, sachant tout cela, l’information que j’ai partagée ce matin sur twitter ne  m’en m’apparaissait que plus plausible, et n’ai-je pas hésité à la diffuser  :

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L’armée allemande aurait expulsé 18 soldats adhérant à l’idéologie d’extrême-droite, et 400 autres seraient menacés ? Diantre ! Quelle aubaine pour un  antiifa, en termes d’exemple ! Cependant, ne connaissant pas la source, j’ai voulu vérifier, au moins avec l’ami wiki (bien mal en point, hélas) :

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Il est évident compte-tenu du contexte que la Turquie d’Erdogan a tout intérêt à discréditer l’Allemagne sur ce point précisément, en répandant des fake. Après investigations, je n’ai retrouvé la trace de cette information nulle part, et surtout pas dans la presse allemande. Je préfère donc retirer ceci de mon fil twitter, et je m’excuse auprès de mes lecteurs de les avoir induits en erreur.

Toujours est-il que le problème reste posé. Même l’armée américaine, sous Trump, se montre particulièrement vigilante sur le sujet, qu’il soit ou non pudiquement couvert par le voile hypocrite de l’appellation « Alt-Right ».

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Aussi, je m’interroge à propos des pratiques de mon propre pays en la matière. Il y a de quoi. Quand on sait que plusieurs sources démontrent qu’il y a une forte proportion de votes d’extrême-droite parmi les forces de l’ordre quelles qu’elles soient – Police, Gendarmerie, CRS, armée), on ne peut pas se dire que des gens ayant de tels biais cognitifs et idéologiques facilitant la discrimination raciste soient vraiment exempts de tout reproche en terme d’action publique. Des liens très précis ont d’ailleurs été mis à jour entre le FN et la Police, manipulant et faussant certaines affaires judiciaires. Je pose donc la question. Allo, ya quelqu’un(e) ? 😉 C’est quand qu’on fait quoi, hum ? je demande, juste.  Mais quand je vois un ministre de l’intérieur préférer freiner l’impact du démantèlement d’un réseau terroriste d’extrême-droite dans notre pays en le minimisant jusqu’à le tourner en dérision, j’ai de sérieux doutes sur la volonté de ce gouvernement là de prendre ce sujet pris ailleurs au sérieux.

(Le débat est d’autant plus d’actualité me semble-t-il qu’on vient de découvrir les liens avec l’extrême droite,  et l’identité du chef de la bande dénommée « Les tueurs du Brabant« ‘, en Belgique est plutôt éclairante  : un gendarme. Voilà, voilà…)

Post-scriptum : le journaliste indépendant qui m’a propagé cette  fakenews de la soi-disant expulsion de soldats allemands en raison de leur idéologie raciste a cru bon de se rattraper en soumettant à mon information cet article du . Le lecteur/la lectrice attentif/ve jugera par lui-même qu’il ne s’agit pas exactement de la même information, puisque celui-ci évoque une enquête de la porte-parole nationale du groupe parlementaire vert, Irene Mihalic, qui  contient des chiffres alarmants sur le sujet provenant du service de contre-espionnage militaire allemand (MAD).  Elle relève que le nombre de néo-nazis dans la Bundeswehr est beaucoup plus élevé que ce que l’on pensait jusqu’ici puisque de 2008 à aujourd’hui, environ 200 soldats allemands seraient concernés.  Dans cet autre article, on trouve des chiffres encore plus importants :

Le service de contre-espionnage militaire allemand enquête sur 391 cas d’extrémisme de droite, selon le ministère de la Défense. Un politicien de l’opposition a appelé ces soldats d’extrême droite « des bombes à retardement ».

 

¹ Il s’agit de l’un des régiments de la brigade franco-allemande (BFA) dont l’état-major se trouve à Müllheim en Allemagne.

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