Sur la pente nationaliste dangereuse de la #FI, mon devoir d’alerte #antifa

Entendons nous bien, l’avertissement préliminaire m’apparait indispensable, je ne fais pas partie de ces idiots, incultes politiques pour qui le FN et la FI, c’est kif kif bourricot. Faut pas pousser. D’ailleurs, les résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle ont clairement invalidé ce lieu commun de la pensée facile qui caractérise si bien le macronisme. Au point qu’il devienne d’ailleurs synonyme dans l’esprit du temps d’ abêtissement général, d’ abaissement de nos valeurs communes et d’absence de préoccupations de l’intérêt collectif au profit de quelques uns, comme tout et tant de mesures de ce gouvernement honni  le démontrent chaque jour un peu plus, creusant profondément le sillon du sentiment général d’injustice profonde, à l’heure où tant d’entre nous souffrent de la pauvreté.

Je me sens d’autant plus autorisé à écrire ce qui suit que je n’ai aucun intérêt partisan à le faire, étant inscrit dans un positionnement politique qui m’absout si agréablement et confortablement (quoique 😉 ) de toute considération électorale et partisane, condition sine qua non pour permettre une réflexion critique libre de tout aveuglement clanique et partisan, afin de mieux pointer où il se trouve la marque de mon ennemi : le racisme  et ses déclinaisons plus ou moins avouables.

On ne pourra pas m’accuser de faire le jeu du FN, que je combats farouchement et si durablement, intensément.  Ni celui du camp de Macron, auquel je m’oppose tout autant. Souvenez-vous : ni Le Pen, ni Macron… Comme nous avions raison. Ni fascisme ni capitalisme. Ni règne du racisme et de l’autoritarisme, de la discrimination intolérable, ni règne du pognon roi. Voilà. Antifasciste, je suis à la fois antiraciste et anticapitaliste, la logique de conviction est donc bien là. Mais je suis également internationaliste, et tout nationalisme quel qu’il soit me répugne. No Borders No nations. Pour le droit de chacun(e) à s’installer là où il veut. Je ne suis pas le premier à le dire, et l’écrire, mais alors que les capitaux voyagent si librement, et ceux qui en sont si massivement porteurs également, s’installant ou et quand ils veulent en se plaçant en totale impunité au dessus des lois locales, comme il est étonnant que les autres, la majorité, ceux qui sont contraints par la guerre, la misère, la pollution, la persécution quelle qu’en soit la raison (politique, religieuse, ethnique, sociale) trouvent ainsi sur le chemin de leur avenir qu’ils imaginent forcément meilleur tant d’obstacles, dont des frontières, et des résistances nationalistes. Quel égoïsme, quel recroquevillement, dans des régions qui de surcroît ne se caractérisent pas précisément par l’absence de ressources…

Aussi, quand je vois le tournant inquiétant qu’est en train de prendre mon ancienne famille politique, je suis particulièrement inquiet, et c’est mon devoir antifasciste de le faire savoir. je crois savoir que je ne suis pas le seul à pointer cette dérive inquiétante, ponctuée ça et là de remplacements de symboles gauchistes par d’autres aux relents plus nationalistes, entre drapeaux et chants, musiques et paroles… de plus  en plus souvent malheureuses de la part de certains cadres de cette formation politique, la FI, qui dessine une bien étrange orientation pour un parti et un mouvement  » de gauche ».

source

… et maintenant, ça :

Capture
source

… Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’écris pas, il ne s’agit pas pour moi de prétendre que la critique du fonctionnement des institutions européennes n’est pas nécessaire. Le simple exemple de la manière dont a été traitée la Grèce est une honte absolue à mes yeux. Savoir en outre, cerise confite sur le gâteau à la merde,  que la BCE dégage des bénéfices considérables sur  le dos de l’austérité paupérisante pratiquée dans ce pays,  sous  la pression de la Troïka justement, m’apparait d’une telle amoralité que cela  provoque en moi des envies d’incendie…Mais les signes ne cessent de s’amonceler qui jonchent progressivement la route de la FI d’une bien curieuse couleur… Rouge, vraiment ?

Je pense de plus en plus qu’il y a une réelle tendance (une orientation déjà définie en haut lieu  ?) de la FI, dans une logique de défense des intérêts populaires, de s’adresser de plus en plus à l’électorat frontiste, à tenter de le convaincre, en multipliant les symboles à son intention. Ce que je disais alors de la candidature de celui que l’on tente de nous vendre médiatiquement comme le si brillant Quatennens est très illustratif de ce que je tente de faire mesurer ici.

Capture
source et suite

La ligne rouge à ne pas franchir, à mon sens, est bien là. Quand on choisit comme l’a fait la FI de banaliser ce genre de choses, qui représente à mon sens un danger de confusionnisme politique grave, on passe à autre chose, de particulièrement préoccupant pour toute personne soucieuse de sauvegarde des intérêts démocratiques et de lutte contre le racisme et les discriminations. Un autre travers que je constate trop souvent pour que ce ne soit que des cas isolés, de la FI, c’ est cet intolérable laxisme à mes yeux envers les relais de la peste brune que je dénonce régulièrement ici. Beaucoup parmi elleux ne voient par exemple pas où est le problème, ce qui me pose question, d’utiliser des relais de désinformation et de propagande extrêmement droitière comme RT, Sputnik, Les Crises, et pourquoi pas TVL tant qu’on y est. Pourtant, si les réseaux antifas dénoncent ce genre de sites, ce n’est pas par hasard… Ils véhiculent tous une idéologie d’extrême droite, même si elle se fait parfois sournoise, et pratiquent une désinformation aussi éhontée qu’orientée. Se dire de gauche en véhiculant ce genre de sites, comment dire…

Pour en terminer avec ce billet trop long mais éminemment nécessaire à mon sens, je ne sais que trop bien, personnellement, ce qu’est le souverainisme, et où il mène. Son ingrédient, d’essence nationaliste, en fait pour moi une relais privilégié vers l’extrême droite. Tous les partis, mouvements ou individus qui s’en réclament ou le véhiculent basculent tous un jour où l’autre vers ce que je combats ici. Il me suffira d’y citer des Chevènement, des Dupont-Aignan, des Sapir… Le fait que celui-ci fusse considéré autrefois comme de gauche, alors qu’il a si visiblement basculé aujourd’hui,  corrompu par une complicité et une complaisance avec des partis et leurs idées pourries, ne vous parle-t-il pas ? Voilà ce que je voulais pointer ici, en assurant ce devoir d’alerte. Je ne fais pas encore de la FI un ennemi, mais s’il continue sur cette pente glissante, il pourrait bien le devenir.

Capture

 

2 commentaires

  1. Avec la FI, Jean-Luc Mélenchon fait un pari… risqué. Il le dit, il l’assume. Ce n’est plus une vision politique qu’il entend défendre, mais le peuple dans son entier. Et donc dans sa diversité. Logiquement, il en a découlé un changement de cap important. Là où le FdG défendait une vision de gauche radicale en 2012, la campagne de 2017 a été ponctuée de quelques aggiornamento assez considérables aux yeux de la gauche internationaliste et antifasciste : une certaine tolérance vis à vis des communautarismes, des signes envoyés aux nationalistes. Une campagne faite de touches légères, mais inquiétantes. Pas assez appuyée pour qualifier la FI de Rouge-Brune, évidemment, juste peut-être une tentation électoraliste prêtant à confusion… et semant le doute.
    Pour quels résultats ? Dans son livre « Le Pari du FN » Hervé Le Bras a publié une analyse et des cartes très détaillées de l’électorat frontiste. Et à la lumière des résultats de 2017, force est de constater que des typologies de vote FN ont basculé à la FI. La ville de Marseille en est un symbole, mais la vallée de la Garonne après Toulouse tout autant. Au final, 10 à 20% du vote FI ont été arrachés au FN.
    Est-ce positif ? Pour ma part, je pense que brouiller les lignes de la sorte, c’est rendre inefficace toute prise de position politique. Si JLM avait gagné les élections présidentielles, peut-être aurait-il pu redresser la barre. Mais il a perdu, et sa trajectoire politique se doit aujourd’hui, pour garder cet électorat qui n’est pas fortement ancré à gauche, de lui donner de temps à autre quelque satisfaction.
    Brouiller les lignes entre la gauche et la droite est dangereux. Au final, agréger tous les déçus autour de la colère risque de vider la FI de son contenu. La colère ne remplace pas l’idéal, et surtout, la colère est impatiente et incompatible avec une démocratie qui exige de s’inscrire dans le débat et le temps long.
    Beaucoup de sources d’inquiétudes, donc…

    J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s