Violences et sadisme d’Etat – #Calais – juin 2017

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(billet réalisé à l’aide du thread publié sur twitter par le compte du défenseur des droits, Jacques Toubon)

Si j’en avais les pouvoirs, je porterais plainte contre l’état français pour non assistance à personne en danger, mise en danger de la vie d’autrui, et traitements inhumains et dégradants. J’ai tous les jours un peu plus honte d’être français. Voilà ce que j’ai pu lire à l’instant :

Une équipe du Défenseur des droits s’est rendue auprès des exilés à Calais. Voici ce qu’ils ont constaté sur place. Entre 500 et 600 personnes, dont des mineurs, dorment à même le sol, quelles que soient les conditions climatiques. Les migrants sont traqués jour et nuit dans plusieurs sous-bois de la ville et ne peuvent plus dormir, ni se poser et se reposer. Les exilés à Calais sont visiblement dans un état d’épuisement physique et mental.  Tous les points d’eau ont été supprimés : les migrants ne peuvent pas se laver, ni même boire. C’est leur principale demande. Repas : une seule distribution associative est tolérée le soir, pendant 1h, ce qui ne permet pas de nourrir tous ceux qui le souhaiteraient. Une association procède à des distributions itinérantes pour accéder aux exilés qui n’osent plus se rendre sur les lieux de distribution.  Depuis 1 semaine, parce qu’un prêtre s’est opposé à la présence policière sur le parvis de l’église, une distribution a lieu tous les midis. Les femmes, qui ne bénéficient plus d’aucune structure dédiée, sont susceptibles de faire l’objet de viol et d’exploitation sexuelle. Certaines femmes ont des nourrissons et plusieurs bébés sont à naître. Aucun dispositif d’accueil ou d’hébergement ne leur semble accessible. La prise en charge par l’aide sociale à l’enfance des enfants non accompagnés implique, le soir et la nuit, un passage par le commissariat… Ce qui rend particulièrement dissuasive la démarche. Les associations sont entravées et menacées: verbalisation des véhicules, injonction de mise aux normes de la cuisine, menaces de poursuites…

Le Défenseur des droits demande dès à présent la fin de cette sorte de traque, l’autorisation des distributions de repas… la mise à l’abri des mineurs, la mise en place d’un lieu où les exilés peuvent se reposer et envisager la suite de leur parcours migratoire.

Sans commentaire. Rien à déclarer. Juste une immense colère et un profond dégoût.

Le rapport complet du défenseur des droits est visible ici.

Réactualisation…  au 16.06.2017 Les associations humanitaires présentes sur le secteur ont décidé de s’unir et de déposer un référé devant le tribunal administratif de Lille vendredi 16 juin. Raisons invoquées : Pas d’accès à l’eau, à des toilettes, à une distribution alimentaire, à une information réelle sur les droits, violences policières, entraves au travail des bénévoles, toutes dénoncent les conditions de vie « effroyables » des exilés et « le harcèlement policier »

(Comme le rappelle à bon escient l’excellent blog des Passeurs d’Hospitalité, cela avait déjà été le cas en  à l’automne 2015. Le tribunal administratif de Lille avait déjà été saisi des conditions de vie dans le bidonville de Calais. L’affaire était remontée jusqu’au Conseil d’État.)

De leur côté, neufs exilés saisissent l’IGPN pour des cas de violences policières. L’exemple de Ramidullah. « Ils [les policiers, ndlr] m’ont fait une balayette, je suis tombé sur le dos et ma tête a frappé le sol », raconte l’homme dans son témoignage :

« Puis les policiers ont commencé à me frapper comme si j’étais un ballon de foot. » (source)

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