Bravo les artistes #violencespolicieres #Theo #adamatraore (et on emmerde le #FN)

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Ce mercredi, dans Libé, plusieurs dizaines d’artistes, sportifs, comédiens ont signé une tribune contre les violences policières,  après le viol du jeune Théo lors de son arrestation mais aussi la mort d’Adama Traoré lors de son interpellation à Beaumont-sur-Oise en juillet dernier. En voici le texte, que je tenais à laisser en mémoire ici, tant les mots sont forts, et les accusations envers un pouvoir coupable, puissantes et pertinentes à mes yeux.

Nous, artistes, sportifs-tives, comédien-nes, écrivain-es […] considérons que la mort d’Adama Traoré n’engage pas seulement ses proches mais l’ensemble de notre pays, de notre société.

Cet été, à Beaumont-sur-Oise, un jeune Français est mort entre les mains des forces de l’ordre, le jour de ses 24 ans. Et, depuis six mois, ce qui aurait pu n’être qu’une énième «bavure» meurtrière illustre jour après jour l’impunité de certains gendarmes et policiers en France, telle qu’elle est depuis longtemps dénoncée par les organisations des quartiers populaires et les comités de soutien aux victimes, et par Amnesty International depuis 2009.

Ce 19 juillet 2016, Adama Traoré tente d’échapper à un contrôle d’identité parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui et qu’il connaissait la violence susceptible d’en découler. Interpellé, Adama est plaqué et maintenu au sol par trois gendarmes qui pèsent de tout leur poids sur son corps. Les militaires notent qu’Adama se plaint de ne pas pouvoir respirer, ils l’embarquent dans leur fourgon où il perd connaissance. Plutôt que de le transporter à l’hôpital, ils poursuivent leur route vers la gendarmerie. Ce 19 juillet 2016, vers 17 h 45, Adama Traoré disparaît entre les mains des forces de l’ordre.

Selon la version officielle, les pompiers constatent le décès d’Adama à 19 h 05. Mais rien n’est dit à la famille. Ayant entendu dire qu’Adama «a fait une crise», ses proches contactent les hôpitaux pour rechercher sa trace. En vain. Aux alentours de 21 heures, c’est par un appel aux pompiers qu’ils apprennent que le jeune homme est retenu à la gendarmerie. Oumou Traoré, la mère d’Adama, vient alors demander des nouvelles de son fils à la caserne, où on lui répond qu’«il va très bien». Elle attend donc sur place, avec ses proches. Jusqu’à 23 h 30, quand les gendarmes annonceront la mort d’Adama. Soit quatre heures et demie après le constat officiel du décès.

Les suites de cette mort suspecte nous interrogent : déclarations contradictoires des autorités, tentatives de salir la mémoire de la victime, dissimulation de son corps, escamotage des rapports médicaux, mensonges des forces de l’ordre, pressions sur la famille, intimidations des habitants… Les pouvoirs publics ont manifesté une partialité constante pour éclipser les actes qui ont conduit à la mort d’Adama. Jusqu’au procureur de la juridiction qui évoque «une infection très grave», un «malaise cardiaque» et la présence d’alcool et de cannabis dans le sang d’Adama pour justifier son décès. Autant d’affirmations qui seront démenties par les expertises médico-légales. Le tout afin d’occulter les circonstances réelles de la mort d’Adama Traoré à ses proches, comme aux médias et à l’opinion publique.

Cependant, après qu’il a été démontré qu’Adama est mort asphyxié, et après que le procureur qui a sciemment menti à la famille et aux journalistes a été muté et que l’instruction de l’affaire a été dépaysée à Paris, nous assistons à un acharnement constant des autorités contre une famille dont la détermination, soutenue par la solidarité des habitants de leur quartier, a permis de mettre au jour les contrevérités officielles.

Depuis le premier jour, la maire de la ville n’a cessé d’entraver les sollicitations de la famille. Refus d’autoriser une marche blanche au lendemain de la tragédie, obstruction aux demandes d’entretien de la mère et des frères et sœurs d’Adama, absence de visite sur place et, après chaque manifestation de soutien, extinction de l’éclairage public nocturne dans le quartier (situation propice à toutes les provocations et dégradations) : on est loin d’une recherche d’apaisement. Enfin, après avoir partagé sur sa page Facebook un appel à la violence armée des «citoyens de souche» pour «venir en aide à nos pauvres policiers», la maire a menacé de porter plainte en diffamation contre Assa Traoré – la sœur de la victime, devenue porte-parole de la famille – qui avait dénoncé ce parti pris.

Du côté de l’Etat, malgré les mensonges avérés, le ministre de l’Intérieur n’a jamais eu un mot, ne serait-ce que de compassion, à l’égard de la famille. Interpellé par un député à l’Assemblée, il refuse même de prononcer le nom d’Adama Traoré ; tandis qu’il assure les gendarmes et la maire de Beaumont de son appui plein et entier. Mépris, esprit de revanche et parti pris aveugle, c’est donc le message que les pouvoirs publics renvoient depuis six mois à la famille et aux habitants de Beaumont qui ont manifesté massivement leur solidarité. Finalement organisée, la marche blanche réclamant vérité et justice pour Adama a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une mobilisation sans précédent dans cette commune paisible, derrière une famille qui ne réclame aucun privilège, aucune exception mais exige la stricte application du droit républicain : la vérité sur la mort d’une victime quand la violence des forces de l’ordre est en cause et la mise en examen de ceux qui en sont responsables.

C’est pour cela que l’affaire Adama Traoré est l’affaire de tous : pour affirmer et défendre l’égalité des droits. C’est cette exigence élémentaire que nous, artistes, sportifs, comédiens, écrivains, […], partageons et relayons. Nous refusons que les habitants des quartiers populaires qui sont quotidiennement frappés par la violence économique et la violence raciste soient également abandonnés à l’insécurité, aux mensonges, à une culture de l’excuse permanente des excès des forces de l’ordre et au jeu dangereux des politiques qui tentent de monter les citoyens les uns contre les autres. Nous refusons qu’une part croissante de la population française soit abandonnée par la République, et nous réclamons la plus stricte impartialité des pouvoirs publics quand les garants de l’ordre outrepassent les lois. «C’est une affaire d’Etat», selon Assa Traoré, et nous sommes également convaincus que c’est toute notre société qui se salit, si elle se tait et détourne le regard. Et nous avec, si nous ne réagissons pas.

Le 2 février, à Paris, des rappeurs donnaient à Paris un concert de soutien «Justice pour Adama». Ce même jour, Théo L., 22 ans, subissait la barbarie de l’agression policière qui révolte aujourd’hui le pays. C’est pourquoi nous appelons, par une convergence de toutes nos sensibilités et dans un élan solidaire, à soutenir l’exigence de vérité et de justice pour Adama, de justice pour Théo, comme pour toutes les victimes des violences des forces de l’ordre. C’est notre cause commune à toutes et tous : ensemble contre les violences policières et leur impunité.

Cet appel a été lancé et porté par le site QuartiersXXI.

Premiers signataires : Jeanne Added – Auteur compositrice interprète. Alivor – rappeur. Daniel Allouche – boxeur. Mehdi Alloune – boxeur. Sameer Ahmad – rappeur. Akhenaton – rappeur. Arthur H – chanteur. Virginie Aussietre – Chargée de production. Fred Alpi – chanteur-guitariste. BABX – chanteur. Black M – chanteur. Marine Bachelot Nguyen – auteure et metteure en scène. Eric Bellinger – chanteur compositeur. David Bobée – metteur en scène, directeur du Centre dramatique national de Normandie. Julie Bonan – actrice. Rachida Brakni – comédienne et metteuse en scène. Eric Cantona – acteur. Jil Caplan – chanteuse. Casey – rappeuse. Cenza – rappeur. Cerna – rappeur. Marc Cheb Sun – auteur. China Moses – chanteuse. Chinese Man – hip hop funk. Christine & The Queens – chanteuse. Samuel Cueto – photographe. C2C – DJ. Gerty Dambury – auteure, comédienne et metteure en scène. Décoloniser les arts – collectif. Deluxe – groove. Vincent Delerm – auteur-compositeur-interprète. Nadir Dendoune – écrivain. Alice Diop – auteure réalisatrice. Eva Doumbia – metteure en scène. Rokhaya Diallo – auteure réalisatrice. D’ – auteur, rappeur, réalisateur. Disiz – rappeur et acteur. Nicolas Duvauchelle – acteur. Elephanz – musiciens, chanteurs. Elom 20ce – rappeur. Annie Ernaux – auteure. Feadz – DJ. Fianso – rappeur. Fik’s Niavo – rappeur. Flynt – rappeur. Fresh Gordon – rappeur. Edgar Garcia – Directeur de Zebrock. Georgio – rappeur. Grain d’Sable – rappeur. Grand Corps Malade – slameur. Gringe – rappeur, acteur. Cyril Gueï – comédien, réalisateur. Hervé Haine – chanteur, musicien. Camille Hardouin – chanteuse. Hocus Pocus – rappeurs. IAM – rappeurs. Imany – chanteuse. Jeff le Nerf – rappeur. Jow L. – rappeur, graffeur. JR O Chrome (sexion d’assaut) – rappeur. Mathieu Kassovitz – acteur et réalisateur. Kavinsky – DJ. Kohndo – rappeur. Krista – rappeuse. Ladj Ly – réalisateur. La’Myia Good – chanteuse et actrice. Lola Lafon – écrivaine. La Jonction – rappeurs. La Rumeur – rappeurs. Albin de La Simone – auteur, compositeur, interprète. Le Doc – rappeur. Samuel Légitimus – metteur en scène. LEJ – Chanteuses. Gilles Lellouche – acteur et réalisateur. Le Sous-Marin – rappeur. Lilly Wood and the Prick – chanteuse. Lino – rappeur. Liqid – rappeur. Edouard Louis – écrivain. Mademoiselle K – chanteuse. JP Manova – rappeur. MC Métis – rappeur. Missy Ness – DJ. Mokobe – rappeur. Yannick Noah – chanteur. Harek Nadja – réalisatrice. Nodja — rappeur. Nasme – rappeur. Nekfeu – rappeur. Nnoman Cadoret – photographe. Nodey – DJ. Noruff – rappeur. Samia Orosemane – humoriste. Julien Pitinome – photographe. Pone – DJ. Olivier Rabourdin – acteur. Ramzy Bedia – acteur. Ryaam – rappeuse. Rocé – rappeur. Océane Rosemarie – auteure, comédienne. Aurelie Saada – chanteuse. Safir – rappeur. Saïdou – rappeur. Saké – rappeur. Eros Sana – Photojournaliste, Directeur de publication de Fumigène Magazine. Lyes Salem – acteur et réalisateur. Scred Connexion – rappeurs. Scylla – rappeur. Singe des Rues – rappeurs. Sitou Koudadjé – rappeur. Maboula Soumahoro – cofondatrice du festival Black History Month, historienne. Sound Pellegrino – label House. Skalpel (Première ligne) – rappeur. Skud – rappeur. Archie Shepp – saxophoniste. Stresh – DJ. Omar Sy – acteur. Tekilatex – rappeur. Serge Teyssot Gay – guitariste. Roland Timsit – comédien, metteur en scène. Jean-Pierre Thorn – cinéaste. Tonytoxic — rappeur. Petr Vaclav – réalisateur, scénariste. Vîrus – rappeur. Wira – rappeur. Cathy Yerle – chanteuse, musicienne. Rhita Zaoujal – karatéka. Yassin Zaoujal – athlète de haut niveau. Zebda – chanteurs

Autres signataires:

Zahra Ali – SOAS University of London. Hourya Bentouhami – maîtresse de conférence, université de Toulouse Jean-Jaurès. Yann Cherruault – rédacteur en chef d’International Hip Hop. Sonia Dayan-Herzbrun – sociologue, professeure émérite à l’université Paris Diderot/Paris 7. Marielle Debos – politiste, Université Paris Nanterre. Laurence De Cock – historienne. Emmanuel Devaux – journaliste. Didier Fassin – professeur de sciences sociales, Institut d’études avancées de Princeton
. Eric Fassin – sociologue, professeur à l’université Paris-8. Sébastien Fontenelle – journaliste. Joao Gabriell – auteur. Franck Gaudichaud – enseignant-chercheur (Université Grenoble Alpes). Vincent Gay – sociologue. Samir Hadj Belgacem – Sociologue et politiste, Affilié à l’équipe ETT (ENS/EHESS/CNRS). Michel Kokoreff – sociologue. Geoffroy de Lagasnerie – sociologue. Silyane Larcher – Chercheure au CNRS en science politique. Mathilde Larrere, historienne. Mehdi Maïzi (chroniqueur rap). Nasima Moujoud – maitresse de conférences en anthropologie, université Grenoble Alpes. Ugo Palheta – sociologue, maître de conférences à l’université Lille-3. Paul Pasquali – chercheur au CNRS (sociologue). Chafik Sayari – journaliste. Joan W. Scott – Institute for Advanced Study, Princeton, New Jersey US. Pierre Tévanian – professeur de philosophie, collectif Les mots sont importants. Sylvie Tissot – Université Vincennes-Saint Denis-Paris 8. Fabien Truong – université Paris 8. Laetitia Tura – Photographe

A peine cette tribune publiée, et comme pour donner raison à leurs signataires, et à tous ceux qui soutiennent leur démarche, la lie de notre société représentée par la fachosphère s’est aussitôt empressée de salir l’initiative. Exemple chez FDesouche :

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On notera au passage l’emploi des termes artistes et intellectuels entre guillemets. Les mépriser ainsi en dit déjà suffisamment long sur ce qu’entend désigner comme artistes et intellectuels cette extrême droite là : seuls ceux partageant sa médiocre vision étriquée  de l’art, de la culture et de l’intelligence, qui assurent sa pitoyable propagande, de seconde zone et de bien dérisoire talent comme Franck de Lapersonne, qui n’est en effet pas vraiment quelqun. Les lecteurs/trices apprécieront.

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1 commentaire

  1. Affaire Théo

    Vu la blessure, 10 cm de long au niveau du rectum, c’est plus que de la mauvaise foi que de parler d’acte involontaire, toute pénétration non souhaitée, est un viol, et dans ce cas, un viol avec séquelles physiques.
    Le fait que des pervers, des violeurs et, ou des pédophiles, s’engagent dans les polices, les armées et les mercenaires et fanatiques de n’importe quel pays, que ce soit la France , l’état islamique ou les usa, afin d’exercer leurs perversions la plus part du temps en toute impunité, n’a rien de nouveau, le phénomène remonte au moins à l’antiquité.
    http://philippealain.blogspot.fr/2017/02/le-viol-nouvelle-technique.html

    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/30/des-militaires-francais-soupconnes-de-pedophilie-au-burkina-faso_4665222_3212.html

    http://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/faits-divers-les-braqueurs-avouent-le-viol-dune-fillette-10-ans-apres-3216751

    Le problème actuel, c’est que trop individus et de politicien(nes) couvrent et soutiennent ces pratiques. Celui ou celle qui cautionne ces personnages, cautionne aussi leurs atrocités. Peut-on imaginer un « état français » légitimant le viol et la barbarie?

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