#dossiertabou ? Plutôt dossier #tabouse (ou l’instrumentalisation de la haine raciste)

Hier soir, je n’ai surtout pas regardé M6, et son émission racoleuse annoncée à grands renforts de teasing tapageur… La chaîne, l’animateur (ce n’est définitivement plus un journaliste, qui lui recherche la vérité profonde), le sujet, le titre (tu parles d’un tabou, qui s’étale tous les jours de manière incessante, pernicieuse et bien visible, qui s’affiche si volontiers...), tout était fait pour attirer un certain public à la recherche de sensations fortes. Il suffit de s’être préalablement imprégné (j’en pue encore)  de ses émissions genre « enquêtes exclusives » pour être averti de ce qu’on va trouver et des méthodes. De la daube en barres pour acculturés sans références historiques, ni culture politique et encore moins au fait des affaires dont il s’agit. Les détails ont pourtant en effet leur grande importance, en matière de faits divers. Ce « journaliste » là ne s’en encombre guère… pas plus que d’informations pertinentes et riches, nécessitant un minimum de concentration, et insufflant de la matière à penser. Ce n’est pas ça que l’on recherche, dans ses émissions. Il connait son public :  des gens à qui les à peu près, les clichés et les amalgames servent de matière à penser. Ou plutôt, à se vider… On pouvait donc compter sur De la Villardière, pour nous en donner, des sensations fortes, eu égard à sa vie et son œuvre. Et donc, m’abstenant volontairement de regarder ce qui s’annonçait comme une belle merde, j’ai reçu en pleine face les réactions sur twitter… Aller sous le hashtag dédié vous convie à mettre les yeux dans la fange la plus infecte. Vous n’en sortirez pas indemnes… L’animateur du site FDesouche Sautarel ne s’y est d’ailleurs pas trompé :

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La manière dont l’émission a été montée et conçue (pour faire du buzz, et rien d’autre, une manière de rattraper leurs précédents avatars tout pourris ?;) m’a fait penser au petit scénario qu’un journaliste plus talentueux que d’autres, Samuel Laurent, a modélisé, en l’occurrence à propos de la polémique sur le burkini, mais qui s’applique également parfaitement ici :

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Le processus de fabrication de la polémique étant enclenché, il suffisait que la meute raciste de la #TeamRDN aux multiples noms, visages, comptes et fakes se lance à la curée, et le tour était joué. Et ce qui devait arriver avec pareil simulacre d’enquête, qui n’est qu’un appareillage journalistique grossier fait de provocation dans l’intention de faire du buzz,  arriva. Devinez quoi ?

Et le tiercé gagnant est… (quelle surprise ! 😉

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CQFD. Pour pourrir les esprits, on peut compter sur des réseaux de plus en plus asociaux, qui démultiplient l’impact de nuisance…  Je commence à connaître toutes leurs combines de manipulation des masses laborieuses.  Et ce n’est pas joli joli… Entendons nous bien, je n’ai jamais dit – je les vois venir, les neuneux – qu’il n’y a pas de dealers (si, dans la cage d’escalier de mes enfants, à côté…), ni d’islamistes radicaux (personnellement, je les évite. Et eux aussi). Je dis que procéder comme cela à des amalgames aussi évidents que je laisse à d’autres plus spécialisés et concernés le soin de démonter est tout simplement ridicule, et ne résiste pas à l’analyse ni à la recherche d’informations crédibles et fiables qui ne relèvent pas du hoax une seule seconde.

Post-scriptum :

Pièce à conviction n°1 : L’humoriste Samia Orosemane raconte comment elle a été flouée par Bernard de La Villardière dans son « reportage ».

Pièce à conviction n°2 : Apportée par Delphine Legouté, Rédactrice en chef du site de Marianne le Mag, ce bidouillage :

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Pièce à conviction n°3 : apportée par David Perrotin, pour Buzzfeed France. Dans une vidéo tournée par les jeunes eux-mêmes, mis en cause dans le reportage, on peut constater l’incroyable inversion de situation… Des salafistes et des dealers, vraiment ?