Quand l’ascenseur social dépasse le 36ème sous sol…

Bien que non spécialiste des questions scolaires (malgré une formation initiale en sciences de l’éducation, paradoxe, quand tu nous tiens…), sur lesquelles j’ai tendance à déléguer (un peu trop ?) mon analyse au toujours très pertinent Grégory Chambat, mon regard s’est arrêté sur cet article :

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J’espérais en le lisant trouver quelques clés d’éclaircissement du phénomène décrié. Je veux dire davantage d’explications que celles usuellement apportés, relevant essentiellement de la reproduction  dénoncée depuis si longtemps par Bourdieu et Passeron. Et oui, j’en suis resté là… Je me fais vieux. Que nous dit l’article ?

Le Cnesco, instance indépendante créée en 2013 pour évaluer les politiques publiques en matière d’éducation, a mobilisé pour l’occasion de l’étude sur laquelle repose l’article 22 équipes de chercheurs en France et à l’étranger. «Des économistes, des didacticiens, des sociologues, des psychologues…

«Les résultats cumulés de ces recherches sont étonnants mais les responsabilités ne sont pas toujours où l’on pense…».

  • Notre école est la plus inégalitaire de tous les pays de l’OCDE comparables à la France. Pourquoi? D’abord, parce que chez nos voisins, la situation s’améliore. En France, à l’inverse, nous n’avons pas réduit les inégalités d’un pouce. Pire, elles augmentent.
  • «très récemment, les inégalités se développeraient encore plus parce que les résultats de l’élite scolaire sont, eux, à la hausse»
  • Un même diplôme n’a pas le même rendement: il ne donne pas les mêmes chances d’obtenir un emploi selon l’origine sociale du jeune. C’est particulièrement vrai pour la voie professionnelle.
  • «A niveau d’éducation, milieu socio-économique et résultats de l’enfant donné, les familles issues de l’immigration maghrébine envisagent ainsi trois fois plus une orientation vers un bac général que les familles natives en France». A catégories socio-professionnelles égales, ils sont deux fois plus nombreux à leur payer des cours de soutien scolaire.
  • En dix ans, selon Pisa, l’écart de performance scolaire entre les élèves issus de l’immigration et les natifs s’est accru. «Il y a un gouffre entre l’investissement des familles et la réalité de la réussite». Pourquoi? Le sociologue Georges Felouzis, membre du collectif de chercheurs, a tourné la question dans tous les sens : «Ce n’est pas seulement lié au niveau de diplôme des parents, qui lui a progressé. Il y a autre chose», dit-il. Dans son jargon, il pose l’hypothèse d’un «soupçon de discrimination systémique».
  • La politique d’éducation prioritaire, menée en France depuis 1981, repose pourtant sur le fondement inverse: donner plus à ceux qui ont le moins. «Nous avons tous les signes d’une discrimination positive mais qu’en est-il en réalité? Les établissements en éducation prioritaire ont-ils réellement plus?». La démonstration est implacable. La taille des classes d’abord. En moyenne, on compte deux enfants de moins par classe en éducation prioritaire, «ce qui n’a pas d’impact significatif dans les enseignements»
  • des méthodes d’apprentissage moins élaborées (et pas celles qui permettent «d’apprendre à apprendre»). Ils seront alors désavantagés dans la poursuite d’études.
  • Enfin, et là c’est un point bien connu, déjà démontré par le Cnesco dans de précédents travaux: les élèves en éducation prioritaire se retrouvent dans des établissements souvent ségrégués.
  • La principale explication de l’état des inégalités à l’école tient aux politiques publiques. Et en particulier, à cette politique d’éducation prioritaire menée pourtant de manière constante depuis 35 ans. «Loin de faire de la discrimination positive, elle produit en réalité de la discrimination négative, à cause des effets pervers».

Conclusion :

«commençons d’abord par déségréguer les 100 collèges les plus ghéttoïsés»

Moi, je veux bien. Mais ce qui m’intéresse, c’est plutôt le Comment… ? La mixité sociale, je n’en vois guère l’horizon… Anne, ma sœur Anne ? A moins que ce soit mon frère Grégory ? La question de classes reste posée. J’attends. Comment envisage-t-on ce thème de débat vu de l’intérieur ? La question de cette fameuse déségrégation est-elle vraiment à l’ordre du jour ? Et si oui, comment ? ça m’intéresse…

 

 

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