Quand nous étions nous aussi #migrants : devoir de mémoire en photos.

Les photos qui suivent ont été publiées dans le magazine américain Time, qui a demandé au photographe Sanna Dullaway de coloriser des photos des populations qui ont migré pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pour quelle raison ? Pour montrer que la réalité d’hier ressemble à celle d’aujourd’hui. Seuls les acteurs ont changé : ils étaient européens, aujourd’hui ils sont syriens, afghans ou irakiens. Une exposition éducative et pédagogique à l’intention de tous, mais peut-être plus particulièrement de ceux qui n’ont pas de mémoire, au point d’en oublier l’histoire, un des piliers fondamentaux de notre culture commune, dont cette époque semble avoir cruellement besoin. Peut-être que ces photos seront plus efficaces pour les sortir de leur déni, de leur rejet ou de leur égoïsme que les habituels discours ordinaire des militants et associations antiracistes ? ça ne coûte rien de  tenter… La visite commence :

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1er mai 1945 à Tangermünde, en Allemagne, des habitants traversent un pont sur l’Elbe détruit par l’armée allemande, pour échapper aux troupes soviétiques.

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26 septembre 1945 à Berlin dans un camp de réfugiés.

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Mars 1945, en Allemagne dans un camp de personnes déplacées.

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14 décembre 1945, les seuls survivants parmi 150 Polonais qui ont marché de Lodz, en Pologne, à Berlin dans l’espoir de trouver de la nourriture et de l’aide. Blottis sous leurs couvertures, ils espèrent être récupérés par un train de l’armée britannique.

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Une femme allemande sans-abri. La ville a été détruite suite à un bombardement des forces allées.

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2 janvier 1945 à La Gleize, en Belgique, un groupe de réfugiés attend d’être transporté en dehors de la ville.

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1940, un groupe de réfugiés fuyant Paris avant l’invasion de l’armée allemande.

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Une gare, des réfugiés de l’Allemagne de l’Est sur un train.

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Janvier 1945, des réfugiés belges suivant la ligne ferroviaire avec leurs bagages.

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mai 1945, une foule de réfugiés derrière les barbelés. Ils attendent de traverser la frontière vers l’État neutre du Liechtenstein.

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mai 1944 à Philadelphie. Un groupe de Portugais vient d’arriver à Philadelphie.

J’ai découvert ces photos (il y en a bien d’autres…) par l’intermédiaire d’un ami qui en avait publié le lien sur facebook. Il m’a amené vers ce site, PositivR, que je ne connaissais pas. Le concept est intéressant, de vouloir ainsi  instiller de la pensée positive, ce qui manque cruellement en effet sur les sites d’information main stream. Aussi vais-je creuser cette affaire. Vous me connaissez à présent, je suis prudent, voire méfiant. Des fois que l’on tombe sur une secte, ou un bazar qui propage de la merde des informations erronées, de la daube complotiste ou confusionniste… Je vous redirai plus tard.

Post-scriptum : alors que j’observais sur la fachosphère les bas du front propager leur habituelle pollution idéologique raciste, sous le hashtag #migrants, je suis tombé sur ce tweet d’une personnalité d’extrême droite bien connue :

le-gallou

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Alors que je lui faisais remarquer qu’un grand intellectuel comme lui (rires. Voir ici pour ceux qui ne se souviennent plus de lui… Ils ne perdent rien) devrait réviser son Lavisse, le grand personnage sûr de son intelligence, à ma grande surprise, m’a répondu ceci :

capture

… et aussitôt un type qui suçait sa roue (merdique, la roue, ça pue le caca de chien) a embrayé par ceci. Un festival :

capture

J’ai d’abord cru à un fake… mais non. C’est pour de vrai.  La négation même du message que je tentais de faire passer ici. Adieu monde cruel… En tous les cas, le fait qu’un cadre de l’extrême droite, et non des moindres puisqu’on lui attribue la paternité du terme de « préférence nationale », un « penseur » qui est à l’origine du fameux Grece, s’abaisse à répondre à un obscur quidam sur twitter pour lui apporter la contradiction, voilà qui en dit un peu long sur l’efficacité progressive de mes billets. On avance. La réponse est affligeante, même pas digne d’un colleur d’affiches du FN… Un intellectuel, vraiment  ? j’ai de cette fonction une plus haute estime. Je vous laisse répondre à ces gens. Moi, ils me fatiguent. je connais par cœur leurs pathétiques arguments, leurs clichés, leur univers détestable et excluant.  je préfère me contenter du plaisir délicat de passer pour un con aux yeux de pareils imbéciles. Monsieur Pignon vous remercie. Un plaisir sans pareil de traqueur de bas du front dans les internets que vous ne pouvez pas comprendre… Affaire suivante.

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4 commentaires

  1. un de mes époux était hongrois de 56, ils ont traversé la frontière vers l’autriche avec un gros panier au bras du père, dedans un peu d’argenterie et les 2 soeurs jumelles à peine nées, lui et son grand frère portés par la mère. ils sont arrivés à genève via la croix-rouge, lui a perdu la voix, au sens premier, pendant un an, et quand il a recommencé à parler, il parlait français et était bègue. ils sont devenus citoyens genevois/suisses assez vite (c’est d’ailleurs par mon mariage que j’ai pris l’origine genevoise). en hongrie, le père était au gouvernement au ministère de l’agriculture (il est devenu oenologue genevois), la mère était journaliste (mais impossible de retrouver du travail). et les quatre enfants, loin de l’oppression et des menaces, sont devenus des suisses très suisses tout en gardant un tout petit fond de nostalgie balkanique. et ma famille à moi, mais ça bien avant, était d’un côté juive polonaise arrivée en argovie suite à un des nombreux pogroms, et de l’autre protestante française arrivée à genève. il suffit de grailler, des fois même pas loin, dans l’arbre généalogique, pour trouver des guerres, des ruines, des fuites éperdues dans les montagnes, des morts, et puis des asiles, un accueil, une paix retrouvée, la possibilité de se faire une vie, de donner une chance à ses mômes.

    (je trouve pas vraiment nécessaire la colorisation de ces images, mais elles sont belles, humaines, réelles, tragiques, mais aussi pour certaines brillantes d’espoir et d’envie de VIVRE)

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  2. @zozefine : la colorisation est probablement une idée d’intello qui s’est dit qu’en leur donnant de la couleur, les photos paraitraient plus actuelles, comme le problème qu’elles posent… Et qu’elles parleraient peut-être plus directement, paraissant ainsi plus actuelles à une génération plus jeune qui a perdu la mémoire…

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  3. (à propos du grece : une petite djeune anglaise voulait faire « amie » sur FB. bon, moi je regarde ce qu’elle propose et surtout les groupes dont elle fait partie. je trouve plein de groupes avec « grèce » dedans, dont… le GRECE… me suis amusée à lui expliquer les pièges du français et des acronymes) (c’est increvable ce truc ! j’étais encore ado, l’internet était très loin d’être inventé, et je voulais faire du papier artisanal, ben je sais plus comment mais un artisan faiseur de papier avait pris contact et m’avait fait la retape pour le GRECE, je crois qu’il en faisait partie. j’avais fui mais il m’avait fallu un moment avant de réaliser le piège)

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