Votre Gaule n’est pas la nôtre, bien plus vaillante… ;) et lumineuse #Gaulois

* A Martin Pontier, notre Obélix à nous…

captureAlors que certains conçoivent leur petite identité personnelle toute rabougrie comme s’ils vivaient dans un camp retranché entouré de fils de fer barbelés – les mêmes qui vont construire ce mur infâme – d’autres ont une vision un peu plus ouverte et conviviale notre société française. Dommage qu’il soit nécessaire d’aller les sortir de leur tombe pour animer notre époque culturellement atrophiée de leur souffle salvateur :

Nous sommes français, » nos ancêtres les gaulois » (…), un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un peu espagnols, de plus en plus portugais, et peut-être, qui sait polonais.

« Et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes »

Voilà des propos qui doivent faire frémir d’horreur ces chantres de l’identité nationale figée qui officient de la droite à son extrême, confondus qu’ils sont en un même prurit verbal dans lequel on peine à déceler la moindre trace de tempérance idéologique, si ce n’est de réflexion.

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Pourtant, la manière dont on conçoit, vit et enseigne l’histoire  et comment on la nourrit (elle ne saurait être monolithique, à moins de refuser de penser…) a, me semble-t-il une place importante à jouer dans la guérison de notre pays,  tellement malade que  son accès de fièvre réactionnaire nécessite un traitement radical, chacun(e) en est conscient. La gauche étant en train de perdre la bataille des idées et de déserter le champ de l’humanisme nécessaire et indispensable à notre guérison nationale pour vouloir trop ressembler à la droite, aspirés qu’ils sont tous par ce trou noir qu’est le FN, il s’agit donc de reconquérir cet espace perdu. Historique, symbolique, conceptuel, imaginaire, inconscient, idéal, utopique et philosophique, il n’en est pas moins particulièrement indispensable.

« Tous les pays qui n’ont plus de légende seront condamnés à mourir de froid » – Patrice de la Tour du Pin.

Aussi ai-je été renforcé par une certaine lecture matinale dans mon propos destiné à ne pas nous laisser tirer vers le bas et à droite (extrêmement)  par ces forces qui tiennent la corde de l’autre côté.

captureVous savez,  ces gens qui, jeunes ou vieux (là n’est pas le propos), refusent toute transformation de notre société, tout  mouvement de l’histoire s’il ne sert pas leurs seuls médiocres intérêts personnels, de classe et de caste, comme  leur vision rabougrie et pleine de clichés jamais revisités de notre société et de son origine. A l’instar d’une Mathilde Larrière ¹, Véronique Servat attire notre attention, dans un article de Bastamag ici, sur le fait que,  lors de chaque campagne électorale, le sujet revient dans le débat : l’histoire serait mal enseignée à l’école. Il faudrait revenir à un grand « récit national », avec ses rois, ses « grands hommes » et ses grands mythes, sous prétexte d’imposer aux élèves une certaine identité de la France.

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Comptez sur elle et bien d’autres forces vives de la nation pour ne pas laisser le camp d’en face, ces purs réacs, laisser filer la corde… Je l’en félicite et appelle de mes vœux  l’émergence d’un mouvement (enfin !) visible qui nous permette de mieux respirer dans ce pays si étouffant, et qui, osons le dire, pue.

Besoin d’un souffle neuf ? De changer d’air ? Pour en terminer avec ce billet long, rions un peu. Boutade, pirouette, et saillie drôlatique sont les mamelles de notre esprit national, après tout. A  propos de légende, indispensable supplément d’âme dont notre pays semble à court, il est en train de nous en naître une, et de nous advenir ce (super !) héros que nous attendions tous, nous autres, gauchistes.  Je me demandais quelle signification attacher à cette anecdote qui fait jaser dans les internets… Pourquoi diantre tant de gens relaient-ils donc cette information que j’ai twitté depuis ma médiathèque locale en feuilletant benoîtement plusieurs journaux, dont Marianne, qui n’a rien d’un repaire médiatique de gauchistes, c’est le moins qu’on puisse dire… Car il est utile de le préciser, en l’espèce :

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Peut-être ceux qui ont retwitté en masse cela, avec des commentaires plus ou moins aboutis et ironiques sur l’ exploit extraordinaire de cet incroyable Hulk  syndical qui a terrassé à lui seul 7 policiers en armure (le ridicule de cette décision de justice là..) leur rappelle-t-il notre autre héros national : Obélix ?

Le directeur de campagne de Sarkozix devrait méditer sur le fait que ce dernier, lui,  ne luttait pas seulement contre l’envahisseur arabe romain, mais aussi, de par sa  sensibilité, faite de  tendresse, d’amour de son prochain et de compassion, contre la connerie… et l’injustice, en venant en aide aux plus malheureux, dont il se foutait éperdument de la couleur, de la religion et de l’origine. Un con est un con.  CQFD. L’important n’est-il pas d’améliorer l’existence de chacun(e) ? Pour avoir perdu cela de vue, nos politiciens ne convainquent plus. Et leurs pires outrances n’y changent rien : gaulois !

 

¹ Mathilde, dont nous sommes nombreux à avoir apprécié tant le talent, la répartie que les connaissances disposées sur twitter dans une belle répartie historique envers cet autre étriqué qu’est Manuel Valls,  à propos d’une Marianne au sein nu et à la signification qu’il convenait selon lui d’y apporter… Pan sur le bec !

 

5 commentaires

  1. Prof d’histoire-geo, je suis tout aussi opposé que toi à la vision de l’histoire idéalisée que tu critiques dans ton article. Mais tu ne peux pas non plus refaire l’histoire en passant à côté des hommes qui ont à un moment ou à un autre incarné un mouvement plus vaste, en provenance du peuple. Il s’agit d’un tout, individu et collectivité. Avec tes saillies virulentes, tu es un bel exemple d’individualite. On n’entend que ta colère, c’est dommage. Tu parles du bien fondée des légendes, mais ton propos est à sens unique car trois lignes avant tu critiques avec virulence l’histoire de France des hommes illustres. Crois tu vraiment que ces hommes illustres ont seulement œuvre dans leurs existences pour qu’on parle d’eux ensuite ? Je suis d’accord avec l’objet de ta lutte : les réactionnaires, craintifs des évolutions socio-économiques, de la libéralisation des moeurs, etc. Mais ne vois-tu pas que ton côté vindicatif crée beaucoup de défiance et de confusion, t’empêche d’aller au fond des choses et d’eventuellement te faire entendre d’un public plus large ? A moins que tu penses qu’il faille tout brûler. Mais ce sera encore et toujours au prix de beaucoup d’injustices. Si tu veux le bien des gens, détrompe toi, rien n’est simple pour y accéder, ce sont des générations et des générations qui y ont travaillés, avec des casseurs et des anarchistes violents aussi parfois, mais qui ont toujours fait plus de mal que de bien. Et je ne parle pas de Pontet, il n’a pas l’air très méchant en effet, et je trouve qu’il affiche un charisme indéniable. Je ne te dis pas de cesser la révolte mais peut être de la raisonner davantage car elle n’en sera que plus efficace.

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