« On sent venir l’élection sans projet de société d’un côté comme de l’autre » #Rocard

La mort de cette personnalité politique de premier plan m’a laissé un peu abasourdi, au point que j’ai du attendre un peu d’avoir digéré cette information avant d’écrire ce billet. Car pour quelqu’un(e) de ma génération, Michel Rocard a été quelqun qui a beaucoup compté, et qui a inscrit sa marque dans l’histoire, qu’on l’apprécie ou pas.   Il représentait toutefois une famille politique qui n’est pas la mienne, cette « deuxième gauche »  socialiste aujourd’hui triomphante (la culture et la profondeur idéologique en moins), qui se veut tellement moderne qu’elle a allègrement dépassé  ses fondamentaux, au point qu’on ne puisse que bien difficilement la distinguer de la droite. Une gauche social-démocrate (d’inspiration chrétienne en ce qui le concernait, alors que je suis athée) à laquelle je ne saurais souscrire, bien que je lui sois en partie reconnaissant d’avoir contribué à la création du RMI, ancêtre du RSA. (Je le suis beaucoup moins quant à la CSG, cet impôt sur une partie de salaire qu’on ne touche pas, une injustice intrinsèque) .   je ne verserai donc pas de larmes de crocodile. Je me mentirais à moi-même en instrumentalisant cette mort, à l’image de tant d’autres qui n’emporteront ainsi que mon plus cordial mépris. Ainsi de celui qui prétend en être l’un des héritiers, qui a été formé sous sa tutelle, du moins dans un premier temps, ce premier ministre tant honni, pour qui je ne nourris qu’opposition ferme et définitive tant il représente de négation des valeurs de gauche :

« je me suis engagé en politique par et pour Michel Rocard. Parce qu’il avait dit en 1978 qu’il n’y avait pas de fatalité à l’échec de la gauche. Parce qu’il disait avant les autres que le changement passe par la réforme et non par la rupture ».

Il semblerait que cette admiration ne soit pas aussi évidente…

Capture

Cet extrait provient de ce que certains journalistes ont déjà qualifié de « testament politique » de Michel Rocard : un interview donné au journal Le Point, si peu de gauche… Cela est cohérent avec son titre puisque ce dernier est « la gauche française est la plus rétrograde d’Europe« . Je pourrais éventuellement partager le constat, mais certainement pas pour les mêmes raisons, ni aux mêmes fins… Il y dit notamment ceci, qui me semble constituer un point clé d’analyse et de sagesse que je partage. Aussi,  je le laisse à votre méditation pour mieux m’effacer, comme il se doit…

«Les politiques sont une catégorie de la population harcelée par la pression du temps. Ni soirée ni week-end tranquille, pas un moment pour lire, or la lecture est la clé de la réflexion. Ils n’inventent donc plus rien. On sent venir l’élection sans projet de société d’un côté comme de l’autre.»

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