Manu Militari montre son vrai visage : la haine du peuple de gauche #manif23juin

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[en mémoire de ceux de Fourmies : Maria Blondeau (18 ans), Louise Hublet (20 ans), Ernestine Diot (17 ans), Félicie Tonnelier (16 ans), Kléber Giloteaux (19 ans), Charles Leroy (20 ans), Émile Ségaux (30 ans), Gustave Pestiaux (14 ans), Émile Cornaille (11 ans), Camille Latour (46 ans).]

Le droit de manifester est une liberté publique essentielle, et la restreindre en même temps que le gouvernement a empêché le débat parlementaire d’aller jusqu’au bout et se prépare à recommencer, revient à porter directement atteinte à la vie démocratique de ce pays. (LDH)

Ils ont osé. Jamais je n’aurais pensé qu’ils auraient pu tomber si bas dans une telle radicalisation du pouvoir… Interdire une manifestation, on n’avait pas vu ça en effet  depuis la guerre d’Algérie, nous dit Marianne, soit il y a plus de 50 ans ! Et à l’époque, le Préfet de police était un certain… Maurice Papon. Beau symbole que voilà, pour un pouvoir qui se dit de gauche, poussant le grotesque jusqu’à se revendiquer de l’esprit du Front Populaire (ils osent tout) en allant célébrer un timbre à sa mémoire, alors qu’il peine tant à le montrer, lui qui bascule avec de plus en plus d’obstination coupable dans l’autoritarisme et le sécuritaire (blessant violemment, jusqu’au coma, mutilant et tuant), dévolu autrefois à la droite, si ce n’est son extrême… Autre référence historique peu glorieuse quand on est de gauche, mais certainement pas à la sauce Valls, que cela ne doit pas effrayer surtout quand on admire un personnage d’Etat connu comme un briseur de grèves qui a fait tirer sur son peuple :

« Cela pourrait rappeler le bras de fer entre Margaret Thatcher et les mineurs britanniques« , souligne Danielle Tartakowsky, présidente de l’université Paris VIII et spécialiste des mouvements sociaux.

J’ai apprécié l’attitude particulièrement responsable, bien plus que celle d’un  gouvernement si extrêmiste, ces derniers jours des organisations syndicales qui ont appelé à cette grève du 23 juin. Le bras de fer qu’a engagé Valls en personne avec le patron de la CGT, en voulant lui tordre le bras pour lui montrer dans un concours de kikalaplusgrosse particulièrement ahurissant qui est le plus fort, fut très instructif sur la sagesse ou pas de ce petit premier ministre irrascible là. Ainsi, tenter d’écraser du talon la mobilisation sociale en arguant d’obscures raisons de sécurité, refuser une manifestation mobile pour proposer une version statique alors qu’elle comporte encore plus dangers pour les manifestants eux-mêmes du fait de l’impossibilité dans laquelle ils se trouveraient alors de s’échapper, voilà qui vaut son pesant de cacahuètes… Une proposition si grotesque que cela n’a pas manqué de faire rire toute la twittosphère. ll reste encore une carte à jouer pour les syndicats afin d’avoir le dernier mot, si tant est qu’ils le souhaitent, en tous cas sous cette forme là, c’est de déposer un recours devant le tribunal administratif. Mais n’est-il pas trop tard ?

«En référé, la décision peut être rendue très vite, sous 24 heures», souligne l’avocat. «D’autant qu’il s’agirait d’une procédure extrêmement regardée.» La situation s’est déjà produite. En mai dernier, des militants antifascistes s’étaient vus interdits de manifestations à Paris. Sur dix arrêtés préfectoraux, le juge administratif en avait rejeté neuf. (source)

Pour clore le topo sur le sujet, voir une organisation des droits humains de notre propre pays s’opposer au gouvernement en appelant à ne pas respecter l’interdiction de cette manifestation, voilà qui est pour le moins inédit. De mémoire de militant, je n’avais jamais vu ça de ma vie… Coaliser l’ensemble des forces de gauche contre lui, en leur insufflant une énergie contestataire comme jamais depuis si longtemps dans notre pays, ce gouvernement aura au moins réussit ça. Misérable miracle, dirait Michaux.

Post-scriptum : j’apprends à l’instant, avec autant de stupéfaction que devant son interdiction,  qu’un nouveau trajet  de manifestation à Paris vient d’être accepté par les organisations syndicales, sur proposition du Ministre de l’intérieur. En 9 ans de blogage politique, d’observation et d’analyse de la vie publique, je n’ai jamais connu un tel… bordel. La situation est totalement incompréhensible. Mais en même temps, je ne boude pas ma joie de voir le petit premier ministre droit dans ses bottes ainsi déjugé. Bienfait pour sa gueule. A force de pousser le bouchon trop loin…

Et comme dit l’autre, pour finir sur une note d’humour, quand on connait le nouveau parcours de ladite manifestation… 😉

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