Extraire le jus noir des #panamapapers n’éteindra pas nos rêves d’incendies…

Depuis hier, je me demande vraiment ce qu’apportera concrètement ce travail d’investigation nommé Panama Papers, fruit d’une coopération journalistique internationale admirable, qui pourtant  m’impressionne et que je respecte profondément.  Nous n’avions cependant  pas besoin de cette énième « révélation » journalistique pour savoir à quel point ce monde est profondément corrompu. L’idée qu’il est plus facile de frauder selon que l’on soit puissant ou misérable s’impose comme une évidence dans mon milieu social. Mon propre père  a été rattrapé par le fisc sur dénonciation par l’un de ses propres collègues de travail simplement parce qu’il réalisait quelques heures d’entretien d’immeubles résidentiels par semaine  pour arrondir ses fins de mois difficiles. Aussi, je suis assez désabusé quant aux conséquences réelles de ce nouveau scandale international, qui ne fera à mon avis qu’entraîner davantage de révolte sourde, mais aussi d’impuissance collective, et d’effets de manche politiques particulièrement hypocrites. On ne sait que trop bien à qui sert ce genre de pratiques bien connues depuis longtemps, et qui est sensé les combattre. Ils proviennent des mêmes castes, des mêmes clans, et se connaissent fort bien. Ils ne risquent donc pas de se tirer dans les pattes, ni scier la branche sur laquelle ils sont assis. Pour affirmer cela, nous avons des éléments de comparaison antérieurs. Les précédents de wikileaks ou de Luxleaks ne nous invitent en effet pas vraiment à l’optimisme béat. Julian Assange est toujours enfermé dans une pièce exigüe  de l’ambassade d’équateur à Londres. Sa demande d’asile a été médiocrement rejetée par François Hollande l’année dernière. Antoine Deltour, l’un des lanceurs d’alerte du Luxleaks, ancien salarié du cabinet PricewaterhouseCoopers, a été inculpé le 12 décembre 2014 par la justice luxembourgeoise, pendant que l’un des plus hauts responsables de ce scandale financier, le ministre de l’économie luxembourgeois de l’époque, Jean-Claude Juncker, aujourd’hui  président de la Commission européenne, n’a quant à lui pas été inquiété, et qui plus est protégé par ses pairs. Les sociétés qui ont bénéficié de ce système d’optimisation fiscale n’en éprouvent aucun remords, et probablement ne voient même pas où est le problème. Dans cette longue lignée d’immoralité et de cynisme,  j’ai entendu hier, stupéfait, l’immonde Thréard, tempêter contre cette dictature de la transparence, et justifier sans la moindre honte les pratiques de ceux qui ont été impliqués dans les Panama papers par le fait qu’on ne saurait les blâmer de tenter de s’enfuir de cet enfer fiscal que serait la France… Pareillement, je ne vois guère la plupart des médias se risquer à citer le nom de Drahi (auraient-ils peur ? ), mais on balance plus volontiers les Balkany, de toute façon déjà grillés jusque la moelle, surtout depuis qu’ils ne sont plus protégés par leur ami Sarkozy, ou  Cahuzac, dont on notera qu’il n’est toujours pas condamné après tout ce temps. Alors, quand je prends connaissance de la réaction de Hollande sur le sujet, j’hésite entre l’envie de hurler et celle de le plaindre de tant d’hypocrisie sirupeuse et profondément ignoble :

« Si je peux dire, c’est une bonne nouvelle que nous ayons connaissance de ces révélations parce que ça va nous faire encore des rentrées fiscales de la part de ceux qui ont fraudé », a affirmé le président, soulignant que « rien que pour l’année 2015, 20 milliards d’euros ont été notifiés à ceux qui avaient fraudé » et que sur ces 20 milliards, l’État avait « déjà repris 12 milliards d’euros ». « Donc, je remercie les lanceurs d’alerte, je remercie la presse qui s’est mobilisée et je ne doute pas que nos enquêteurs sont tout à fait prêts à étudier ces dossiers et ces cas pour le bien d’abord de ce qu’on peut penser être la morale, et aussi pour le bien de nos finances publiques », a-t-il poursuivi. « C’est grâce à un lanceur d’alerte que nous avons maintenant ces informations. Ces lanceurs d’alerte font un travail utile pour la communauté internationale, ils prennent des risques, ils doivent être protégés », a encore dit le chef de l’État.

Quand on voit le sort que  notre pays réserve aux dits lanceurs d’alerte, on ne peut qu’être inquiet… Et ce qui m’énerve au plus haut point, c’est de penser par anticipation que les sommes dissimulées au fisc feront au mieux l’objet d’interminables transactions entre les intéressés et l’administration fiscale, qui oubliant que les principaux lésés, eux, les contribuables ordinaires,  ne font pas vraiment l’objet de tant de mansuétude… Pire, cela n’empêchera nullement les immuables médiacrates et autres politiques déconnectés des réalités sociales de fustiger ces salauds de pauvres qui ne font rien qu’à profiter du système. Alors, vraiment, devant tant de cynisme et d’injustice, le moment est venu de donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Faut que ça pète. je n’attends plus rien de ces gens là. Simplement, je rêvé d’incendies. Et quand des hordes de chômeurs, de pauvres et de précaires  enfonceront vos portes, je serai avec eux. Car l’injustice et trop criante.

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