«On ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit !» #presidentielle2017

je viens  de prendre connaissance, un peu tardivement je l’avoue, par le biais d’une réponse qui l’est beaucoup moins, d’un texte véritablement  intéressant comte tenu d’un contexte politique particulièrement affligeant (dont tout le monde voit bien à quel point il est anti-démocratique et anti-social), de Julien Coupat et Eric Hazan, dans Libé.

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Inutile de présenter le premier, auteur présumé du comité invisible qui a rédigé l’Insurrection qui vient (et « ultra-gauchiste » patenté du groupe « anarcho-libertaire » de Tarnac), dont il est utile de rappeler qu’il est toujours mis en examen depuis tout ce temps malgré l’absence totale de preuves. L’acharnement politico-judiciaire est à mon sens manifeste. Le second est un peu moins connu du grand public peu politisé et/ou peu lecteur. C’est un écrivain et éditeur français, fondateur des éditions La Fabrique, au parcours  pour le moins atypique avec lequel je vous invite à vous familiariser sur sa fiche wiki. J’ai sélectionné pour vous quelques extraits de ce texte qui me semblent significatifs :

[…] ils veulent encore croire à la politique. Ils n’ont pas eu vent de la nouvelle pourtant retentissante : toute cette politique est morte. Comme sont morts les mots dans lesquels se dit la chose publique – la France, la Nation, la République, etc. Comme est morte la pompe institutionnelle dont s’entoure le vide gouvernemental. La politique a poussé son dernier râle l’été dernier là où elle était née, il y a plus de 2000 ans, en Grèce ; Aléxis Tsípras fut son fossoyeur. Sur sa tombe sont gravés ces mots prononcés en guise d’oraison funèbre par le ministre allemand de l’Economie, Wolfgang Schäuble : «On ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit.» Voilà. Tout est dit. Et sobrement.

[…]Qui écoute encore les journalistes, en dehors des jours d’attentat ? Qui a cure de l’opinion des «intellectuels» ? Qui se soucie, de nos jours, des déclarations des ministres ? Imaginez qu’un Premier ministre ait cette phrase orwellienne : «L’état d’urgence, c’est l’Etat de droit». Si quelqu’un prêtait encore attention à ses propos, on en plaisanterait encore au bistrot. Mais, tout le monde s’en fiche. Le vote FN et l’abstention de masse sont des  symptômes d’un système électoral rendu au point de rupture. […]

Nous en sommes là, en effet. Et je ne suis pas du tout certain que l’initiative dite #JLM2017 change grand chose à ce système ici précisément et judicieusement dénoncé, puisqu’elle emprunte au système dont elle prétend se démarquer le même chemin creux, qui ne mène nulle part, si ce n’est à la désillusion, et à l’échec. Certes, cela permettra à d’authentiques militants comme je le fus pour le même la fierté de travailler ensemble, de construire ensemble et de lutter ensemble dans un espoir commun.  j’ai connu cela, ce plaisir nécessaire, irremplaçable, de militer par delà les clivages partisans, aux côtés de militants d’origines politiques et sociales diverses, au sein du FDG. C’est un bon point, particulièrement positif, dans ma mémoire. Rien que pour cela, je ne dis pas que l’initiative de Mélenchon est inutile, loin de là. Mais comme Coupat et Hazan, je me dis que les chaînons essentiels de ce système vide de sens à part pour quelques uns qui  y ont des intérêts personnels  ne se laissera pas si facilement dépouiller. Et en tous cas, pas par les urnes, j’en ai acquis la certitude. Il nous faudra nous unir dans un élan bien plus efficace, et radical, pour l’emporter. Quelle en sera la forme ? je ne le sais pas encore. J’y réfléchis. Mais certainement pas en empruntant des chemins qui ont fait la preuve de leur impuissance à améliorer le sort de ceux qui ne sont pas au dessus de la pyramide. Or, ce ne sont pas eux qui font et défont les lois. Ni sous la droite, ni sous la gauche, ni au centre.

3 réflexions sur “«On ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit !» #presidentielle2017

  1. Je n’aime pas.

    Je n’aime pas quand tu partages mon état d’être, quand tes écrits traduisent mes pensées.
    Je n’aime pas qu’un autre que moi constate froidement, avec le détachement qui seul sied à la désillusion la plus totale, la plus profonde, la plus définitive, que nous avançons vers une fin.

    La fin de la démocratie républicaine, la fin de notre présent.

    Le pire est devenu probable et nous allons devoir vivre cette fin pour, peut être, aider nos héritiers à rebâtir sur les ruines de nos idéaux.

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  2. Wolfgang Schäuble : «On ne peut pas laisser des élections changer quoi que ce soit.» . junker : « pas de choix démocratiques contre les traités européens ». j’imagine qu’on pourrait faire un florilège accablant dans ce genre. c’est aussi de notre faute : on a oublié que les politiques sont NOTRE petit personnel, ils n’ont pas à décider pour nous mais sont supposés faire entendre et faire respecter notre voix. et à chaque trahison de ce mandat, ces politiques auraient dû être tout simplement virés comme des malpropres. mais parce qu’on est flemmards, moutons, pas concernés, trop complexés (laisser faire les spécialistes et les experts), on a laissé les démocraties devenir des oligarchies – nationales et/ou européenne, mais toujours autistes, aveugles et sourdes, et opaques. on l’a, l’outil, mais on est incapables de l’utiliser ou même d’apprendre à l’utiliser, et le tragique, c’est qu’il semblerait qu’on va le laisser rouiller sans plus.

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