Martelons l’erreur Mélenchon

D’aucun(e)s, esprits binaires, préfèrent penser que je pratique le « Mélenchon bashing ». C’est en effet beaucoup plus facile pour les suivistes qui répugnent à se fabriquer leur propre chemin politique de se réfugier ainsi dans leur petit confort idéologique. Pourtant, tel n’est pas le cas, à moins de me renier, moi et  mon passé. Il est utile de rappeler en effet que je ne fus pas le dernier à le soutenir contre vents et marées, autrefois. Sans compter ni ma peine, ni mon temps. Ni mes échecs et mes ruptures sentimentales qui ne toléraient pas un tel rythme de travail… Mais quoi qu’il en soit, je reste fidèle à mes convictions, par delà les personnalités politiques qui s’offrent à nous. Et je ne saurais tolérer qu’on puisse prétendre défendre la démocratie, et les intérêts populaires, en se désignant aussi unilatéralement, sans la moindre légitimité, candidat de la « vraie gauche » sans passer par l’assentiment de la majorité. Il est bien beau de dénoncer des primaires qui consacreraient l’hégémonie socialiste, ce sur quoi  je suis d’accord. Encore faudrait-il accepter de recueillir l’assentiment des siens, et plus largement de l’autre gauche.. Et à ce que je sache, je n’ai pas été consulté. Aussi, la question est centrale et  d’importance, si l’on tient comme moi à la cohérence de la forme et du fond. Que vaudrait en effet une position politique qui ne serait pas confirmée par les actes ? J’ai trop connu le fonctionnement, pour seul exemple, du Parti de gauche de l’intérieur pour ne pas refuser des pratiques qui vont à l’inverse de ce qui est énoncé officiellement, c’est à dire totalement anti-démocratiques, et vont à l’encontre de mes convictions. De plus, la candidature de Mélenchon est isolée, contrairement à ce qui s’est passé en 2012, où il avait été désigné candidat de l’ensemble du front de gauche, malgré quelques mécontents, notamment au PCF, parmi les orthodoxes préhistoriques. Cette fois, ce sera très différent, à moins d’être aveugle. Ma divergence est donc, contrairement à ce que certains préfèrent penser, non pas personnelle (je n’ai pas pour habitude de me dédire), mais stratégique. Rationnellement, on ne peut présager que Mélenchon pourra faire un score honorable qu’il n’a pas su faire en 2012  avec plus de rassemblement à gauche sur son nom. De plus, depuis, les attentes électorales ont changé, et il est évident que les français souhaitent avant tout un renouvellement que Mélenchon ne saurait incarner. Et je ne parle pas là de son âge, mais de son antériorité en terme de professionnalisme politique, ce contre quoi je lutte. Et l’on voudrait me faire croire que cette fois l’écœurement, voire la révolte  qui règnent à gauche face à une politique hollandaise  si peu socialiste pourraient renforcer la pertinence de sa candidature radicale ? Désolé, mais au risque de décevoir mes plus fidèles lecteurs, ce sera sans moi. Je n’y crois pas. Et je persiste à penser que sa candidature, de la manière dont elle se pose, est illégitime et suicidaire.

Nota bene : il m’apparait en outre particulièrement fallacieux de prétendre qu’il n’y a aucun autre candidat de l’autre gauche qui pourrait tenir la route si l’on ne s’est pas mis en condition d’essayer d’en faire émerger un. Quelle mauvaise foi !