#FIBD2016 : Le ministère de l’inculture tente d’acheter la paix sociale #WomenDoBD

L’enquête auteurs : les résultats statistiques

Devoir de suite. J’avais évoqué ici le scandale d’un palmarès du festival de la BD d’Angoulême trop exclusivement et visiblement composé d’hommes, et la polémique qui s’en  était – à juste titre – suivie. Et voilà que j’apprends en consultant mon fil d’infos comme tous les matins que celle-ci a pris un tour inattendu. Il semblerait en effet qu’afin d’acheter la paix sociale dans ce milieu particulièrement soumis à la précarité – en plus du sexisme à l’occasion dénoncé ici – le ministère de la culture, via la toujours avisée Fleur Pellerin, ait choisi de promouvoir 8 acteurs de cette épopée revendicatrice (dans un milieu qui nous avait jusqu’à présent peu habitué aux luttes sociales)  « chevalier/ères des arts et des lettres ». Voilà ce qu’en écrit l’une des jeunes autrices, Julie Maroh,  sur son blog :

Le ministère de la culture l’a annoncé par communiqué de presse sans même téléphoner ou écrire aux intéressé.e.s. Jacques Glénat promu officier n’était pas prévenu non plus, c’est moi-même qui ai porté la nouvelle à mon éditeur ce soir-là.

Puisque mon nom continue de figurer sur leur site web bien qu’on ne m’ait jamais contactée, je ne peux répondre à leur communiqué qu’ici.
Entre le scandale de la liste du Grand Prix au Wendling bashing, en passant par le mode de vote criblé de failles et les faux fauves, cette nomination entre dans la triste liste des bourdes autour du FIBD 2016. Si cette promotion n’est pas une blague fumeuse alors la manœuvre me laisse très très mal à l’aise.
Il n’aura échappé à personne que la promotion est « exceptionnelle » et que parmi les huit personnes désignées figurent cinq jeunes autrices signataires de la charte contre le sexisme ainsi que Riad Sattouf et Christophe Blain, toutes engluées dans la toile d’araignée du buzz médiatique lié au boycott du Grand Prix 2016 d’Angoulême ces dernières semaines.
D’ailleurs, pour s’assurer que tout le monde comprenne qu’il s’agissait d’une femme, le ministère n’a pas hésité à révéler le patronyme de Tanxxx, sans aucune considération pour son droit au pseudonymat.
CaptureEnfin, au cas où l’intention n’était pas encore assez manifeste, madame la ministre Fleur Pellerin stipula bien dans un tweet que notre adoubement en masse était non seulement lié au FIBD mais en plus à la polémique du Grand Prix via la récupération du hashtag #womendobd qui avait fait le buzz.

Drôle de pratique en effet, plutôt médiocre. De quel droit de surcroît déflorer le pseudonyme d’une autrice sans lui demander son autorisation ? Je tombe des nues… Je tiens en tous cas à féliciter cette autrice de BD qui a courageusement décidé de refuser ce prix. j’aurais préféré la découvrir en d’autres circonstances. Comme quoi la valeur n’attend pas le nombre des années. Rebellions pas mortes. Une œuvre suit.