la violence de Mélenchon sert-elle encore la cause du peuple ?

Est-il permis d’exprimer librement mes divergences d’avec celui que j’ai autrefois intésément soutenu sans être aussitôt insulté par ses groupies aigries ? j’en doute fortement, mais qu’importe. Il me faut écrire ici ce que j’ai sur le cœur, pas moins respectable que les aveuglements confortables de ces gens là. Je veux parler de l’interview que celui qui se présente si unilatéralement comme le seul candidat providentiel de l’autre gauche a donné  dans le JDD. On en connait quelques citations, qui ont fusé ici et là :

  1. « La situation est pire que sous Sarkozy »

  2. Maintenant que tous les dégoûtés sont partis, il ne reste que les dégoûtants »

  3. François Hollande est le nom de toutes nos misères et de toutes nos désillusions.

J’ai parcouru l’article scrupuleusement. Sur « l »isolement sectaire de François Hollande« , je ne peux qu’être d’accord, ayant déjà explicité ce matin à quel point il s’agit d’un calcul tactique regrettable de la part  de son entourage, destiné à nous marginaliser. Que la situation soit pire que sous Sarkozy, je ne sais pas. J’ai tendance à le penser également, mais il convient de prendre en compte le fait que des circonstances particulières rendent les décisions de ce gouvernement encore plus regrettables et contraires aux valeurs de gauche communément admises, notamment sous l’angle sécuritaire. Par contre, je me dois de regretter publiquement cette petite phrase tellement reprise par des médias hostiles à nos idées, qui fait le buzz il est vrai, mais va à l’encontre de nos intérêts politiques. C’est ce genre d’outrances à tout prix, la marque de fabrique de Mélenchon, que je ne supporte plus. Nous avons tous plus ou moins des amis, des connaissances, de la famille, nous connaissons  même des militants qui sont encore au PS, à moins d’être totalement sectaires et repliés sur nos seules idées politiques exclusives de toutes autres. Cette sortie médiatique de Mélenchon m’est donc insupportable de mépris et de rabaissement. Il savait qu’elle allait être reprise.  Ce que ne disent pas ses lassantes et violentes attaques contre les médias, c ‘est qu’il les maîtrise très bien, et sait taper là où ça fait mal.  Je n’oublie pas l’un de ses premiers métiers…. Comme je n’oublie pas à quel point c’est un  vieux routard de la politique professionnelle.    Sauf que cette stratégie éculée ne va pas dans le sens de nos intérêts politiques, et il effraie plus qu’il ne rallie. Or, c’est de cela dont nous avons besoin : plus de consensus, de sympathie et de convergence populaire. On ne peut pas avoir raison tout seul, à moins de 10 % des votes.  A force de tant d’agressivité et de mépris de tout ce qui ne lui ressemble pas, de tant d’outrances médiatisées et de violence difficilement supportable par le commun des mortels, Mélenchon creuse notre tombe. Si seulement ceux qui s’en revendiquent pouvaient enfin le comprendre… je m’use à tenter d’expliciter à quel point cet individu, après nous avoir si magnifiquement et triomphalement servi,  est devenu contre-productif pour la diffusion de nos idées. Mais serai-je entendu un jour ? j’en doute. Il y faut du recul, des nuances, et une pensée stratégique que les suiveurs/euses ne m’ont pas démontrés.  L’échec de la prise en compte populaire de nos idées n’en devient donc que de plus en plus prévisible. Cet homme est porté par une meute de laquelle je me sens de plus en plus étranger.