Jorion a trouvé le candidat providentiel de toute la gauche pour 2017

je me suis frité hier sur twitter avec des groupies hystériques de Mélenchon, qui ne supportent absolument pas que l’on émette la moindre critique à propos de leur gourou. Toutes ses paroles sont sacrées. Toutes ces positions hautement respectables. Ses moindres mots bus comme du petit lait, et hautement inaccessibles au mécréant socio-traître que je suis devenu, prenant de la distance avec cette personnalisation excessive qui m’insupporte au plus haut point. Il n’est pas dans ma nature en effet de me comporter ainsi en fan absolu, totalement départi du moindre sens critique, et je m’en honore. Me faire des ennemi(e)s de ce genre m’est bien plus une gloire qu’une honte. Ce genre de positionnement aveugle rempli d’aigreur et d’agressivité pour tout ce qui diverge de leur vision étriquée du monde ne fait rien avancer au débat. On n’est plus là dans le registre de la raison et de l’analyse politique, mais dans l’ordre du fantasme et de l’émotion. On ne peut aujourd’hui raisonner dans son petit coin partisan en pensant chacun(e) avoir raison tout seul. Sans quoi le candidat Mélenchon se retrouvera avec un score minable qui l’écrasera une fois de plus…. Stratégiquement, c’est une erreur, qu’il parte seul à la curée présidentielle, d’autant plus que nous ne sommes plus dans les conditions de 2012, avec un front de gauche plus large et un peu plus uni, du moins en façade. La formidable dynamique d’alors, que j’ai appréciée, et soutenue, n’est plus là. Aussi, j’ai été intéressé cet article de Paul Jorion, qui aborde dans un premier temps la tenue du Congrès du Plan B, ce week-end à Paris :

J’ai participé samedi et dimanche au Sommet internationaliste pour un Plan B qui se tenait à Paris à l’initiative du Parti de Gauche. La réunion était initialement prévue les 14 et 15 novembre mais les attentats de Paris la veille au soir avaient conduit à un report en janvier.

[…] Quoi qu’il en soit, de « grand projet européen », le « Sommet » s’est vu rétrogradé au rang de congrès du Parti de gauche agrémenté de la présence de nombreux sympathisants internationaux.

C’est bien ce que je pressentais, à ce sujet, et qui fonde profondément ma divergence d’avec les fanatiques mélenchonistes pré-cités.. Je n’ai pas quitté le PG pour m’y retrouver de nouveau englué, dans une voie sans issue. Aussi, je suis content de trouver un point de vue qui confirme le mien, et prenne enfin de la hauteur :

Ceci étant dit – et comme je l’ai déjà affirmé – que de salamalecs pour affirmer deux choses pourtant très simples : que les chances sont nulles que M. Mélenchon se retrouve au second tour des présidentielles de 2017 comme candidat de gauche face à Mme Le Pen, et qu’au cas où M. Hollande se retrouverait face à celle-ci, les chances sont nulles qu’il opère d’ici-là une telle volte-face qu’on puisse à nouveau le considérer comme un homme de gauche.

Les français attendent un renouvellement, qu’il ne saurait incarner, en vieux routard de la politique professionnelle qu’il est, quelles que soient ses qualités par ailleurs.  Après avoir écrit ce qu’il pensait du sommet pour le plan B, auquel il a participé, Paul Jorion pose une question assez simple que nous nous posons tous :

« Qui pourrait à gauche se retrouver face à Mme Le Pen en 2017 avec une réelle chance de l’emporter ? »

Jorion a trouvé SA réponse, que je respecte, bien que j’éprouve quelques réserves à son endroit  :

Pourquoi ne pas réfléchir plutôt à qui pourrait être la candidate ou le candidat, la donne étant celle qu’on connaît ? La réponse, je le répète, est Thomas Piketty.

Pourquoi pas en effet. Une candidature pas pire qu’une autre…