#Valls ne peut avoir raison seul contre tous. NON à l’ #etatdurgence PERMANENT !

logo_2015-12-17_meeting-etat-d-urgence-bf892La plupart des associations françaises de défense des droits humains sont vent debout contre l’action du gouvernement dans le cadre – ou plutôt le non-cadre…  – de l’état d’urgence. Non pas qu’elles réfutent, comme c’est également mon avis, la nécessité de lutter contre le terrorisme.  Elles remplissent simplement leur rôle en dénonçant  les excès de restriction des libertés fondamentales qui en découlent, et les nombreuses « bavures » constatées. Une bonne partie d’entre elles proviennent essentiellement du fait du sentiment de toute puissance accordé aux forces de l’ordre, qui n’agissent pas toujours avec le discernement voulu par la gravité des actes contre lesquels il s’agit de lutter. De plus, contrairement à ce qui est dit généralement, le projet de constitutionalisation de cet état d’urgence qui serait alors permanent, ne s’adresse pas en l’état seulement aux terroristes, mais potentiellement à tous les contestataires, dont je suis. Sa formulation est si large qu’elle permet en effet d’employer des moyens d’exception pour tout opposant, quel qu’il soit, à l’état français, comme on a pu le constater avec stupéfaction  à l’occasion de l’assignation à résidence de simples militants écologistes non-violents. Ce dispositif apparait donc particulièrement dangereux, et pas seulement pour des gauchistes. Surtout quand on connait l’opinion politique majoritaire parmi les fonctionnaires de police, ce qui ne nous protège pas vraiment contre les discriminations….Aussi, l’ONU vient de pointer d’un doigt accusateur la politique de sécurité de la France :

Cinq rapporteurs des Nations unies spécialisés dans les droits de l’Homme ont estimé, mardi 19 janvier, que l’état d’urgence en vigueur en France depuis les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, ainsi que la loi sur la surveillance des communications électroniques « imposent des restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales ». […] Ils « appellent les autorités françaises à ne pas prolonger l’état d’urgence au-delà du 26 février »… (source)

Le Défenseur des Droits, pourtant vieux routard de droite bien connu (auquel à pourtant choisi de s’attaquer Cazeneuve, à propos du dossier des réfugiés de calais), dénonce lui aussi cet état de faits, au point de passer pour un dangereux gauchiste quand on met en parallèle son discours avec celui du gouvernement… Un exploit.  C’est également l’avis de la Ligue des droits de l’homme (LDH), qui  » estime que ce régime d’exception a déjà trop duré. Mardi 19 janvier, l’association a saisi le Conseil d’Etat pour demander la suspension de l’état d’urgence, sinon d’enjoindre au président de la République d’y mettre fin sans délai. Saisie en référé-liberté, la haute juridiction administrative a déjà fixé l’audience au mardi 26 janvier. » Et donc, à l’heure où « le Président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale a donné mercredi le top départ aux députés pour le dépôt des amendements au projet de révision constitutionnelle », le gouvernement campera-t-il sur ses positions ultra-sécuritaires qu’un Bush n’aurait pas dénié ? Voudra-t-il avoir raison contre le reste du monde et une partie de son propre camp ? On peut s’en inquiéter quand on connait  le degré de préoccupation démocratique et humaniste de Valls… Réponse à partir du 5 février, date à laquelle on pourra assister aux premiers débats sur le projet de révision constitutionnelle dans l’hémicycle.

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Lire aussi : « Lois antiterroristes : le cri d’alarme des juges »

Résumé :  les deux plus hauts magistrats de France, Bertrand Louvel, premier président de la Cour, et Jean-Claude Marin, procureur général de la Cour, ont lancé une alerte le 14 janvier  dernier.  Ils s’inquiètent de la place laissée à la justice par le gouvernement. Pour eux, les intentions du gouvernement dans son projet de loi sur le crime organisé et la procédure pénale semblent marquées par la défiance….