Un an après, les terroristes ont gagné #CharlieHebdo

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Le cœur n’est pas à fêter ce tragique anniversaire qui a vu disparaître ces dessinateurs¹  qui n’ont commis d’autre crime que leurs seuls dessins, ce qui, tout esprit sain et rationnel peut en convenir, ne vaut pas la mort, pas plus que son excuse. Que les autres, quelle que soit leur croyance ou leur idéologie, aillent se faire sodomiser par une râpe à fromage ou une lime à bois. Un an jour pour jour après cet événement tragique que rien ne saurait justifier (RIEN, vous m’entendez !), force m’est de constater que les terroristes ont gagné, avec la complicité de nos politiques à si faible hauteur de vue. Nos libertés sont  profondément attaquées et réduites à néant par ceux là même qui après ces événements prétendaient les défendre. Grave régression démocratique. Où sont-ils, ces Charlie de pacotille, ces manifestants d’opérette, ces joyeux défenseurs de nos valeurs communes et de notre liberté d’expression, à l’heure où il s’agit, plus que jamais, de les défendre ? Le gouvernement norvégien, lui, s’est montré bien plus intelligent et inspiré, suite au  massacre d’Utøya perpétré par un illuminé qui n’était pas, il est utile de le rappeler, musulman mais d’extrême droite,  Anders Behring Breivik. Ici, on bave sur les étrangers, on harcèle et méprise les musulmans, on les traque pour un oui ou non, stigmatisant jusqu’au grotesque leurs moindres faits et gestes. On ne cesse de brandir le totem de la laïcité, mais pour eux seuls, non pour les autres religions, qui sont parfois pourtant tout aussi ostensibles. On s’enlise dans un pseudo-débat totalement hallucinant qui pue tellement qu’on a pour beaucoup l’impression de se baigner tous les 4 matins en prenant connaissance des infos dans un gigantesque bain de lisier, ou de vomi pestilentiel. On interdit des manifestations, fussent-elles pacifiques et destinées à défendre, justement,  nos libertés. On assigne à résidence pour tout et n’importe quoi, quand bien même il ne s’agit pas de terrorisme, mais de militer pacifiquement pour une ZAD. On institutionnalise la peur, animé par de vulgaires intérêts électoraux.  ON exacerbe le patriotisme, le nationalisme, en flattant bassement les plus bas instincts de la population française par le biais d’une mesure inefficace, la déchéance de nationalité, qui ne sert qu’à masquer des mesures biens plus dangereuses encore pour une démocratie, que la France n’est plus, ou par défaut.   On pense à constitutionnaliser, c’est à dire à rendre durable et banal l’état d’urgence (et donc ses graves conséquences et ses « dérapages » attentatoires à  nos libertés fondamentales et hautement porteurs de ressentiment et de rancœurs populaires) qui deviendra donc permanent.  On songe même sérieusement à donner aux forces de l’ordre un permis de tuer 24 heures sur 24. Et aujourd’hui, de se passer de l’avis des juges pour entrer par effraction dans la vie de tout un chacun sans autre forme de procès. Alors, amer, on se dit que finalement, à l’approche de l’irréparable, qui nous voit entrer si rapidement dans le règne d’un état policier, d’essence fasciste, où les lois d’exception deviennent la règle commune et terriblement banalisée, alors OUI, les terroristes ont gagné, en semant une telle pagaille, en instaurant un tel confusionnisme politique, un tel manque de repères et d’éloignement si profond de nos valeurs humanistes, si loin de notre tradition de pays de libertés et de droits de l’homme. Quelle regrettable erreur, si lourde de conséquences, que de donner le sentiment à tous les musulmans de France qu’ils ne sont plus les bienvenus, en plantant en leur sein de tels motifs de ressentiment et d’incompréhension, alors que la plupart n’y sont pour rien. Nous régressons terriblement, et rien ni personne ne semble pouvoir se montrer en capacité d’endiguer cet inquiétant phénomène. Alors, quitte à m’en prendre plein la gueule – m’en fous – je serai ce dernier des mohicans qui rappelle ce pays à sa mauvaise conscience. Résister et combattre, toujours, partout, en tous temps, en tous lieux, quel qu’en soit le prix, pour un avenir meilleur, tel est le sens de mon pseudonyme, que je n’ai pas choisi par hasard…

¹ …et ceux qui ont tenté de les protéger, ou qui se trouvaient dans le bâtiment, qu’on n’oublie pas.