la prime d’activité, une bonne mesure ? A débattre…

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Voilà qui permettra en tous cas à notre bon président de se déguiser en père Noël lors de sa prochaine allocution télévisée…

Notre ami pourfendeur de fachos et de réacs racistes, sexistes et homophobes sur twitter, que je respecte infiniment pour cela, vient donc sans le vouloir de me lancer un défi, auquel je réponds volontiers. Parlons en, de cette prime d’activité. Le Parisien, un journal à prendre avec des pincettes pour son contenu souvent médiocre et qui nécessite parfois de sérieux recoupements tant les informations ne sont pas toujours fiables, vient cependant de pondre un bon papier très factuel sur le sujet. J’en tire une infographie qui vient parfaitement illustrer le propos sans blabla inutile :

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Comme le précise Breaking Thor (à moins que ce ne soit Something Alive…), cette prime n’est pas imposable. La mesure sera opérationnelle à partir du 1er janvier 2016. Un calculateur est d’ores et déjà présent  sur le site de la Caf et de la MSA. Il permet à tous ceux qui sont concernés de mieux connaitre le montant  de cette prime de manière individualisée. Voilà pour le côté pratique.  Passons maintenant au côté politique. L’ ami de twitter estime qu’il s’agit d’une très bonne mesure, qui s’adresse aux plus modestes, qui améliorera leur quotidien, et s’étonne de ce que le gouvernement n’en fasse pas davantage de publicité. Pour une fois que ce gouvernement dit socialiste pond une mesure de gauche, en effet, pourquoi s’en priver… Sauf que. C’est là où nos avis divergent. Car en faisant cela, ledit gouvernement ne fait que corriger une injustice économique qui est le fait du patronat français. Si celui-ci est défaillant dans la mesure où il propose un salaire minimum insuffisant pour que les gens puissent joindre les deux bouts, et entretient de surcroit une précarité telle que de plus en plus de salariés se sentent et sont en insécurité professionnelle quasi-permanente du fait de contrats courts, d’emplois de plus en plus à temps partiel subi, en quoi est-ce au contribuable de financer ce qui relève de la responsabilité des seuls employeurs et de leur incapacité à proposer un modèle économique plus juste ? L’état français a-t-il indéfiniment vocation à se substituer à l’avarice patronale qui préfère rémunérer toujours plus des dirigeants même quand ils ont fauté,  (et qui partent de surcroit avec des niveaux de retraite indécents, ce qui n’est pas vraiment le cas des salariés qui voient celle-ci reculer et régresser), et des actionnaires exclusivement soucieux de profits à court terme plutôt que de rémunérer correctement les salariés ? Si le smic était augmenté de 150 euros environ, les contribuables n’auraient pas à débourser 4 milliards d’euros, grosso modo le coût de cette mesure. Une preuve de plus que le PS est bien généreux avec les entreprises, au point qu’il se sente obligé de verser ce complément de salaire à leur place… avec l’argent des contribuables. Mais pouvait-il faire autrement, en sachant que contrairement aux discours faciles des soi-disant méfaits de l’assistanat provenant du Medef et des droitiers genre Wauquiez, un récent rapport démontrait que 67 % des bénéficiaires du RSA en activité ne percevaient pas ce à quoi ils avaient droit ? Ceci étant dû à la complexité de la mesure pour les personnes en activité, et leur manque d’information.  D’où cette correction utile… Mais qui prête à débat. Ce n’est que mon avis. Mais j’ai au moins le mérite de le donner, comme chaque jour sur les sujets qui m’importent depuis novembre 2008. J’ai dit. Et écrit. Je vous laisse la place….