le gouvernement refuse de lutter contre l’évasion fiscale (et règle ses comptes avec #médiapart)

« Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire »… »Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera pas élu. Et pourtant, il gouverne »…  « Mon adversaire, c’est le monde de la finance ».  (François Hollande, discours du Bourget)

Alors qu’ils avaient été adoptés en première lecture à l’Assemblée nationale, des amendements concernant l’amnistie fiscale pour les sites de presse en ligne et l’obligation de rendre public le «reporting» pour les grandes entreprises ¹ ont été retoqués cette nuit, dans la plus grande discrétion,  sous la pression du gouvernement, représenté par Christian Eckert, dont l’argument serait savoureux s’il ne comportait pas une telle pointe d’amertume pour nous autres, les sans voix, que l’on flique bien davantage, pour des raisons plus dérisoires…  :

Mardi soir, cette mesure destinée à lutter contre l’optimisation et la fraude fiscale, a d’abord été adoptée par 28 voix contre 24, mais Christian Eckert a aussitôt demandé une suspension de séance en vue d’une seconde délibération, arguant notamment des «risques en matière de compétitivité.

Pour ne pas nuire à la compétitivité, encourageons l’évasion fiscale… CQFD. L’ennemi de Hollande, ce n’est vraiment pas la finance.  Une preuve de plus que nous ne sommes nullement en démocratie, et que  le peuple n’a aucun pouvoir. Quant à l’autre sujet évoqué, celui de l’inadaptation du taux de TVA, différent entre la presse en ligne et la presse papier, qui a justifié de la part du gouvernement un tel acharnement des services fiscaux,  nous sommes de plus en plus nombreux à nous demander s’il n’y a pas là une volonté de régler ses comptes avec des sites qui ont contribué à faire apparaître au grand jour certaines informations gênantes pour le gouvernement… Dont l’une qui a consisté pour Médiapart a dévoiler bien avant les autres qu’on pratiquait l’évasion fiscale y compris en son sein : l’affaire Cahuzac. Toujours est-il qu’à force d’ajouter de l’amertume à l’amertume et de l’abus de pouvoir à l’impuissance, en passant par les trahisons accumulées en si peu de temps envers le peuple de gauche, il ne faut plus s’étonner, à moins d’une formidable hypocrisie qui se voit de plus en plus comme le nez au milieu de la figure, que les français multiplient les signaux d’alerte. Tant d’injustice saute aux yeux. Et se retourne fatalement contre son auteur.

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¹ il s’agissait de l’obligation de rendre public le « reporting »  pays par pays pour les grandes entreprises, en vue de lutter contre l’optimisation et la fraude fiscales.  Ce reporting consistait à rendre publiques les  informations sur les activités et les impôts payés par ces entreprises dans chaque Etat ou territoire d’implantation, en format de données ouvertes, centralisées et accessibles à tous.

 

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