Radio Londres : « les hyènes sont dans l’enclos » (et les moutons broutent).

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Suite à ma réaction à chaud d’hier, je poursuis ma réflexion personnelle quant aux conséquences de ces élections, et aux causes de ce désastre. Comme il est étrange et décalé, si ce n’est risible, d’écouter et de lire les réactions des uns et les autres…  On ne peut que se désoler de l’incroyable médiocrité et de la suffisance des partis en présence. Se contenter du fait que le FN n’ait emporté aucune région ne suffit pas.

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Et maintenant, on fait quoi ? Le pouvoir de nuisance du parti d ‘extrême droite augmente significativement. L’attentisme et la minoration de l’étendue de ce phénomène ne sauraient suffire… Des solutions en termes d’actions, radicales, doivent être adoptées de toute urgence. Il devient nécessaire de se battre frontalement contre ce qui fait le lit de ce vote pour le pire, plutôt que le meilleur. De toute évidence, l’action gouvernementale et la ligne du PS ne correspondent pas aux attentes populaires. Se réfugier dans une posture sécuritaire n’a rien changé, si ce n’est en pire, en singeant l’extrême droite avec des mesures liberticides qui ne nous honorent pas. Lequel FN peut ainsi s’enorgueillir de ses bons résultats. Et au lieu de cela, que fait le PS et son gouvernement, alors qu’ils sont pour grande partie responsables de ce désastre ?

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Ils en deviennent pathétiques. Ne manque plus qu’à rajouter la cerise sur le gâteau que constitue la belle proposition, d’une pertinence redoutable (et à ce titre largement raillée sur les réseaux sociaux) de l’horloger du PS hier : changer le nom du parti. On se souvient qui le premier en a exprimé l’idée : le fossoyeur de la gauche, Valls. Je pourrais leur en souffler un si les initiales n’étaient déjà prises : PG, pour parti Grotesque.  Cependant, le Front de Gauche, qui fut ma famille politique, ce que je ne renie pas, n’est pas exempt de critiques. Il a commis l’erreur fondamentale en terme de stratégie (et d’anticipation de la perception par les électeurs de ce genre de comportements schizophréniques) de s’acoquiner encore une fois, comme si le passé ne lui avait pas servi de leçon, avec ce P »s » qu’il critiquait si vertement auparavant… Ils sont aussitôt partis avec l’eau du bain, comme les derniers perdreaux de l’année. Cette compromission n’a en effet empêché en rien que la droite dure l’emporte. Résultat plus qu’amer : le front de gauche est devenu quantité négligeable, invisible, incohérent, éparpillé entre des querelles de chapelles et de personnes, et le PS, plus que jamais soumis à la doctrine autoritaire de Valls, qui y a grand intérêt, n’a plus à craindre de contestation de son hégémonie (d’une origine et d’un poids militant pourtant si minoritaire) venant de sa gauche, ou des frondeurs, réduits à néant. Difficile à digérer. D’autant plus que la recomposition d’une vraie gauche, que beaucoup reconnaissent comme nécessaire, ne se fera pas en un coup de baguette magique. De multiples tentatives de mouvements de rupture d’avec le PS et sa ligne outrancièrement libéraliste ont éclos, ces dernières années, avec le résultat que l’on sait : rien, ou si peu (où sont Nouvelle Donne, le M6R, et autres, aujourd’hui ? ). Juste de quoi satisfaire des égos personnels, et rien d ‘autre. Il est peu probable qu’une solution visible, lisible, d’ampleur, voie le jour d’ici 2017. Et dans un tel contexte, que contribue si cyniquement à construire le PS, on se retrouverait avec un duel Hollande/Le Pen, avec un Juppé  que l’on prétend compatible avec la gauche (laquelle ?) en sauveur ( ou vautour ?) qui attend son heure tapi au fond du bois, astiquant chaque jour un peu plus sa statue de présidentiable idéal… ça fait envie, vraiment. Sans moi.