Ma plume pour un singe : démystifions l’antifascisme

CaptureL’image des antifas en France m’apparait on ne peut plus erronée, et je voudrais contribuer à vous permettre de vous en faire une perception plus juste, loin des  clichés véhiculés par des médias peu informés du quotidien de ces militants là.  Il n’est ainsi pas rare, surtout à droite et chez les fauxcialistes,  de colporter une caricature totalement infondée, faite d’amalgames connus les confondant avec les racistes radicaux qu’ils combattent pourtant avec toute leur énergie..  On les range un peu trop souvent à mon goût,  sans autre forme de procès,  dans le même sac d’opprobre que l’extrême droite. Ils seraient à la fois tout aussi incultes, violents, sectaires et utiliseraient les mêmes méthodes pourries que leurs adversaires : FN, identitaires, nazis plus ou moins néo, sexistes, machistes, masculinistes, et toute le reste de la clique. Ce n’est pas ce que j’ai vu et constaté.  Il me semble que je suis d’autant plus fondé à combattre ces clichés grotesques  que je fus autrefois victime des attaques de certains des leurs, qui m’apparaissaient alors injustifiées. Depuis, j’ai évolué (énormément, et rapidement, au rythme des rencontres et des discussions), à la fois intérieurement, idéologiquement, politiquement… Ma perception du monde s’est affinée quant aux logiques de domination et de discriminations à l’œuvre autour de moi, celles qui fondent à présent ma lutte militante, mon action et ma réflexion.  je comprends donc d’autant mieux à présent  l’origine de leur animosité envers moi. Mon appartenance d’alors au FDG n’y était pas pour rien, lui qui projette parfois dans certaines de ces composantes une image nationaliste que la plupart exècrent, à mon sens à juste titre. Il y a en effet chez les antifas une cohérence idéologique forte, qui leur fait rejeter tout parti dont une proportion trop importante de ses membres serait porteuse de discriminations et de racisme. [C’est d’ailleurs l’une de mes motivations à quitter le FDG, compte-tenu de l’attitude de ses instances dirigeantes respectives, un peu trop promptes à fermer les yeux sur certaines de ses brebis galeuses…].  Cette intransigeance des antifas, parfois un peu trop violente et agressive à mon gout (alors qu’il suffirait de s’expliquer et de débattre tranquillement, sans procès d’intention préalable plutôt que consécutif…),  va même jusqu’au partage involontaire de tel ou tel lien vers un complotiste ou un raciste plus ou moins visible médiatiquement. Ils oublient cependant hélas,  parfois, comme je l’ai expérimenté personnellement,  de faire dans la nuance, passant à côté du nécessaire apprentissage, de l’indispensable phase de connaissance qu’un militant donné, même sensible d’emblée à leur combat,   doit passer pour accéder au même niveau de conscience qu’eux.  Toutefois, cela peut être nuancé par la couleur et les options politiques d’origine de telle ou telle section antifasciste considérée. Il y a même, parfois, des inimitiés, des incompatibilités d’humeur entre les différentes sections, qui peuvent aller jusqu’à l’altercation, c’est dire…. Certaines ont même un rapport avec l’antisémitisme plus ou moins lâche, en fonction de leur capacité à dépasser ou non leur engagement dans la nécessaire lutte contre l’extrême droite à l’œuvre actuellement en Israël dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Un thème qui nourrit hélas un racisme de part et d’autres, entre pro-israéliens et pro-palestiniens, juifs et musulmans, athées et croyants, qui laissent des traces, bien que ce soit un tabou, dans certaines sections antifascistes. Une indignation à géométrie variable envers les racismes qui me semble assez paradoxale. Passons, ce sont des gens isolés.   je sais d’ailleurs déjà que le simple fait que j’évoque ce sujet ici m’attirera bien des inimités. M’en fous. « Le courage, c’est de rechercher la vérité et de la dire. »  De plus, comme beaucoup de ceux que je connais, ils sont pour la plupart hormis de rares exceptions dont je suis encore (plus beaucoup…. et peut-être plus pour très longtemps) anarchistes et libertaires. Leur rapport à l’Etat et aux institutions est donc particulièrement marqué par cette particularité là, qui n’est pas encore tout à fait la mienne. Je ne me résous pas encore en effet à ranger tout un(e) chacun(e) dans le même sac, compte-tenu du parcours professionnel qui est le mien, de la diversité des personnalités rencontrées, qui composent ce que l’on nomme par facilité langagière « l’État ». Il m’apparait d’ailleurs assez paradoxal pour tout dire de se revendiquer libertaire ou anarchiste en étant fonctionnaire, et notamment enseignant (comme beaucoup de ceux qui sont anars ou libertaires) alors que l’on émarge à son budget. Mais il faut bien manger, n’est-ce pas… Pour terminer ce certainement trop long billet, simplement destiné à faire le point sur mon positionnement très personnel sur ce sujet, destiné à évoluer, je voudrais bien qu’il entraîne d’avantages de commentaires de nature à entretenir le débat plutôt qu’à me rendre destinataire d’agressions qui m’apparaitraient d’autant plus insupportables qu’elles proviendraient de gens qui se revendiquent antifascistes, ce qui est particulièrement paradoxal. Cependant, avant d’en terminer, j’aimerais attirer l’attention de ceux qui me lisent sur un cas particulier que ceux qui fréquentent twitter doivent probablement connaitre. Il s’agit de cet antifasciste auto-proclamé que je trouve (et je ne suis pas le seul) particulièrement grotesque tant son incohérence idéologique et politique est flagrante :

Capture

Peut-on se revendiquer sérieusement antifasciste avec ostentation tout en appelant à voter pour le PS ? Je laisse cela à l’appréciation de ceux qui le sont pour de vrai. Pour ma part, je me contenterai simplement de relever deux contradictions apparentes  : d’une part, celle qui consiste à se prétendre antifasciste, et donc à lutter contre toutes les discriminations, alors que l’on fait preuve de tant de haine envers la gauche non socialiste en général…  D’autre part, quand on sait un peu qui sont les antifas, à ne pas être anticapitaliste et à soutenir un parti dans lequel tant de libéraux sont présents, quand ils ne revendiquent pas,  comme c’est le cas de Valls,  une position carrément raciste, notamment envers les roms. CQFD.

Enregistrer

2 commentaires

  1. Je te rejoins sur de nombreux points, notamment sur l’encartage politique; j’ai longtemps hésité à adhérer au PG, puis je me suis ravisé : je n’avais jamais adhéré à un parti, et je me sens plus libre sans carte; bien que je leur donne volontiers mon vote au besoin.
    Au sujet des « camarades » nous fustigeant de ne pas voter PS, et ainsi de faire, selon eux, gagner le FN, j’ai eu de nombreux échanges complètement stériles avec la personne que tu cites, mais également avec des amis habitués à voter socialiste.
    Dans les deux cas, c’est la peur qui les pousse, peur ridicule s’il en est, vu les vrais scores que font globalement le FN, relativement stables en valeur absolue.
    Mais le PS devient de plus en plus ridicule et, de la même manière que le plus gros du programme de 2002 était l’anti-sarkozysme, le programme du PS depuis les dernières élections se résume à de l’anti-FN, rien de plus, et quitte à s’allier avec la droite pour les régionales.
    De nombreuses personnes commencent à se rendre compte de ce chantage électoral et refusent de s’y plier à nouveau. La bête immonde ne gagnera de toutes façon jamais, et quand bien même elle réussirait (il faudrait gagner les présidentielles ET les législatives… c’est hautement improbable donc) nous serions dans la rue pour la renverser, aucune raison d’avoir peur donc.
    Et sans cette peur, alors nous pouvons librement exprimer nos opinions, et notre vote de conviction, et pas ce « vote utile » qu’on nous vend depuis 2002 et qui est clairement anti démocratique.
    Je ne connais que peu de cas de gens se disant antifascistes, mais pas anticapitalistes, et appelant au vote PS. Le twittos que tu as cité est un énergumène grossier, incapable d’échanges cordiaux, caricatural et sanguin. Quoi que l’on dise, si on ne pense pas comme lui, on a tort. Et en plus de soutenir un parti pro capitaliste car il est gangrené par cette peur illogique dont je parlais plus haut, c’est un athée intégriste, anti-laïque, anti-religions… donc intolérant. Il se croit antifa, comme le PS se croit de gauche. Quelque part, ça se tient ^^
    Concernant le paradoxe des anarcho-libertaires fonctionnaires, je ne saurais être d’accord par contre; déjà car chacun à le droit au métier qui lui fait envie, et que l’enseignement est primordial pour les générations futures, c’est sans doute le plsu noble des métiers, à mon sens.
    Autant le mec qui se dit de gauche et/ou anticapitaliste, mais qui est courtier ou banquier me fait mourir de rire, autant là je ne vois pas le paradoxe.
    Louise Michel elle-même était enseignante, ne l’oublie pas 😉

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s