Sur la grotesque farce vandopérienne d’un président « ordinaire » (bravo au metteur en scène ;) #fauxcialisme

source : capture d'écran BFNTV

source : capture d’écran BFNTV

je ne peux résister plus longtemps à jeter ici l’écœurement que m’inspire la venue de Hollande dans ma propre commune hier. Si j’avais su qu’il venait, si près de chez moi, je me serais d’ailleurs approvisionné en fruits pourris au marché local, que je vous recommande en passant pour sa merveilleuse diversité de couleurs, de senteurs, d’odeurs, de parfums, de sonorités, de produits locaux ou plus exotiques, de nationalités, d’origines sociales, de provenances géographiques, ethniques, religieuses ou pas… En un mot comme en cent –  ce que j’apprécie d’ailleurs beaucoup –   l’interculturalité en sa plus simple et quotidienne expression, sans que cela n’affecte personne, malgré le discours ambiant si volontiers hystérique et volontairement hystérisant par intérêt médiocrement électoraliste.  Ce discours si généreusement propagé par des médias complaisants, qui se fait tour à tour mielleux malgré la froideur inhumaniste du contenu idéologique, mais s’il le faut également tonitruant, railleur,  vilipendant, stigmatisant, au travers de cent bouches politiques et médiatiques, est globalement acquis à la thèse réac du prétendu choc des civilisations qui n’existe que dans des têtes malades, là où d’autres ne voient, par delà la peur et la haine dans laquelle d’autres choisissent de s’enfermer, que la richesse des relations humaines et l’extraordinaire possibilité du partage par ce qui est différent. On est  loin ici des exceptions radicales terroristes marginales qui ne sauraient faire une règle de vision du monde, et qui se trouvent comme par enchantement toujours du même côté de la lorgnette (alors qu’il existe d’autres dangers, tout aussi dramatiquement réels)  dont une frange extrêmiste absolument pas représentative des français tente avec succès hélas auprès de certains politiques sans scrupules de faire des généralités. Commençons le réquisitoire qui suit par un premier point positif, et il est de taille à mes yeux : je ne pense pas en effet que Hollande soit raciste. Dans ce sens, il a marqué un point sur le registre purement communicationnel national bien huilé qui est le sien par les bons soins du docteur Gantzer, en se rendant à la fois chez une humble retraitée ( de « souche » ? Militante socialiste pour ne surtout froisser personne ? ) et chez un couple « d’origine tunisienne » à qui ne manque même pas le cliché du thé à la menthe, pour marquer le grand esprit humaniste qui anime notre bon président, par opposition à ses adversaires de droite jusqu’à l’extrême, si répugnants dans leur ostracisation, et la désignation de boucs émissaires. Sauf que. Cela s’appelle une posture, du mauvais cinéma, une interprétation théâtrale. Qui peut encore être dupe de cette manière fallacieuse et manipulatrice de faire de la politique ? Prend-on les français pour des gogos prêts à gober cette fable ?  Et comme avec Giscard, parallèle en effet pertinent en termes d’interprétation de cette scène, qui peut croire un instant à la proximité du premier personnage de l’Etat avec ce type d’individus dont on ne doute absolument pas qu’ils aient été triés sur le volet pour ne surtout pas le mécontenter ou le contrarier (et donc ne surtout pas parler de politique générale…), avec la connaissance fine que peut avoir le maire de Vandoeuvre des habitants de sa commune  ? Si seulement il était venu boire même un mauvais café chez moi, tiens, que je lui parle de ses renoncements, de ses trahisons, de son positionnement politique si peu à gauche, de son action si prompte en tous points hormis d’anecdotiques à désespérer son électorat… De la branlée magistrale que vont se prendre ses coreligionnaires faussement socialistes pour la plupart (et qu’on ne me parle plus de ses mystificateurs que sont les « frondeurs » !) aux prochaines élections malgré la hardiesse, inopérante à présent (on nous a tellement fait ce coup là !) qu’il y a pour les tenants de la majorité et leurs suiveurs,  quand ils sont à court d’arguments et acculés dans leurs derniers retranchements,  à brandir l’épouvantail du FN ou du sarkozysme, et le disque rayé de l’unité, trop souvent unilatérale, malgré le bilan d’une action qui a tourné le dos aux attentes et besoins de l’électorat populaire, en faisant trop siennes les recommandations d’un certain think tank, qui pense si peu et à courte vue, au service d’intérêts discutables… Je lui parlerais aussi de ces 6 millions de chômeurs maquillés par des statistiques trompeuses et manipulables, qui subissent une alternance frelatée au service des mêmes intérêts dominants, et qui ne voient rien venir malgré les promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, et de fausses alternances. je lui dirais ma colère de voir certains membres de son gouvernement se pavaner égoïstement en pérorant sur les derniers chiffres de ce chômage prétendûment positifs, alors que l’INSEE nous apprend que ce drame si personnel se tape l’incruste si durablement chez les chômeurs de longue durée, les séniors et les femmes, alors que l’age de la retraite a encore et encore reculé, malgré ses promesses…  je lui parlerais de cette abstention qui touche la moitié des électeurs au moins, et dont personne à droite comme dans une certaine « gauche » ne fait grand cas, alors qu’elle discrédite si clairement toute élection dans notre pays… je lui demanderais pourquoi les forces politiques dominantes s’en accommodent si facilement et durablement, sans proposer la moindre solution, et ne l’intègrent que si peu dans leur analyse politique, qu’elle rend pourtant  pour moitié au moins caduque si l’on est un tant soi peut soucieux de la préservation de l’esprit démocratique et de l’intérêt collectif. je lui demanderais s’il n’a pas au moins un peu honte d’avoir trahi la promesse de ce qui devient un serpent de mer honteux dans tous les programmes dits socialistes, à savoir la possibilité de vote des étrangers aux élections locales, ce qui serait pourtant la moindre des choses… je le questionnerais aussi sur ses nombreux renoncements à ses promesses, comme sur le cumul des mandats, sur les contrôles au faciès, l’Etat poussant récemment l’ignominie jusqu’à se pourvoir en appel, alors qu’il avait été justement condamné, ce qui aurait du être une victoire pour les droits de  l’homme dans notre pays, si régulièrement bafoués sous son mandat, au point que même les homologues européens du PS s’en inquiètent. je lui parlerai aussi du peu de pugnacité qu’il a mise dans le combat contre ces financiers prédateurs qu’il prétendait pourfendre, tout en commettant la faute irréparable d’avoir nommé un banquier si acquis à la cause libérale, étrangère aux valeurs de gauche…  Je lui parlerais de la dramatique absence de projet fédérateur  et mobilisateur de son gouvernement, plus enclin dans la perception populaire (et comment le détromper ?) à caresser les intérêts économiques dominants dans le sens du poil, comme la manière dont le dossier Air France a été traité… et j’en passe.  je lui décrirais le profond désespoir qui règne dans les milieux populaires, qui ne demandent comme d’autres qu’à rêver, et à réaliser des utopies plus constructives que ce que nous propose son programme au mieux de centre gauche, si ce n’est libéral transpartisan, d’où le parallèle pertinent avec Giscard, de centre droit, avec lequel ne subsiste que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes… je lui parlerais du scandale absolu qu’est la mort de Rémy Fraisse, véritable crime d’état, et de l’action condamnable et amorale des institutions françaises à son endroit. je lui parlerais…  Arrêtons là le délire :  je ne le verrai pas, sans doute jamais, ni lui ni ceux et celles de son rang, et de sa classe sociale… Car ces gens là n’aiment rien moins qu’ être bousculés dans leurs certitudes, ce qui risquerait d’affaiblir leur pouvoir, auquel ils tiennent bien plus qu’à l’intérêt collectif, comme l’histoire le montre tous les jours, dans tous les partis, en tous temps. Alors j’interromps là ma rêverie et vais aller me préparer une petite collation en attendant que la pluie cesse. Le bonjour par chez vous.

Post-scriptum : tiens, qu’est-ce que je disais… Du grand guignol, vous dis-je.