#PS et #FN : une longue histoire d’amour

Pour les plus âgés d’entre nous, on sait tous depuis Mitterand, ce machiavel, à quel point le Parti dit Socialiste a contribué à l’utilisation du Front National comme diable de confort pour emporter la mise électorale. Le bi-partisme installé depuis lors en provient en droite ligne. Il s ‘agissait de ne surtout pas troubler une commode alternance pour la stabilité de notre pays, l’ordre des nantis, et le confort des puissants. On rabattait donc les éventuels égarés en terre lepéniste vers le RPR ou le PS en agitant l’épouvantail du borgne éructant malappris. La preuve en est qu’il y eut une autre période, autrefois, que les jeunes ne peuvent pas connaitre,  où le jeu politique se faisait davantage, si l’on veut parler triangulation, avec le centre droit, la droite sociale… Giscard d’Estaing en a été issu, me semble-t-il. Mais aujourd’hui, à force de jouer avec le feu, et de banaliser le mal, la gauche étant de moins en moins la gauche et délaissant l’électorat populaire, le FN s’est durablement installé, et il est devenu ce que l’on sait : un danger mortel pour notre démocratie ou ce qu’il en reste, et plus personne ne sait comment s’en débarrasser. Alors, pourquoi ne pas s’en accommoder ? C’est ce que t’a très bien compris Roland Povinelli, le maire PS d’Allauch, en vieux routard de la politique. Se préparant habilement à une présidence de région Paca lepéniste qui ne fait plus de doute pour la plupart des sondages et des pronostiqueurs patentés, il est tout miel, tous sourires et petites attention pour la jeune et belle nationaliste aux amitiés néo-nazies et identitaires bien connues. Il convient de ne pas froisser en effet quelqu’un de qui on pourrait peut-être obtenir de menus services et retours d’ascenseur pour sa belle petite commune à laquelle on tient tant. Tant pis pour les arabes et autres musulmans de souche ;). Ils n’auront qu’à  voir ailleurs. Et dire que certains osent recourir à l’argument pitoyable et futile de l’amalgame entre l’autre gauche et le FN… et voudraient nous faire voter contre nos convictions pour un parti si peu socialiste, sous prétexte du danger du FN… Faudrait peut-être déjà un peu balayer devant sa porte. L’argument est usé, il ne fonctionne plus. Faudra trouver autre chose, la prochaine fois. Un programme politique de gauche, peut-être ? En tous les cas, de vrais arguments pour nous convaincre, si tant est que ce soit encore possible. Mais manifestement, il n’y en a plus guère d’autres.