la liberté d’informer menacée : #Bolloré s’en prend à #Rue89 et (encore !) à #Bastamag

« Quand la vérité n’est pas libre la liberté n’est pas vraie… « . Jacques Prévert

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Il semblerait que l’entrée du célèbre industriel milliardaire dans le monde de l’information constitue un marqueur berlusconien dans l’histoire du journalisme français. Non content de censurer régulièrement la liberté de parole dans les chaînes qui lui appartiennent et que je ne saurais trop vous conseiller d’éviter compte-tenu de leur manque de neutralité évident (je me demande d’ailleurs au passage ce qu’Audrey Pulvar, que j’apprécie, fout encore à iTélé), voilà que je prends connaissance d’une nouvelle tentative de bollorisation des médias par le biais de ce communiqué de bastamag :

Basta !

AGENCE D’INFORMATIONS SUR LES LUTTES ENVIRONNEMENTALES ET SOCIALES

Communiqué

Liberté de la presse : Bolloré porte de nouveau plainte contre Basta !

Le groupe Bolloré a déposé une seconde plainte en diffamation contre le site d’information Basta !. Cette nouvelle plainte nous a été notifiée cet été. Elle vise l’ancien directeur de publication, Julien Lusson, et l’un des journalistes de la rédaction, Simon Gouin, pour un article intitulé « Accaparement de terres : le groupe Bolloré accepte de négocier avec les communautés locales », publié fin octobre 2014.

Le site d’information Bastamag, son ancien directeur de publication et trois journalistes de la rédaction (Nadia Djabali, Ivan du Roy et Agnès Rousseaux), font déjà l’objet d’une procédure en diffamation de la part du groupe Bolloré. Cette procédure vise un article de synthèse sur l’accaparement des terres, publié en octobre 2012 (lire ici). S’appuyant sur des rapports des Nations unies et d’organisations internationales, cet article dressait un état des lieux du mouvement d’accaparement de terres en Afrique, en Amérique latine et en Asie, et des grandes entreprises françaises qui y sont impliquées. C’est à ce titre que Bolloré et la Socfin, une holding luxembourgeoise aux multiples filiales qui gère des plantations d’hévéas et d’huile de palme en Afrique et en Asie, et dont Vincent Bolloré est actionnaire, étaient cités dans l’article.

Cette première plainte en diffamation vise également le site Rue 89 et son directeur de publication, Pierre Haski, pour avoir cité l’article dans sa revue de presse signalant « le meilleur du web ». Le procès se déroulera le 11 février 2016.

L’accaparement des terres serait-il devenu un sujet impossible à évoquer sans risquer une longue procédure judiciaire ? Informer sur les mises en cause de la Socfin, dont plusieurs entités du groupe Bolloré sont actionnaires, par des organisations internationales et des communautés locales serait-il tabou ? C’est ce que laisse croire cette seconde plainte. Le groupe Bolloré avait déjà, par le passé, attaqué en justice plusieurs médias, dont France Inter suite à la diffusion d’un reportage sur ses activités au Cameroun.

Cette seconde plainte contre Bastamag intervient dans un contexte où les pratiques de la Socfin au sein de plantations qu’elle possède, en particulier en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-est, sont toujours pointées du doigt. Des paysans cambodgiens ont d’ailleurs porté plainte en juillet contre le groupe Bolloré devant le tribunal de Grande instance de Nanterre pour violation des droits de l’homme et du droit de l’environnement.

Les pressions de Bolloré à l’encontre de journalistes sont également au cœur de l’actualité. Le collectif Informer n’est pas un délit, qui regroupe une cinquantaine de journalistes ainsi que l’association Reporters sans frontières, s’interroge sur la censure et la déprogrammation de pas moins de quatre documentaires qui devaient être diffusés par la chaîne Canal+, dont Bolloré est devenu le principal actionnaire.

Censure au sein des médias qu’il possède, poursuites contre ceux qu’il ne contrôle pas : il semble que Vincent Bolloré, propriétaire d’un des plus gros groupes médias au monde (Vivendi), a une conception très restrictive de la liberté de la presse.

Bastamag conteste cette nouvelle accusation en diffamation et vous tiendra informés des suites de l’affaire. En attendant, pour nous soutenir, c’est ici.

Monsieur Bolloré, quand on n’aime pas la liberté de l’information et de la presse, on ne s’en mêle pas. Utiliser l’arme judiciaire pour tenter de faire taire les journalistes en les menaçant de censure ou de procès comme vous le faites à chaque fois qu’un sujet vous déplait et gêne vos intérêts financiers, voilà qui n’est pas très joli joli…

 Post-scriptum : j’apprends à l’instant qu’un mystérieux collectif intitulé « Tout dépend de nous » a manifesté devant le groupe Canal+ aux cris de « Bolloré ! Désinformation assurée ! »  hier à Issy-les-Moulineaux. Plus de détails ici. J’attends d’en savoir un peu plus, car les mouvements citoyens, moi, je m’en méfie… A suivre.

 

2 réflexions au sujet de « la liberté d’informer menacée : #Bolloré s’en prend à #Rue89 et (encore !) à #Bastamag »

  1. une présentation de bastamag: http://www.recit.net/?Bastamag
    et Basta ! (wiki): https://fr.wikipedia.org/wiki/Basta_!

    anecdote du jour, dans la série « Vincent B s’occupe de tout, il doit tout faire lui-même » ! mais ne se mélange pas (on dirait du Sarko, bref) alors supprime l’écran noir présent hors diffusion en clair et ressort l’originel & original écran crypté spécial écumoire (à agiter devant ses yeux) car dit-il « ça crée l’envie et fait vendre de l’abonnement »
    ..je sais, c’est léger comme news, alors cadre et s’applique à ses initiatives, interventions,

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